Du même à M"""" de Doue' y à Moulins
(Ibid., T* 1562*. p. 302-304.)
Paris, le 19 décembre 1790.
...Nous avons ici un hiver humide, les rivières débordées. 11 semble que les élémens veuillent suivre l'esprit général de désordre et d'insubordination. Beaucoup de monde quitte chaque jour Paris, et cette ville devient aussi triste que celles
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de la province. Les motions remplacent les bals, et les amen-
démens tiennent lieu de fêles. On se voit peu, et le choc '-'^
d'opinions ne peut s'éviter perpétuellement, car dès qu'on dit
un mot, il s'élève sur-le-champ des orateurs de tous côtés.
C'est une triste chose que la liberté!...
Puissiez-vous être constamment fixés à Moulins ! Vous n'y voyez pas les scènes fâcheuses de la capitale. On ne peut plus aller armé, ni même avec une canne aux spectacles ; les coups y pleuvoient. On vient de jeter des pommes, vendredi dernier, aux acteurs, pour leur faire ôter le chœur diphigénie en Aulide: « Chantons, célébrons notre Reine ! » Une dame a été blessée d'une, aux premières loges. La Municipalité a ordonné la suppression du chœur, pour éviter qu'on n'en vienne aux prises, suivant le projet fait, à la représentation suivante^ On bougonne beaucoup de Vannihilation des procureurs et officiers ministériels, ils avoient pensé apparemment être seuls \^ exempts, eux que si peu de gens regretteront. |
Adieu... ^j