A M"'" LA COMTESSE DE LAURAGCAIS
premier mouvement. Oii leur dit qu'ils sont à Lons-le-Saunier. L'on demande à M. Gason en quelle maison ; Ion vole sur-leehamp du côté de Lons-le-Saunier. Je les arrête, je leur offre un détachement, et moi à la tête, pour aller s'en informer. Je monte à cheval, je presse mon monde de partir pour faire tout finir ; je ne veu.x point qu'ils aillent dîner, de peur que le vin ne les échauffe ; je leur offre à boire un coup en chemin ; ils acceptent. Je m'aperçois que l'on tient conseil sur M. Gaston, si on doit le mener à Lons-le-Saunier, ou le garder à Saint- Vincent en attendant les nouvelles. Je crains pour lui; je propose de Tenvoj'er en prison avec quatre fusiliers à sa porte. Le parti est accepté. L'on juge à propos de renvoyer vos gardes. Xe pouvant m'opposer à rien, je demande au moins vingiquatre heures pour eu.K. Cela est accordé, ainsi que pour le concierge des prisons à qui l'on vouloit en substituer im autre. Enfin je me dépêche de partir en priant nos chefs de légion de faire retirer le peuple tout doucement et de ne point quitter que les derniers. Craignant une seconde visite du peuple et voulant les apaiser, je leur propose s'ils seront contens en faisant porter les clefs du château au corps de garde. Cela paroît les satisfaire. Fm passant à Plainoiseau, on vient dire que la voiture de M. Pionnier a servi à emporter les papiers de madame la Comtesse ; autre alarme ! J'entends derrière moi qu'il faut s'arrêter et fouiller ; les forces me manquent ; je leur représente que c'est contre le droit des gens, d'ailleurs qu'ils sont trop peu de mo^nde si les gens de Plainoiseau ^ veulent s'y opposer. Heureusement, l'on avoitfaim, l'on souhaitoit ardemment d'arriver à Lons-le-Saunier.
Nous arrivons dans cette viiie. Heureusement pour moi, l'étatmajor, de qui nous relevons comme milice nationale, étoit assemblé à la maison de ville. Je les y conduis ; ils restent en bas pendant que je monte. J'instruis l'état-major de ma crise, je les prie de m'aider. Après avoir fait désarmer ma tronpt?, je la fais monter. Ces messieurs leur représentent que les troupes de la ville sont toutes à leur service en cas de péril, mais qu'il faut respecter les propriétés, qu'on ne peut point leur refuser communication des titres, qu'ils n'ont qu'à faire la moindre sommation, qu'ils se feroient forts de leur en faire montre. Cela a paru les contenter. Ces messieurs leur ont demandé la liberté de "SI. 'Gason ; sur leur honneur ils ont tout promis. Et nous repartons.