Du même au même
{Jbid., ii*7i.)
Paris, le 5 juillet i791.
... Je VOUS ai fait faire, mon cher Faivre, un cachet avec un chiffre, comme tous les honnêtes démagogues en portent aujourd'hui. Si vous ne Têtes pas dans l'âme, je veux que vous en ayez tous les dehors, qu'il n'y ait plus d'armoiries chez vous. Des Ghamolles vient d'être corrigé d'une belle manière pour avoir trop causé. Cela prouve bien qu'il n'y a plus aujourd hui de libre que la pensée, puisqu'on punit les paroles et les actions. Ici l'on n'est pas si sévère pour les propos atroces que Ton tient dans tous les carrefours contre le Roy et la Reine. Personne ne dénonce les insolens; chacun au contraire applaudit. S'il y a deux êtres malheureux en France, c'est eux, enfermés tout le jour et gardés à vue la nuit, portes ouvertes. Ils ne sortent pas du tout ; ils ne se mettent pas même à la fenêtre. On promène le Dauphin une fois par jour dans le jardin. L'on ne fait sanctionner aucun décret...
f)Our s'entendre à ce sujel avec la famille royale, et cjuil ue quitta la capitale que quelqw* leurcs avant elle. Sou rôle fut d'ailleurs malheuroui dans le projet ad évasion » du Roi, et il fut plus que personne rcspon>ablo do son i^chec. Posté au l'onl-de-Sommeveslc. où devait le rejoindre un gros de hussards, il avait pour consigne d'y attendre l'arrivée de la voiture royafe. dont le passade était sijrnalé pour le it juin à 3 heures et demie de l'après-midi. Los hussards commandés par M. de (jo^fuclat se trouvèrent bien au rendei-vous. Mais à 5 heures et demie, ne voyant rien venir, Choisoul quitta sa faction et *»e replia $or Yarennes. Une heure aiu'és. la famille royale arrivait au l*ont-de Somrocvesle, fort étonnée de n'y trouver personne. L'abandon de ce poste le plus important de tous jeta la perturbalioo sur toute la ligne de« autres postes et fut une des causes de la Hn lamentable du voyage de Varennes. (V. Fournel, L'événement de Yarennes, p. 129-134; Lenôlre, Yarennes^ passim).
A M. FAIVRB 297