MM. DARBONNEAU, DE LAUSON
aller prendre poste aux appartemens. Ne pouvant nous faire ouvrir, je tentai un passage par l'escalier de Madame Adélaïde. Mais poursuivi par une troupe de femmes et de gens armés de sabres, fusils, lances, piques, je me suis retiré à la hâte au petit escalier du Roy, et je n'ai échappé à leur fureur que par l'arrivée de quelques grenadiers qui se sont présentés et m'ont donné le temps de me sauver chez le Roy oîi je suis resté jusqu'au moment de son départ, où la Reine et Madame Elisabeth me présentèrent au peuple et me firent fournir un cheval pour me rendre à Paris sous la sauvegarde des deux aides de camp de M. de la Fayette, dont l'un est M. CoUin.
Voilà, Monsieur le comte, tous les détails qui sont à ma connoissancc. Il ne falloit pas moins que le désir de satisfaire à vos demandes pour rappeler à ma mémoire toutes les horreurs de cette journée désastreuse et qui sera à jamais l'opprobre tlu nom francois...