Le duc de Choiseul-Stainrille
3. Joscph-François-Louis-Charles-Céftar, comte, puis duc do Damas d'Aotigny (1758 1829), colooul du régiment de Monsieur-Dragons, maréchal de camp à l'armée de Condé.
4. Non à Pont-à-Mousson, mais au Ponl-de-Sommevesle, commune de SommoTOsle (Ifame).
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y est arrêté avec la famille royale. Au même instant, arrivent les deux détachemens de Damas-Dragons et de Lauzun-Hussards que le peuple arrête en leur montrant des canons et en ajoutant que s'ils veulent insistera enlever le Roy, qu*ils l'auront mort. M. de Ghoiseul ne se mêle point de cette dispute, met pied à terre et monte auprès du Roy. M. de Damas fait retirer sa troupe, il monte également auprès du Roy. Un quart d'heure après, arrive un aide de camp de M. de la Fayette qui couroit après le Roy. 11 confie à M. de Ghoiseul le sujet de sa mission et lui dit que le Roy n avoit pas une garde suffisante pour l'emmener à Paris, que sa personne ne seroit pas en sûreté, qu'il le prioit de lui prêter son cheval de main pour courir les villages voisins chercher un renfort. Monsieur le duc fait appeler son laquais et fait donner un cheval à M. Romeuf,aide de camp. Ces ordres ne sont pas sitôt donnés qu'une foule de monde se présente à la porte de la maison où étoit le Roy, et demande les personnes qui sont avec lui. Le peuple s'empare de Monsieur le duc, de M. de Damas, de deux de ses officiers, même de l'aide de camp, les conduisent tous en prison. La Reine crie qu'on ne leur fasse point de mal. Arrivé en prison, l'aide de camp fait appeler le maire et lui montre les ordres de M. de la Fayette de courir après le Roy et de le ramener ; il obtient son élargissement. Mais ces messieurs ne furent pas si heureux ; tout ce que l'aide de camp put obtenir est de les faire conduire à Verdun dans une voiture, accompagnés de 200 gardes nationales. Arrivés à Verdun, M. de Ghoiseul et M. de Damas ont écrit ici à l'Assemblée, pour demander leur élargissement provisionnel ^ Elle a déclaré que toutes les personnes arrêtées demeureroient en état d'arrestation jusqu'à nouvel ordre ; et depuis, elle a ordonné qu'ils seroient amenés à Paris et transférés dans les prisons de l'Abbaye, pour y être interrogés. Voilà comment la chose s'est passée. Vous voyez que M. de Ghoiseul n'est point coupable, qu'il n'a fait aucune mine de protéger le passage du Roy, qu'il avoit des ordres particuliers de M. de Bouille de se rendre avec un détachement à Mousson. Ilva seul àVarennes, comme par curiosité, il n'exerce aucune violence contre le peuple, et au contraire il prête son cheval à l'aide de camp de M. de la Fayette *. Tout cela prouve son innocence et me fait
I. Voir les lettres de MH. de Ghoiseul et de Damas à l'Assemblée dans les Archives parlementaire*, t. XXV II, p, 515-516.
1 Le récit de Dutaill? est d'ane complète inexactilude en ce qui conceroe le r61e joué parle dne de Ghoiseul dans cette affaire de la fui le du Roi. Au contraire de ce que dit Dotailly, Ghoiseul fut en effel si bien au courant des détails du vovage qu'il vint à Paris
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espérer qu'il n*en arrivera rien... Voilà qui va retarder mon retour. Tant que cette affaire ne sera pas décidée je ne peux quitter Paris ; elle sera peut-être fort longue.
Adieu ; je suis toujours dans une inquiétude affreuse. Le peuple, cependant, s'apaise un peu. On commence à ne plus tant crier contre les gardes du corps qui accompagnoieni le Roy et les personnes qui étoient avec lui. Pourvu qu'il n'arrive rien en route à ces honnêtes criminels, qu'ils ne soient pas la victime de la fureur du peuple! J'espère qu'une escorte nombreuse de gardes nationales les accompagnera.