‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 112 sur 553 · Dos Huiles · texte numérisé non relu

Dos Huiles

AC COMTE d'aGOULT {19

que temps par nos représentations et en présentant nos mousquetons en travers. Alors M. du Rosier^ s'adressa à un homme vêtu de rha])it de la Garde nalionale, lui demanda ce qu'il vouloit et [lui ditj que, si les siens avoient quelques plaintes à formerj ils pouvoient envoyer quelques-uns d'entre eux auprès du Roy, que le Royétoitbon et qu'il les écouteroit. Cet homme, nous regardant avec des yeux hagards, nous dit qu'il vouloit le cœur du Iioy et de la Reine et ses entrailles pour en faire des cocardes. Ce mot fut le signal pour le peuple qui se jeta sur nous. Nous fûmes obligés de nous retirer, les uns dans la salle de la Reine et les autres dans la salle du Ro\', et battîmes en retraite jusqu'à l'Œil-de-Bœuf, où nous nous barricadâmes. Le peuple fit tous ses efforts pour enfoncer la porte, et y auroit réussi, puisqu'elle étoit déjà fendue. ^lais la Garde nationale dissipa le peuple, et un instant après se présenta et frappa à la porte à grands coups. Après les avoir interrogés sur leur dessein, nous leur ouvrmies

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