‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 113 sur 553 · Du comte de Saint- Aulaire- au même · texte numérisé non relu

Du comte de Saint- Aulaire- au même

[Ibid., p. i!40-252.)

Sans date.

Nos lettres se sont croisées, mon cher ami, et tu as dû juger par le contenu de la mienne quej'avois prévu tes intentions en l'envoyant un détail succint de ce qui s'est passé dans la salle des Gardes de M^"" le Dauphin et de ce qui m'est arrivé particulièrement, ^lais puisque tu désires que je t'instruise de tout ce que j'ai vu dans la matinée du 6, le voici.

Les brigands armés de bûches, de massues, de haches, de serpes, et quelques-uns de fusils sont entrés dans la cour royale au point du jour. Ils ont débouché parla grille de la cour des Princes et par la voûte. Ils ont paru d'abord avec beaucoup de crainte, à ce qu'il paroissoit, car ils ne venoient que lentement au milieu de la cour, et sur divers avis, sans doute, qu'on venoit leur porter, ils se retiroient précipitamment sous la voûte et sous le passage qui conduit à la cour des Princes.

1. N. du Rosier, gaHe du corps de la compagnie de Villeroy ou Gramont.

2. Côme-Joseph Beaupoil. seigneur du Pavillon, dit le comte deSaiiit-Aulaire (1743-1822), maréchal de camp, lieutenant commandant d'escadron des Gardes du corps, de la compagnie de Gramont. (Voir sa déposition au Cliàtelet, dans Procédure instruite, I, 249-252.)

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