‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 111 sur 553 · De M. de Lauson\ au même · texte numérisé non relu

De M. de Lauson\ au même

(lijid., p. i:U-U2.)

De Montélimar, le 23 février 1790.

... Le o, je fus placé à 6 heures avec trois de mes camarades à la voûte. A 9 heures, je fus ramené dans la salle où je restai jusqu'à 10. A cette heure, je fus reconduit aux appartemens, qui étoient mon poste. Environ à l heure après minuit, un besoin me força de descendre, et j'eus la curiosité d'entrer dans la cour royale. Un officier de la milice de Versailles me dit : « Je vous conseille. Monsieur, de ne pas approcher de la grille, parce qu'on tirera sur vous. Ce n'est qu'à vous autres, Messieurs, à qui on en veut, et si vous m'en croyez, vous vous retirerez. 11 en est temps encore. » Je remontai à mon poste et gardai mon secret.

A 6 heures, nous sommes revenus de la salle du Roy. C'est alors que je vis égorger la sentinelle qui étoit à la grille-. La cour fut bientôt remplie de brigands. Us se portèrent à l'escalier de Marbre, où nous nous présentiimes pour les arrêter ; mais on nous donna l'ordre de ne pas tirer. Nous les arrêtâmes quel-

1. Je n'ai pu découvrir aucun rcnseigneinont sur co M. de Lauson, garde du corps do la compagnie de Villeroy.

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