Du même au même
(Ibid., n» 29.)
Au grand GenUlly, le 29 août 1791.
... Si je me transporte avec ma famille en Brie, ce n'est que pour le restant de l'automne et pour être un peu moins près du faubourg Saint-Marceau, dont la compagnie pourroit être incommode dans les agitations auxquelles les événemens peu-
I. Mignèret (Loiret). Cette propriété de Mignères arftit été achetée par Joseph-Anselme dOulremoot, beau-père de Fougeret.
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vent d'un instant à l'autre donner lieu. Mais j'espère qu'encore deux ou trois mois et l'on pourra compter sur plus de tranquillité de la part des Parisiens. Aussi, est-ce à Paris que dans le temps, c'est-à-dire en novembre, je comple faire venir à l'ordinaire mes provisions...
Les assignats ne perdent aujourd'hui que 17 à 18 livres p. 100 au dedans, c'est-à-dire que pour un assignat de 100 livres on vous donne 82 livres. Mais lorsque l'étranger et les émigrans auront violé nos frontières, l'assignat pourroit perdre beaucoup davantage...
D'après ce que vous me marquez des atrocités que Ton a la sottise de souffrir de la part des deux jeunes bandits dont vous me parlez, vous pouvez juger de tout le royaume. Un reste de police reste encore dans Paris et sa banlieue, mais toute la France est dans le désordre et l'anarchie. Aussi tous ceux qui ont quelque propriété à conserver et un peu de sens reviennent sensiblement, et le parti royaliste est incontestablement déjà le plus fort. Le peuple de Paris, las de souffrir, voit qu'on l'a trompé pour lui faire faire de grandes sottises, et, lors de l'irruption de l'étranger, il n'en sera pas assez fâché pour qu'il y ait de grandes secousses. 11 n'y a plus de doute sur la confédération de toute l'Europe pour le roy de France contre les factieux du royaume. Les ambassadeurs étrangers le disent tout haut, et les députés de l'Assemblée en conviennent. Toutes nos colonies de Saint-Domingue, la Martinique, la Guadeloupe ont fait la contre-révolution. Malheureusement, elles chassent les vaisseaux françois et ne souffrent plus qu'ils y vendent ni achètent. Nos ports de Bordeaux, Marseille, Nantes et le Havre sont ruinés, et il est bien à craindre que ces colonies ne soient à jamais perdues pour nous. Ces nouvelles sont sûres; j'ai vu des lettres originales de ces colonies, où ils disent qu'enfin de tous les François il n'y a qu'eux d'heureux...
Je suis...
FOUGBRET.