De la même au même
{Ibid.)
Paris, le 14 janvier 1791.
Je viens d'envoyer à M. d'Agoult, mon aimable ami, un nouvel ouvrage attendu depuis longtemps et qui vient enfin de paroîlre, en le priant de vous le faire bientôt parvenir. C'est celui de M. Mounier sur les journées des 5 et 6 octobre ^ Cet ouvrage jette un plus grand jour sur les dépositions que nous avons lues ensemble. Quand pourrons-nous encore faire de ces lectures, et surtout à la campagne! Je suis comme vous, je l'aime plus que jamais. Si j'avois pu y passer l'hiver avec vous et quelques personnes choisies, j'y aurois été bien plus heureuse qu'ici. On y souffre toujours plus que je ne puis vous dire. Cette persécution contre le Clergé révolte, même ses ennemis. Sa résistance, que je crois plutôt celle de l'honneur que celle de la conscience, est admirée généralement. On commence à espérer de la division qui existe dans le club des Jacobins, et du triomphe que vient de remporter celui de la Constitution monarchique. On dit que le nombre des membres €st fort augmenté depuis la persécution qu'il a essuyée^. On
i. Apptî au tribunal de V opinion publique du rapport de M. Chabroud et du décret rendu par V Assemblée nationale le 2 octobre HBO. Examen du mémoire du duc d'Orléans «' iM'piaidoyer du comte de Mirabeau, et nouveaux éclaircissements sur les crime» du 5 tt du6 octobre 1789^ par Mouuier, Geuève, 1790, in-8«.
2. À la fia ds décembre 1790, Us séaikces de la Société des amis d€ la Con^Uution *<>M7x^if«« avaient été suspendues à la suite d'une distribulton de paiu faite par elle aux ■DdigtiHs au-dessous du prix courant. Le 8 janvier 1791, le Corps municipal avait autorisé ■x^verioreda club. Mais 1« 24 janvier, une échauiTourée ayant ou lieu & 1« GbapeUe
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montre très ouvertement dans les brochures même démocrates le désir de voir changer nos législateurs. Mais lorsqu'on voit la série des objets qu'ils ont encore à traiter, on est effrayé. On va, dit-on, s'occuper des réformes dans l'armée. On craint qu'elles ne soient considérables. On en viendra enfin à votre corps. J'en attends l'organisation avec bien de l'impatience, mon ami, quoique sans inquiétude sur votre sort. Je voudroîs le savoir décidé...
Adieu...