‹ Lettres d' "Aristocrates"; la Révolution racontée par des correspondances privées, 1789-1794Chapitre 488 sur 553 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

Notice : i \. — De M. de la VicNE-DAMPiF.nKE x M. -V., et de i.'ai'.bé de Boldgîje au iiAKybis DE Bologne (5 septembre 1792). — Les massacres de septembre k Paris. § 2. — De mm. Pouyvet de la Bliniére, de Pargadk, etc., a leurs parants et amis (C-7 septembre 17021. — Les massacres de septembre à Versuilles.

En dépit du si grand nombre de textes publiés sur les massacres des :2-4 septembre à Paris, j"ai eu la bonne fortune de retrouver deux brouillons de lettres encore inédites s'y rapportant. La première émane, je crois, de Frédérlc-Joseph-César de la Vigne-Dampierre, ancien officier au régiment de Soissonnais, compromis dans la conspiration de Bretagne, mais acquitté, sans que je puisse pourtant fonder cette attribution sur autre chose qu'une similitude assez frappante d'écriture, ni dire de même à qui la missive fut adressée; — la seconde de ces deux lettres, elle, a été très sûrement écrite par Nicolas-Vincent Bologne, dit l'abbé de Bologne 11760-1794), aumônier à Bicétre, à Camille Capisucchi, marquis de Bologne, 11715-1794), ancien capitaine de Carabiniers demeurant k Beauvoisin, en Champagne.

Les faits sont ici trop connus pour que j'aie à insister sur les causes qui préparèrent, les détails qui manjuèrent ces sanglantes journées. Les textes que je publie en feront d'ailleurs suffisamment revivre le souvenir.

L'horrible célébrité des massacres de Paris a nui à celle des tueries de province, et en particulier au renom des septembriseurs de Versailles. C'est des victimes de ces derniers qu'émanent les lettres que je publie ensuite.

Toutes ont pour auteurs ces officiers du régiment de Gambrésis qui, accusés d'avoir voulu, au commencement de décembre 1791, livrer la citadelle de Perpignan aux Espagnols, furent, au cœur de l'hiver, amenés dans des charrettes de cette ville à Orléans, pour y éife traduits devant la Haute-Cour. Ils y passèrent neuf mois en prison, au bout desquels l'armée parisienne, commandée par Claude Fournier-l' Américain ', arriva à Oiléans, avec mission de ramener ces « traîtres » à Paris.

l . Claude Fournier-L'Horitier, dit l"Américain, à cause de son long séjour à Saint- Domingue, naquit à Aiizon (Haule-Loire) le 21 décembre 17io. Il fut l'un des principauï acteurs des journùes des 3 et 6 octobre 1789, du 17 juillet 1791, du 20 juin, du 10 août. Plusieurs l'ois arrêté sous la Convention cl le Dirccloire, il fut transporté à Caycnne sous le Consulat, comme complice de laltentat de la rue Saint- .Nicaise. Revenu en France en 1809, de nouveau emprisonné en 1811 pour avoir préparé une émeute contre les droits réunis, mis en liberté en 1814, incarcéré encore sous la Restauration de ISI.ï à 1816, il mourut en 182-5 {Mémoires secrets de Fournier l'Américain, publics pour la première fois avec introduction et notes par F.-A. Aulard, Paris, 1890, in-8»).

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