‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 462 sur 553 · faudrait plus corrcctenieul : Voici comnieul · texte numérisé non relu

faudrait plus corrcctenieul : Voici comnieul

jjmc TOUROLLE A M""" DE LURIEUX 501

versois le Palais-Royal; on fermoit de tout côté les boutiques. J'ai encore voulu voir ce qui se passoit; j'ai été avec beaucoup de difficultés aux Tuileries; j'ai vu tout le Château effectivement investi des chevaliers de la pique. J'en ai vu sur les toits, j'en ai vu sur le balcon qui y montoient la garde, j'en ai vu qui sortoicnt par les croisées et y entroient depuis le grenier jusqu'au rez-de-chaussée. Enfin je n'ai jamais vu rien de si pitoyable. Je m'adressai à un grenadier de la garde nationale, pour savoir ce qui se passoit dans l'intérieur du Château ; il me dit qu'il l'ignoroit. Un particulier, qui avoit entendu mon interrogation, me dit : «Moi, monsieur, je descends de chez le Roy; j'ai manqué d'y être étouffé tant il y a de monde. 11 est placé au milieu de MM. Pétion et Vergniaud' et de deux grenadiers nationaux ; et le Roy a le bonnet rouge sur la tête, une cocarde nationale d'un côté et une blanche de l'autre, et l'armée défile devant lui dans les appartemens ». A 8 heures, j'ai quitté cet affligeant spectacle. A

10 heures, on me dit qu'il y avoit encore beaucoup de monde.

11 étoit cependant bien temps de finir. C'étoit commencé depuis les 10 heures du matin.

Je n'ai entendu parler d'aucuns accidens. C'étoit absolument comme dans Robert, chef des brigands'^. On alloit etvenoit,on ne disoit rien à qui que ce soit; on alloit à son but. Si je sais quelque chose de nouveau aujourd'hui, je continuerai mon récit. Vous me connaissez; je ne signe pas.

Je suis tout à vous.

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