‹ Lettres d'aristocratesChapitre 214 sur 541 · De M. Darcier à Af"* la comtesse de Lauraguais · texte numérisé non relu

De M. Darcier à Af"* la comtesse de Lauraguais

(Archives nationales, W 310, doss. 485, 2* partie, n* 69.)

A Ariay, ce 28 juiUet 1789.

Madame, c*est dans ramertume de mon âme que je viens vous raconter le triste événement qui est arrivé hier à Arlay.

M. DARGIER

e chûtoau a peut-être couru des dangers ; mais tranisez-vous, j'ai tout arrêté, cela est fini aujourd'hui, il n'est

question de rien.

er au niatin, l'on vint me dire qu'il y avoit de la rumeur à t-Vincent', sur ce qu'on avoit vu de la lumière au château lant la nuit, et qu'on paroissoit s'animer. Sur-le-champ, j'y

(je viens d'êlre nommé colonel d'une légion levée à j), je m informe, je tcts cpi^H esb temps que jt'arme. Je* andc l^ur projet, je- feins rfe croH^ qwe- 1'©» »«• ¥60* ^e Ter, je dis qu'ils ont rarson-, qu'if powroit y avoir des aeiirs cachés du parti opposé au TTers-Ktat (c'étoit du- moins. s de bcaucoci^)) ;, maÀs je ks prie d'attcûdre, que je vais mander un piquet de 20 hommes pour faire la besogne.

je craignois de n'être pas le maître. Je mande à la hâte officier» de Ira LégieR^ et (linéiques membres dlu CoDsei^ je s, devant que la populace ne me devance. Tout en entrant, is défiler mon piquet, les officiers et les gens du Conseil j'y trouvoient ; je fais fermer les barrières du château, je mettre quatre sentinelles à chacune pour empêclier la ilace d'efttrer ^ mais il y en avoit déjà qui nous avoient mcés. J'envoie remoo-Ler les cordes des elocl^es et fermer oeherde l'église Saint-Claude; je fais arrêter iwonî mearfe ; oie le major prévenir ]M\L Bourgeois et >Fater de la ande du peuple et de a'ca être point inqiHcts, que^ répon-

<|ue ton ne feroit aucun mal, que je Les. priots dtd me 5ttre les elefs. Je vi^ns de dire que j'ai envoyé fermer le lier de peur du tocsin ; toutes le& communautés voisines, ieiit. venues, et alors tout étoit perdu. On. nous apporte i les clefs ; nous entroi>s ; l'on visite tottt, les iiïs, les Mres, la cave, les tonneaux, les écuries, les feneau'X. Je ïerçofs que la troupe qui me suit est trop grosse ; ie te: dtse tant que je peux, en plaçant des factionnaires partout et B déiaehasLt quelques-uns pour aller fouiller la ixMXQtagRe ; mploie l'es plus^ aflknés.

ifîn, Madame, cette perquisition si exacte alloit se linir, ju'un propos au moins indiscret de M. Gason rallume tout. ^QDe&-im& hii' aveieat demandé sans <èaule où èCoient les ers et terriers. Il répond que ce n'est pas de leurs affaires,

les veut emporter à trente lieues. Je commençois à engages, gens à se retirer. Quel bonheur! Vos papiers n'y étoienl

! Je le savois bien ; ils étoient peut-être en danger d'un

ainl-Viucoiil, commune d'Arlay, Jura.

A n*"* LA GôannsâB •■ laeragitais 2&i

praoier mouvement. Oià leur dit qmT\st sont à Lomè-le-Sararmer. L'on demawde à M- Gasoa en quelle marson ; l'on retlie sar-le^ charap> da cdtè de Lons^le-Saunier. Je lies arrête, je lear ofliire un détacbemeat^ et moi k la tèbcv pour aller s en iwfonner. Je mante k chcvalf, je presse mon ma»de die partir pourr faûre tout finir; je ise \re021 point qu Us aillienb dîner, de peur qae le TÎn lie les ôchauiïie ; jfe Lcuor ©rfTre ài borire on coep eu ebeaBH» ;; ibaecepten^j. Je mapeiçots cjue l^ontûeml conseil sBurDïLGastoo^ si ott dSoii Ir Bnener à Lons^le-SaumieiF, ow lie ganfeir k Saint- \ilflcent CB attendant le» nsoiavelles. Je craone pour kii; je pr©poee die- Tenvoycn en prison avec quatre htsiHers à sa potte. Le parti est aceepdié. L'ob j«^e à pvopos ée renvc^vor v€ï» garde». ?le poovamt m'o^oposer à TWtt^ je demiande aa moins ^iaigtcpiatfe heures pou» eux. Ce ta es4 accordié, ainsi qoe pottr le concierge des prisons à qui Ton vouloit en sobstituier oh audore. feiikt jîe me dépêche de pafptiren priant nos chefs de légio» de faire rettrer le peuple tout dowcewictut et d» me point quitter qoe les dcFiûers. Graigwan4i une seconde visiste du pei^*e; et voulant les apafcer, je leur propose s'iJs scnonst coi»tc»3 en iasiaant porter les ctefe d» eiiàteau au; corps de gairde. Cela paroît tes satisfaire. En passant à l^inoéseau, on* vient diïe (çwe la Tviluve de M. >kmnier a servi à emporte» Ises papiers èe madeœne b Cocwtesse ; autre aFarme f J'entends derrière mm qu'il îaflit s'arrête» et fooilÉer-; les forces me manquent ; je leuarrepiéaente que e'est contre le dro4* des gens, d'ailleurs cpiî'ils s©«t trop peiidte moode si les gens de PlainG4eeaii * vculenit s'y opp/oser^ Meoreusement, l'on a voit faim, Von souhaitoit ardemmen* d'arrmt à Loiîs-le-Saunier.

Nous arrivons dan« cette vilte.HeureuscFPwntpourrajoi, Fédatmajor, de q«* mms relevons comme miKee natiociaiev éhoit assemblé à l'a nhaison de ville. Je les y GOfwUws ; ifes reslieot e» Wk pendant que je mowte. J'instruis Tétat-major de m» crise, je les prie de m:'aider. Après avoir fait désarmer ma troupe,, je la fais monter. Ces messieurs leur représentent que les troupes ée la ville sont toofes à leur service en cas de péril, mais qu'il but respecter les p^ropriétés, qu'on ne peut point leur refuser communication destitros, qu'ils n'ont qu'à faire lia moindre som- BWlicHf, qu'ils se feroient forts de leur en faire nwn*re. Cela a papules contenter. Ces messieurs leur owt dîemansdé la liberté de M. Gason ,- sisr leiïr ÏVonneur ils ont tout proinisu Et nous ririons.

i. PUinoiseau, canton de V«itour. Jura.

Page 1