‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 341 sur 553 · Louis XVL · texte numérisé non relu

Louis XVL

3. l^liai-les-I'ianoois, marquis de Bonnay (I7o0-18"25^, ancien officier aui Gardes du corps, député aux Etats généraux par la noblesse de Nivernais.

leur, auquel j'ai été présenté par M. le comte de X'ergennes. Nous avons été 108 présentés depuis dimanche. Il y a ici bien plus d'émigrés qui n ont pas encore d'uniformes. Le prince est d une affabilité extrême ; il dit un mot à chacun. A moi, il ma dit : « Y a-t-il longtemps, monsieur, que vous avez augmenté cette colonie ? » Ce soir, il y a un grand couvert. J'ai été aussi présenté à la princesse Cunégonde, sœur de l'I'lecteur. Messieurs les prince de Condé et duc de Bourbon sont venus aujourd'hui dîner chez l'Electeur, qui ne les attendoit pas et qui a été très étonné de les voir. J'ignore s'il y a quelque raison cachée dans cette visite.

Adieu, mon très cher ami. 11 est inutile que tu m'envoies mon épée, parce qu'on va nous en donner une en cuivre, d'uniforme. Ne crois que ce que je te manderai. Il y a ici deux partis très distincts. Il y en a un qui veut lebien, et l'autre qui souffle le feu de la discorde. On assure que l'Archiduchesse a ordonné à M. de la Chastre de disperser dans les villes l'établissement de Ath, qu'elle trouvoit trop considérable et qui effraie le canton du Brabant. Il se débite aussi que M. le comte d'Artois projette un voyage à Vienne. Dans tous les cas, il faut espérer que l'hiver mitonnera nos affaires...

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