‹ Lettres d'aristocratesChapitre 357 sur 541 · Du même au mêtne · texte numérisé non relu

Du même au mêtne

{Ibid., n*21.)

Au grand Gentilly, le 18 juillet 1791.

J'ai reçu, Monsieur, avec plaisir votre lettre du 15, parce qu'il n'y a été question d'aucune nouvelle insulte, ni infamie. Ce sont là les bonnes lettres et les meilleures nouvelles du temps. Ici, nos troubles augmentent à un point effrayant. Aussi l'Assemblée s'est-elle absolument réunie et a-t-elle rendu, presque à l'unanimité, des décrets convenables sur la monarchie et l'inviolabilité du Roy*. Un très petit nombre de députés qu'elle a traités de factieux, c'est-à-dire 4 ou 5 ans seulement, ont osé lever la voix contre leur Roy et ont été traités avec ignominie. Le club des Jacobins s'est désuni 2. Ils paroît que ceux qui veulent, sous le nom de République, la continuation de l'anarchie et anéantir à la fois la royauté et la constitution ameutent la basse populace et tout ce qui existe de mauvais sujets et de gens perdus de dettes. Un groupe de ces coquins a présenté une pétition à l'Assemblée, qui a été mal accueillie '. Ils attaquent à présent et le Roy et une douzaine de membres de l'Assemblée, quejusqu'à présent le peuple paroissoit chérir. Ces noms sont MM. de la Fayette, Barnave, Camus*, Duport, Lameth, etc... La pétition rejetée avec vigueur et même, dit-on, avec une réponse très ferme a fâché ceux qui l'avoient fait présenter, et leur armée s'est portée avant-hier au Champ de Mars, où il a été fait des sermens affreux. Hier, le môme rassemblement y a commencé, dès 4 heures du matin, et il a fallu proclamer la loi martiale et déployer le drapeau rouge. Dans la matinée, deux particuliers ont été tués, et, suivant le compte rendu sur-le-champ à l'Assemblée, pour avoir porté des paroles de conciliation et tâché de calmer les esprits. L'après-midi la garde nationale s'y est portée en force ; des coquins armés de sabres, de piques, de pistolets et môme de quelques fusils ont attaqué la garde à pied et même celle à cheval, et en ont tué

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