Celait là une nouvelle prémalurùe
3. Peul-ilre Louis Cliarles-Tliéodat Taillcvis de Pcrrijniy (I766-I8i7).
A Lk GOliTESSB DE BUSSY 207
En atteD(laat,.Madai»e la comtesse, vous été» au milieu d'une assemblée qui demande un juge de paix, ce juge de t;roublerie, s'il est, comme on dit, dans le sens de la révolution. Je vous plains bien d'avoir cette nombreuse compagnie. Dans le nombre sûrement il y en a qui ont coupé votre belle allée. Bon Dieu, nous sommes bien au milieu de nos plus cruels ennemis ! En Auvergne, nous éprouvons de nos paysans mille horreurs. Tout un village ne veut payer qu'en voyant nos titres. Les autres en attendent la réussite et ne payent pas. Ne les pas faire voir, ils ne payeront pas ; les faire voir, ils peuvent les briller, ou intenter des procès qui seront jugés suivant le sens de la Révolution. 11 vaut mieux être éloignés d'eux. Tout cela est pour appuyer vis-à-vis de vous. Madame la comtesse, le désir de voua revoir à Paris, où réellement on est assez tranquille, en prenant garde aux voleurs.
Pour moi, j'ai beaucoup d'hommes : mon mari et mes trois enCans. Les deux aînés* sont grandement déterminés. L'aîné vient de faire une belle action à Valenciennes, à un tapage à la comédie. Les bourgeois ameutoient contre les officiers le peuple. Mon fils prend au collet le plus mutin et crie tout haut : « Messieurs, ce n'est rien ; c'est une affaire particulière entre cette personne et moi ! Qu'on continue le spectacle î » 11 propose à cet homme de vider la querelle le lendemain à la pointe du jour ; il demande le sabre. Par le dévouement de mon fils, le tumulte cesse. Le lendemain, il prend deux officiers de son nigiment ; Tinconnu emmène 300 bourgeois, peuple, et enfin le combat commence» Mon fils lui donne quatre coups de sabre, dont l'un lui coupe la main, l'autre lui ouvre l'estomac, et lui n'a rien eu. Cet homme étoit un prévôt de salle, qui avoit été dcagon huit ans. Mon fils le secourt, l'embrasse, s'emporte : « Ohé ! le chirurgien ! » Le peuple, étonné de sa valeur et de sa conduite, crie : « Bravo ! » Plusieurs lui sautent au col. Jugez que cela n'aura pas eu de suite et qu'il est en route pour venir. Je l'attends à tout moment.
Je dois vous ennuyer de tous ces menus détails, mais vous êtes mère et je puis vous les faire ; il faut bien compter sur votre amitié et j'y compte.
Recevez avec bonté les honmiages respectueux de tous les
1. Je n'ai pu trouver lo nom que des deux premiers fiis de M*"* d'Ambrugeac. Le Iroi- •ième a dà mourir eu bas Age. L'ainé. dout il va ôlre question, était Louis- A leiandre-Marie. H fut lieutenant général et pair de France et mourut en 1844. Le second s'appelait Charlcsl.oui9 et était sous-lieutenant au régiment de Dragons-Scliomberg. Il émlgra en 1792, et rentra en France eu 1709. Je n'ai pu savoir la date de sa mort.
208 LA COMTESSE D*AMBRUGSAG
miens et les assurances, Madame la comtesse, des sentimeos que je vous ai voués.
Comtesse de Valon d*Ambrcgbac NÉE d'Erlach.