De la même au même
(Jbid.)
A Paris, le 7 mars 1790.
... C'est toujours un besoin pour moi, mon ami, de m'occuper de vous, et de recevoir les témoignages de votre amitié. Mais il se fait encore plus sentir dans ce moment. C'est un baume nécessaire et rafraîchissant pour le cœur î Vous n*avex pas d'idée de ce que je souffre ici. Ah I mon Dieu, je vous aime trop, je vous assure, pour vous y désirer ! Je mande aussi au chevalier de la Noue ', qui est cependant à Senlis depuis un mois, que je ne lui conseille pas non plus de venir jusqu'ici. Notre situation empire tous les jours, et tout ce qu'on entend, tout ce qu'on voit est si affligeant que quelquefois j'en suis malade. M. Necker a voulu taire hier un dernier effort. Je ne crois pas que son mémoire fasse un grand effet ; il y a trop de préventions contre lui actuellement. Le malheureux homme payera de sa vie les instans de gloire et de succès qui l'onl ébloui... Dès que le temps nous le permettra, j'engagerai mon mari à quitter ce vilain Paris...
J'ai actuellement 87 Actes des Apôtres ; c'est beaucoup trop,
" 1. Loais-Daniel Cottin, seigneur de Fontaine, Fiealaine et Héranlieu, vnli été élu «n ITt9 najor de la garde nationale de Saiot-Qaentin.
2. Guy-Félix, comte de Pardieu (1758-1799). député de la noUeete de Saint-Ooentin.
3. René-Joseph, chevalier de la Noue (1731-1820), ancien colonel du régimest proriacial de SoiseoDB, maréchal de camp, lieutenant général en 1792.
A M. DB GIVRT 213
parce qu'ils ne sont pas également bons. Voulez- vous que je vous en fasse un choix ?. . .
Adieu, mon aimable ami..«
P.'S. — On n'a point accepté la démission de mon frère et de M. de Pardieu. Le premier est actuellement, m'a-l-on dit, commissaire du Roy dans le département.., qui n'a pas encore de nom...