‹ Lettres d'aristocratesChapitre 147 sur 541 · LUS · texte numérisé non relu

LUS

- Du même au chevalier des Gruyères^ à Mot/envir. en Lorraine.

Ibid., T* I5«2». p. 33- J4.)

Paris. 19 avril 1791.

uis votre départ, mon cher chevalier, nous avons eu ici du et au moment où je vous écris les esprits sont loin d'être 5. On lit des écrits affichés aux coins des rues, qui semîngager à soulever le peuple, et hier nous avons eu aux ies des scènes nouvelles sous le guichet de Marigny rdinal de La Rochefoucauld* a été arrêté et conduit, un abbé Prat* (sic), jusqu'à rAssemblée dont il esl re. On croyoit qu'il alloit au palais et on vouloit l'en

inique de la Rochefoucauld, né en 1713, cardinal-arclieTèque de Rouea. mort en n.

bablement l'abbé Dominique Dufour de Pradt (1759-1887), qui élail grand-ricajre al de 1^ Rochefoucauld el membre lui-mAme de T Assemblée nationale.

AU GHBVAX.IER DES GRUYÈBES i8i

empocher. Les daines de la Halle, qui conduisirent Tabbé Prat, i ont accablé de sottises. Il étoit pâle et transi et ne répondoit rien.

L'église des Théalins a été louée par la Municipalité à une société, qui veut avoir son culte, comme ci-devant, par des prêtres qui ont refusé le serment. Pendant qu'on y célébroit l^office, les dames soi-disant de la Halle sont venues, ont pris plusieurs femmes, les ont fouettées sur le quai, et après cette expédition elles ont cloué un balai sur la porte, en y mettant un placard pouravertir qu'on s'en serviroit contre ceux qui retourneroient dans l'église. Un nommé Dauphin l'arracha. Il fut battu et obligé de le replacer. Un ordre du maire le fit de nouveau ôter, mais on en remit un autre avec ces mots : a Arraché par ordre du maire et replacé par ordre du peuple* ».

Le Roy vouloit se rendre hier matin à Saint-Gloud. Lorsqu'it fut dans sa voiture avec la Reine et ses enfans, des citoyens ont demandé la permission de lui parler, et l'ont engagé à ne point partir dans ce moment de crise. Gomme il parut vouloir, malgré leur demande, se rendre à Saint-Gloud, après avoir été pendant une heure et demie en voiture dans sa cour, on coupa les traits de ses chevaux, l'on alloit ôter les roues de la voiture, et il prit le parti de remonter dans son appartement. Cela vient de ce qu'on prétend qu'il a fait ses Pâques de la main d'un prêtre qui n'a point juré, et qu'il a changé son confesseur, qu'on dit être maintenant le père Lenfant'^ au lieu du curé dç Saint-Eustache, Poupart'.

Le duc de Wurtemberg a demandé 13 millions d'indemnités*. Cela a paru ridiculement énorme. On accuse Rayneval * de seconder cette demande.

Au reste, on n'a rien fait d'important à l'Assemblée, et il n'y a pas d'apparence qu'il y soit traité des salines avant votre retour.

L'abbé Maury s'est fait de nouveau censurer...

Recevez, mon cher chevalier, les assurances de mon inviolable amitié.

i. Sar I affaire des Tbéaliot, cf. S. Lacroii, op. cit., 2* série, t. III. p. 62/627, et Delare, Bisloire de F Eglise de Paris pendant la Jiévolution, t. 1, p. 475-480.

2. U jésuite Aleiandre-Cliarles-Anne Lenfant, né en 1726, massacré en septembre 1792.

3. Jacques PouparL, curé de Saint- Eustacbe, confesseur du Roi.

4. Charles-Eugène, doc de Wartemberr de 1737 à 1798, réclamait cette indemnité comme prioee possessiouné en Alsace et lésé par Tabolilion du régime féodal en ce pays.

5. Joseph-Mathias Gérard de Rayneral (1736-1812), notre chargé d'affaires auprès deh prioces allemands.

E SENEFFE A M"" DE DOUE

à A/*"* de Douéy à Moulins,

{Ilnd., p. 34-35.)

Paris, 21 avril 1791.

ma chore amie, combien d'agitation bonne ville. Le premier fonctionnaire

pour aller dévotement chez sa femme s comme les bons exemples de cette Q l'a prié poliment, en lui fermant les t de baïonnettes, de vouloir bien res- 11, le lendemain matin, s'en plaindre à )lée, qui Ta écouté favorablement en Les petites cousines de l'Assemblée, § consultées et ont résolu par avis de [ire, ni priver leur pupille pour cette ^e. La Fayette avoit espéré obtenir îmier fonctionnaire à la promenade, jon crédit, il a envoyé sa démission, hier, chez lui le prier de la retirer, ce avoit chez lui plus de 20.000 hommes aillons sans exception y ayant été. D Alors on est allé en ordre à la maison ion, et nous sommes aujourd'hui très

lie embrassades à votre famille et au

JEAN-FÉLIX FAYDEL Dépulé de la sénéchaussée du Quercy à la Conslituanlr (17i4-l8iT D'après uiio paMirecIu ('abincl îles Kslanipes à la HiMiolhèr|iip .NalioiiaU*.

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