De la même au même
{Ibid.)
A Paris, le 23 mars 1790.
...Je n'étois pas faite, mon ami, pour vivre dans le temps o^i nous sommes ; je suis trop sensible. Vous n'avez pas d'idée de ce que je souffre continuellement en voyant tant de maux accumulés sur la pauvre France et sur tant d'individus. Je ne vois, je ne rencontre que des malheureux. J'ai tout le jour le cœur serré, oppressé. Oh 1 quand fuirai-je ! Quand irai-je respirer à la campagne ! Vous avez eu aussi à Maubeuge votre bonne part des troubles qui désolent la France. Combien vous aurez souffert en voyant les troupes du Roy se conduire comme elles le font! Je suis sûre, mon ami^ que vous avez comme mot le besoin de vous éloigner, de vivre à la campagne. Tâchez donc de venir m'y joindre au mois de mai. J'espère y être ; je ne l'ai jamais tant désirée !
La constitution militaire ne va pas plus vite que celle de l'Etat. Le chevalier d'Urtubie * m'a dit que vos inspecteurs a'étoient pas contens du ministre. Celui-ci ne l'est pas de l'Assemblée nationale qui ne veut point admettre ses plans. On peut juger que cette discussion sera encore longue. Hier, on s'est amusé à nommer M. de Guibert ministre de la Guerre. Le chevalier en étoit furieux, quoique sûr que cela n'étoitpas vrai. 11 paroft qu'on donne toutes sortes de dégoûts à M. de la Tourdu-Pin. Mon étonnement, c'est qu'il reste un ministre près du Roy. Cela leur fait honneur ; ils ne veulent pas l'abandonner. Avez- vous su que M. de la Fayette a demandé à M. de la Tourdu-Pin des croix de Saint-Louis et le grade de maréchal de camp pour ses officiers nationaux ? Le ministre lui a répondu qu'il n'en donneroit pas sans les ordres de Sa Majesté, et que
1. J. d'Uriobie, ofOcier ffénénl d*artiU«rie, tuteur d'uo Manuel de Vartillerie, dont U dersièra éditkm parut en 1795.
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^orçoil, que, comme ce seroit une injustice, il lui itsa démission.
le fois, mon ami, à l'Assemblée nationale. J'élois aise dans une loge, où je suis entrée et sortie quand En voyant nos souverains de près, j'ai été encore ^e de leur insouciance, de leur esprit de parti, de la itse rendent leurs décrets. Dès que le côté droit veut orateur n'a pas des poumons terribles, il est rmpositendre. 11 en déserte tous les jours; ils s'en vont... inc actuellement pour les Actes des Apôtres. Voule je vous fasse abonner ? Les derniers sont bien n est bien heureux de pouvoir rire encore quelquetout de savoir qu'on a des amis. Sans cela l'exis- - trop à charge, se le mien de tout mon cœur.