‹ Lettres d'aristocratesChapitre 179 sur 541 · De la même au même · texte numérisé non relu

De la même au même

{Ibid,)

A Paris, le 14 avrU 1790.

dois des réparations, mon aimable ami ; depuis mps vous n'êtes point paresseux avec moi. Je n'ai de vous dire avec quel plaisir je reçois de vos nouis avez bien raison : dans ce malheureux temps on a i que jamais de sentir qu'on tient à quelque chose, s amis, et qu'on n'est pas isolé, qu'il y a des êtres t nos peines.

s pas attendu pour m'inquiéter et m'afïlîger de votre ion ami, que vous m'en parlassiez. Je crains depuis que les réformes et les changemens que l'on va le miHtaire ne vous atteignent. Il est affreux pour ir sacrifié tant d'années à un service pénible, diset d'être à la veille d'en perdre presque le fruit, si rive pour commander à votre place... Mais je suis lussi que le sort de la pauvre France, celui de notre x Roy et de sa famille vous occupent plus que le

cz souffert de ce qui s*est passé sous vos yeux ? Com-

auriez pâti davantage, si vous étiez à Lille actuelle-

ami î' On est donc venu à bout de semer la discorde

oupes au point de faire battre les soldats entre eux.

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de leur faire même assassiner leurs camarades. Eh! bien, si vous étiez ici, vous entendriez dire que c'est un nouveau moyen employé par les aristocrates pour essayer une contre-révolution ! Quelle plate et barbare méchanceté ! On craint pour M. de Livarot*.., et hier on craignoit pour tous ceux que le peuple appelle des cçlotins. Les papiers publics vous apprendront tous les débats de l'Assemblée et leur causç. Le chevalier d'Urtubie sort d'ici. 11 a dit à mon mari que Tabbé Maury avoit été sauvé de la fureur du peuple, qui vouloit le mener à la lanterne, par la Garde nationale \ et qu on disoit que 400 députés avoient protesté contre tous les décrets de IWssemblée nationale, et demandoient sa dissolution. Je doute qu ils aient osé iaire cette démarche. Cela prouve au moins que le mécontentement est à son comble. Ah ! mon Dieu, quand et comment tout cela finira-t-il ? Il faut, mon ami, renoncer au plaisir de vous voir avant le mois d'août. Je conçois trop que vous avez de bonnes raisons de ne pas quitter votre poste à présent, et moi, voici ce que je deviendrai. Nous partons dans quinze jours d'ici, et j'en serai bien contente.. Nous passerons un mois à Saint-Quentin et à Marcy "* ; et puis nous partons d'abord pouf Sedan et ensuite pour des eaux qui sont près de Francfort... Je désire bien, qu'à notre retour, vous soyez libre de donner à l'amitié le reste delà belle saison...

Adieu, mon aimable ami...

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