‹ Lettres d'aristocratesChapitre 110 sur 541 · Du même à M. J.-B. Cogels^ son oncley à Anvers · texte numérisé non relu

Du même à M. J.-B. Cogels^ son oncley à Anvers

{Ibid.y T* 156 J«, p. 406).

Paris, le 25 Juillet 1789.

...Je n'ai pu voir vos fils depuis quelques jours, mon cher oncle ; des raisons m'ont empêché de m'éloigner beaucoup de chez moi, et les voitures ne pouvant pas aller, je n'aurois pu les voir et être sans cesse près de chez moi*. Je ne vous parle pas du fâcheux événement arrivé à M^î. FouUon et Bertier ; la plaie que ce souvenir rouvre est encore trop récente, et ces détails me coûtent. Ils ont été victimes innocentes de la violence populaire et tout le monde plaint leur funeste sort. Toute autorité est suspendue. Le Roy n'a pas même celle de protéger les infortunés, ni ceux qui ont du zèle à prendre le parti de son autorité; les princes de son sang en fuite, ses généraux expatriés; tout vous montre son excessive foiblcsse. L'éloignement ou la défection générale de ses troupes ont laissé les lois sans

1. Chartes-NicoÎM Dacloi- Dufresnoy (1733-1794) était notaire à Paris lorsau'il y fu |^n89 député suppléuit aux États généraux. Économiste et philanUiroi)e il fit par pendut laRéroIution diverses brochures d'actualité sur les finances. 11 doit être Tait

r fut élu paraître

... faitallu-

Mn ici à mie de set entreprises philanthropiques et financières.

S. Les deoi fils de M. CogeU, Henry et Charles, habitaient Montmorency.

îulrice, et le peuple se fait justice ou croit se la int à la soif qu'il a des spectacles san^inaires. is sortir de Paris ; cependant, s'il y avoit danger, r vos fils et je Irouverois moyen de vous les existoit; n'ayez de ce côté aucune inquiétude... )ujours le retour de M. Necker, ce qui va faire sèment les fonds. Ceux-ci sont déjà assez haut 6s l'ouverture de la Bourse qui a été huit jours ause des troubles. Cette hausse est l'effet delà 'ation des Ktats de payer la dette nationale sans

s feront voir au Tiers qu'il est nécessaire qu'il oir supérieur et exécutif, et cela produira peullaisser au Roy plus d'étendue de pouvoir qu'ils gé nécessaire d'abord. Alors les affaires publiront bientôt.

\ême à la comtesse de Gontrœtiil, sa sœur, à Loucain.

{Ibid., T* 1502', p. 43.)

Versailles, 28 juillet 1789.

varierai point, ma chère sœur, des scènes d'horu se passer. Le souvenir seul m'en fait frémir et si grande aversion pour la ville où cet effrayant commis que je me suis retiré à Versailles, d'où L'éloignement écarte un peu les souvenirs itraçoientsans cesse à mon imagination, et dans , plus tranquille, je reprendrai mon habitation à vais maintenant passer que quelques heures par quer à ce qu'exigent mes affaires...

7îéme à 3/"* de Doiié^ sa sœur^ à Moulins,

{Ibid., p. 46.)

VersaiUes, 2 août 178».

, ma chère amie, retourner le 5 dans la capitale, iitant de sujets de peine qu'ailleurs. Toute l'auto-

A M'"'* DE 90VÂ i3^

rite est nulle dans ce moment. A la place des gardes du Roi on ne voit sous les armes que des miliciens bourgeois à toutes les portesextérieures du château. Ce matin, les commensaux de la maisoû du Roy lui ayant lait représenter qu'on vouloit les forcer à prendre la cocarde et à faire le service dans la milice, d qu'ils étoient résolus de s'y refiiser, à moins que le Roy ne le leur ordonne, celui-ci leur a fait répondre qu'il leur savoit bon gré de cette preuve d'attachement, qu'il les laissoit les maîtres de faire ce qu'ils vouloient, mais qu'il leur observoit que, s'ils étoient insultés, il n'étoit point en son pouvoir de les soutenir. D'après cela ils ont pris un arrêté en ces termes : cf Consentons à être inscrits sur le livre de bourgeoisie de Versailles; mais déclarofts que, comme notre service nous appelle à toute heure près de la personne du Roy, nous ne nous tiendrons tenus à aucun service ,^ à inoins que le salut de l'État ne l'exige. ».

La Reine n'est pas sortie depuis trois semaines. J'ai vu, ce aatin, Vicq d'Azir, son médecin *. Elle a une fièvre qui la prend tous les soirs, et Je ne suis pas étonné si elle réfléchit comme moi que la couronne est si chancelante sur sa tête, qu'il ne faudroit qu'une mauvaise nuit pour qu'elle ne s'y trouvât plus. M. Necker s'est rendu à Paris, dans la vue de sauver M. de Besenval, arrêté près de Nogent, et qu'on conduisoit à Paris où il auroit vécu peu de temps. 11 a demandé la même grâce pour les autres proscrits, et témoignant combien il avoit de chagrin de la conduite qu'on avoit tçnue depuis son départ, il a fait un discours que certainement vous aurez. Tous les députés des districts avoient prorais absolution générale par un arrêté fait sur-le-champ. Mais l'Assemblée nationale a cassé cet arrêté, en sorte que M. de Resenval est prisonnier à Brie où on a envoyé des miliciens de Paris pour le garder. M. le duc de laVauguyon est détenu au Havre*.

Leduc de Luxembourg et sa famille, M. d'Eprémcsnil ol quelques autres [sont en Angleterre. Le maréchal de Brogiie a été chassé de Metz. On le dit réfugié à Verdun, d'autres en Alle- Biagne. D'Amécourt est sauvé ^. Le Noir est imprudemment caché dans Paris^ L'abbé Le Cogneux*, Robert de Saint-Vin-

I.FéUx Vicq d*Az}r,néà Valognesen I7i8, morlen 1794, étail premier médecin de laRcliie. •■ Sur tous ces faiU, voir plus haut, p. 33, 83. i. Adrien Leflebvre d'Aoécourl, conseiller au parlement de Paris.

4- Jcan-Cbarlcs-Pierra Le N«ir (1732-1807), Ueulonant de police jusqu'en 17Sâ. onsuiir c^millerau Conseil des floances, et garde do La bibliolhèquu du Roi. 5. L'abbé Le Cogoeux de Bclabre, conseiller à la (irande-Chaïubra.

LB GOUTB DE SBNBFFE

illedeuîl,Barentin, tous les princes sont en fuite. L'abbé a été arrêté à Péronne et relâché par ordre des Etats X. Thierry, pour se réconcilier, s'est mis à la tête de la ourgeoise de Versailles ; mais il a fait beaucoup de ns, et je ne voudrois pas être dans sa peau ici plus qu'à ] est M"« de Polignac, qui s'est trouvée à Bàle avec er, qui lui a appris son rappel. Elle s y étoit sauvée n femme de suite, dans un cabriolet, avec Tabbé Ver- 5ainte-F...* est arrivé à Londres. Galonné étoit à Brufi même temps que Necker. Quelles étonnantes comisl On croit avoir le cauchemar et l'on n'est point au moment du réveil.

Itats généraux s'occupent de la Constitution. Le plan es Sieyès n'a pas le sens commun ; un autre de Target* ère meilleur. Celui dont on s'est occupé ce matin est de lier; il paroît être celui que l'Assemblée approuve le

a enrégimenter 6.000 soldats, pour faire le régiment qui gardera Paris. M. de la Fayette en est colonel. Les is sont déjà excédés du service de Paris, et le commerce itièrement déchu, il se mord les pouces de ce qui s'est )es brigands sont partout répandus dans les environs

[, ma chère amie...

J3. — Du même à la même,

{Ibid., p. 48.)

Paris, 7 août 1789.

tour ici, ma chère amie, je me suis occupé de la besogne vous avois promis de faire. J'ai déjà vu plusieurs pe^

-Augustin-Robert de SaiDt-Vincent(17î5-1799), conseiller au parlement de Pw»*-

iflrein Maury, né en 1746, député du clergé de Péronne. archevêque de Nicée en oal en 1794, archev6<|ue de Paris en 180C, mort en 1817. Sur son arreslatioD à oir plus haut, p. 36, note 4.

s'açir ici non de Marc-Antoine Thierry de Ville-d'Avray, premier Ttlel de 1 Roi, mais de Charles Thierry de Laviile, né en 1755, capitaine do la 15* coo- ^ersailies {Procédure criminelle instruite au Chdtelet de Paris, imprimée pf^ Assemblée nationale, Paris, 1790, f* partie, p. 247).

! Mathieu-Jacques do Vcrniond (1735-1790), lecteur de la Reine.

Hre s'agit-il ici de Claude-Maximilien Radii de Sainte-Poy, surintendant de» I comte d'Artois, ancien ministre de France en Allemagne.

}an-Baptiste Target (1733-1806), député du tiers de Paris, président de l'Asseoittle en jnnvier 1790.

A U"** DB DOUB i4l

sonnes infructueusement. Celles de Versailles, auxquelles je savois que votre grande proposition pourroit convenir*, viennent d'avoir leurs papiers de terres brûlés et môme leur château, et sont totalement dégoûtées de toutes acquisitions dans ce moment; un autre m'a répondu qu'il ne disposeroit pas d'un sol tant que la Constitution ne seroit établie. Enfm je ne ?ois et ne suis entouré que de gens qui voudroient perdre un bras pour sauver l'autre ; cela détourne de l'envie de se mettre des bagues aux doigts, telles que terres, maisons de campagne. Votre terre, d'ailleurs, sera d'une défaite difficile dans ce moment. J'ai trouvé quelqu'un qui m'a dit que vous aviez un procès considérable prêt à éclater. Je me suis fait détailler le plus que possible ce dont il est question, et voici ce que j'en ai appris. Des paysans de votre terre, fondés de pouvoirs de tous les autres, au nombre de cinq ou six qui en attendent trente autres, ont pris Miches pour procureur ; ils griffonnent des mémoires, ils se fondent sur un abus d'autorité (c'est leur grand cheval de bataille), ils prétendent que le subdélégué de Château- Chinon a rendu une sentence inique, que la maréchaussée la fait observer de force, et veulent partir de là pour démontrer le pouvoir des Intendans et l'usage qu'ils en font, etc... Enfin je ne sais qui les conduit, mais ce qu'ils veulent le plus, c'est faire du bruit ici et obtenir abolition de toutes leurs servitudes, et obtention des droits d'usage...

Vous aurez appris, sans doute, le choix des ministres; l'archevêque de Vienne, à la feuille des bénéfices ; l'archevêque de Bordeaux, aux sceaux; M. Paulin de la Tour du Pin, à la guerre, et ce qui est plus étonnant, le maréchal de Beauveau entré au Conseil, pour y donner Dieu sait quels avis, car je crois qu'il n'est pas capable d'en avoir. Au reste, on a fait subitement et à I improviste des choses étonnantes. Cela a pris l'Assemblée comme une envie de pisser. Voici ce qu'on nous en dit : 1^ égalité d'impôts ; 2® renonciation générale de tous privilèges par les pays d'Etat, ordres et communautés ; 3* rachat des droits féodaux; 4* suppression des mainmortes et servitudes personnelles ; 5<* rachat des rentes du Clergé, dont le prix placé au profit des bénéfices ; 6** abolition des capitaineries et de tous droits de chasse ; 7* abolition des justices seigneuriales ; 8** abolition de la vénalité des offices de judicature ; 9* justice gratuite; 10* destruction des garennes et colombiers; 11^ rachat

I. Comme on le yeira plot bms, il s'agit ici de la vente d'une frdpriélé située près de <^Uleui-Chinon et appartenant aux FouIIon de Doué, vente que M** de Doué avait chargé wa frère de négocier.

LE COMTB DE SENEFFE

t champarts ; 12* défense de créer aucuns droits ^® abolition du casuel des cures hors des villes; aiion des portions congrues généralement ; IS^'pkiénéfices supprimés ; 16* admission générale do s aux offices civils et militaires ; 17*» suppression des ^° médaille frappée pour conserver le souvenir de norable ; 19° le Te Deum chanté dans tout le )•» le Roy proclamé restaurateur de la liberté fraiiiru qu'il ne tienne pas sa boutique dans la rue, il ureux, car les architectes abattent la maison de ms avoir de place pour \a rétablir, bonne amie...

même à la comtesse de Gontrœuil, sa sœur, à Loti vain.

\,Ibid., p. 51-5».)

Paris, 7 aont 1789.

es lettres, ma chère amie, de M"® de Doué qui •ter bien et être assez tranquille chez elle. Sa propendant infestée de brigands ; mais les milices les combattent et tilchent de les dissiper. Nouî? m peu plus tranquilles. La ville est désertée par ni n'y sont pas retenus par des affaires, et on ne c aux spectacles. On apprend tous les jours les i se passent dans toute la France ; on brûle les ) châteaux partout, et je tremble que cette maladie îrsonne ne paie, et les fermiers croient ôtre possesui leur est loué... Tous les droits sont supprimés, sse. Jugez, d'après cela, quelle peut être la valetir îs et des revenus. Dieu seul sait ce que tout cela nais il est bien douloureux de voir son sort entre gens qui, pour les trois quarts, n'ont rien que leur

I de Rohan* est de retour ici ; c'est un nouveau pour la Reine. Si vous voyiez Versailles gardé rgeois, vous seriez bien étonnée. Les gens de

ouard, cardinal de Roliao, évoque de Strasbourg (1734-1803), dépaK Hu

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