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dépendra de moi et tout ce que je croirai nécessaire pour faire respecter vos propriétés.
Je suis très sensible à l'intérêt que vous me témoignez sur ma position. Eh ! pourrois-je être heureux, quand ma malheureuse patrie est déchirée de toutes parts ! S'il me reste un motif de consolation, c'est de n'avoir pas méconnu le chemin de l'honneur. Si j'avois pu balancer sur le parti que javoisà prendre, je ne saurois assez vous remercier d'avoir dirigt^ ma marche ; mais j*espère que vous vous rappellerez que j'ai été invariable sur mes projets, puisque j*ai constamment résisté aux différens avis qui m'ont été donnés de me retirer dans ma famille, pour me concerter sur mon émigration et pourvoir à mes affaires. L'ordre que j'aurois pu y mettre m'auroit sans doute dédommagé de la longueur du voyage ; mais je prévoyois avec raison que je n'en avois pas le temps, puisque je suis des quatre dernières compagnies sur environ 60 dont le cantonnement est composé.
L'opinion que Ton a des derniers arrivans ne leur est guère favorable, parce qu'on dit qu'ils n'ont attendu au dernier moment que pour être à temps d'embrasser le parti le plus fort.
Les nouvelles que j'ai eues de Toulouse sont très anciennes, mais il me paroît qu'on persiste dans les mêmes projets...
Je vous exhorte à ménager votre santé et vous prie d'être convaincue du respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, Madame, votre très humble serviteur.
DeN,.. ati baron du Blaisel^ « lieiitenant général des armées du Roiy aut Chartreux », rue d Enfer ^ à Paris.
(.\rch. nat., W 431, doss.'OS?. n« 132.)
Kessclheim, près Coblentz. le 8 avril i792.
Votre dernière, Monsieur le baron, m'a fait bien de la peine. La seule vue de votre écriture m'eût appris ce que vous me dites de votre mauvaise santé. Je suis cependant touché que dans cet état vous vous souveniez encore de votre ancien ami Votre courage échauffe le mien et me soutient, mais vous me connoissez trop bien pour penser que le mal ou le danger pût
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m'émouvoir. Je ne suis vivement affecté que des fausses démarches dont je suis le témoin et dont tant d'honnêtes gens seront la victime. Un homme de votre connoissance avoit acquis la confiance de celui qui commande en chef à L[ong\vy]. Là ilpouvoit être vraiment utile, et la connoissance exacte du local et de la disposition des esprits aplanissant les difficultés, les généraux de TEmpereur commençoient à désirer d*en venir à l'exécution . 11 a fallu le rappeler au plus vite et le confiner dans une solitude. Rappelez- vous, Monsieur, tout ce que vous pensiez des intrigans et du militaire de Versailles, et soyez sûr que vous le retrouveriez ici. Le prince de Gondé avoit réellement des vues sur Strasbourg. J'ignore quelles étoient ses ressources ; mais il tient une conduite si brillante, qu'il inspire la confiance. Déjà sa troupe étoit sous les armes, lorsqu'à il heures du soir un courrier arrivé Ta forcé à un contre ordre. 11 n'étoit qu'à 3 lieues du point d'attaque ; il ne pouvoit tenir seul que peu de jours, et on remarque que nulle part on n*avoit pris des mesures pour le secourir. L'entreprise d'Arles ^ avoit réellement des suites très étendues. Elle devoit éclater vers le 10 mars. Mais on a oublié d'envoyer l'argent, les armes et les munitions promises. Dans le môme temps, on avoit pratiqué des intelligences dans des places ; deux surtout étaient infaillibles, et Tune étoit si heureusement imaginée que l'attaque, quoique découverte, eût réussi de nécessité. On s'est refusé à tout, en exhortant toutefois les auteurs des entreprises à entretenir des liaisons qui les eussent compromis inutilement et amenés à être traités comme ceux de l'Auvergne viennent de l'être. En tout. Monsieur, s'agit-il d'intriguer, je vois des miracles ; mais dès qu'il s'agit d'agir, on ne trouve plus personne. M"*® de Balbi 2 et des cotillons dirigent la cour, qui est ici aussi dispendieuse que jamais. J'ai cherché quelles pouvoient être les vues de cette cour, et voici ce que j'imagine, en prenant pour bases l'intrigue et Tégoïsme, vices caractéristiques du siècle : ils pensent que les puissances étrangères ne peuvent manquer de s'armer, pour exterminer une horde sanguinaire ennemie de tout gouvernement, et ils veulent en profiter pour se rendre et exclusivement plus puissans que jamais. Dès lors, ils écoutent avec une espèce d'intérêt tous les projets «l'attaque qu'on leur présente, afin d'entretenir la fermentation,
1. Allusion auK divers projets d'insurrections royalistes du midi de la France.
1 Joséphine-Louise de Caumont, comtesse de Balbi (1763-1836), la célèbre fayorile dr
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