M. MOREAU
communiquer à M. de la CalprenèdeS mon camarade. J'ai cru le premier moment que c'étoit un avis qu'il vouloit lui donner, et à moi aussi. Mais, par un heureux pressentiment, je lui ai dit qu'il pouvoit parler tout haut, qu'il ne m'étoit pas permis de m'avancer de si près ; et comme il insistoit, qu'il tàchoit de m'inspirer de la confiance, j'ai vu à la faveur de la lune une épée nue qu'il portoit le long de son habit. Alors j'ai reculé de deux pas, en l'assurant que je ne pouvois pas m'avancer. Voyant qu'il ne pouvoit réussir, il s'est retiré en me vomissant les insultes les plus atroces, et en me disant que, si je l'évitois à présent, je ne l'éviterois pas demain. Je n'ai rien répondu. A 2 lieures, j'ai été relevé et j'ai passé le reste de la nuit au corps de garde... A 6 heures, nous sommes montés aux salles. Aussitôt que nous y avons été, on a relevé les postes et mis une garde de quatre Gardes. Nous avons entendu du bruit dans la cour et nous avons été au bout de l'escalier avec nos armes pour empêcher la populace de monter. Ils n'ont rien écouté ; ils ont été en avant. C'est là que M. du Repaire- fut assommé de plusieurs coups de lance à la tète. Comme j'ai voulu le retirer par l'habit, j'ai reçu un coup de massue sur le bras, et j'ai été forcé de l'abandonner et de me réfugier à l'Œil-de-Bœuf avec mes camarades...