AVRIL — 13 SEPTEMBRE
Xotice. — Émeute au sujet du départ du Roi pour Saint-CIoud. — Démission de M. de La Fayette de ses fonctions de commandant de la Garde nationale ; il la retire. — Intrigues du parti d'Orléans. — Fuite du R(ù ; son arrestation à Varcnnes; son retour à Paris. — Affaire du comte de Choiseul. — Propos affreux tenus à Paris contre le Roi el la Reine. — Translation des restes de Voltaire a Sainte-Geneviève. — Débat à l'Assembléc sur rinviolabilité du Roi. — L'émeute du Champ de Mars. — Impopularité de Lt Fayette. — l'n voyage de Besançon à Paris en juillet 1791. - Démissions d'un grand nombre d'ofnciers. — I^ Roi jure de maintenir la CoosUtution .
Né à Besançon, vers 1741, de Ferdinand Dutailly et de Jeanne Nardin, Antoine Dutailly, « homme de loi », comme 11 s'intitulait, était, au moment de la Révolution, chargé en Franche-Comté des affaires de Claude- Antoine-Glériadus, marquis de ChoiseuI-la-Baume. Il avait, en 1772, succédé à son père dans ces fonctions, et les remplit avec une fidélité qui devait le conduire à l'échafaud.
Venu à Paris en avril 1791, pour suivre un procès engagé par la marquise de Choiseul-la-Baume * contre la duchesse deLorges, il y resta jusqu'en octobre. Pendant ces six mois, l'occasion s'offrit à hii de prouver son attachement aux Choiseul autrement que par la poursuite assidue du procès qui avait fait l'objet de son voyage. Au mois de juin, en effet, le comte de Choiseul, fils du marquis *, était gravement compromis dans l'affaire de Varennes. Emprisonné à Orléans, il ne fut admis à bénéficier de l'amnistie volée le 14 septembre 1791 par l'Assemblée qu'après mille peines et mille démarches. A ces démarches Dutailly s'employa activement el, sans aucun souci de se compromettre, soutint avec le plus grand dévouement le marquis et la marquise de Choiseul dans cette épreuve.
A son retour à Besançon, ses fréquentations chez les ci-devant ne tardèrent pas à le rendre suspect. 11 fut arrêté à la fin de 1793, conduit à Dijon, mais relâché, faute de preuves, le 3 novembre. Malheureusement pour lui. presqu'au môme moment le marquis de Choiseul était incarcéré à Paris, et dans les papiers saisis à son domicile, on retrouva facilement la trace de ses relations très suivies avec son homme d'affaires. L'ordre fut envoyé aussitôt de s'assurer de Dutailly, qui arrêté de nouveau à Besançon, le 26 pluviôse an II, était, deux Jours après, expédié sur Paris et traduit devant le Tribunal révolutionnaire en même temps que le marquis, son