Du même uu même
{Ffrid., n"7*.)
Paris, 10 février 17
Si VOUS avez cinq enfans, mon cher Saint-Luc, ils 1Î sols de chaque écu que vous leur laisserez. Amsi l'AssemWée nationale qui n'a pas encore traité FafFî testamens qu elle pocnrra rendre nuls pour favoriser i phis les cadets du royaume. Voilà donc les coutumes { Les poids et les mesures seront rendus uniformes, vous ne Teconnoîtrez absolument rien à l'ancien réf vous vous mettrez à Técote nationale si vous voulez quelque chose.
Jeudi dernier*, le Roy s'e^ rendu à l'Assemblée. Son d a excilé la sensibilité de l'auditoire. Il a été d'airta applaudi que Sa Majesté a déclaré qu'elle maintieni Conslflutîon, et il a exhorté à faire de nouveaux ss pour amener la paix dans le royauTne, ou si vous mieux dans la république. Les lam>es ont coulé des } Roy au moment où il a prononcé : « On adoucit mes lorsqu'on me dtt ^ue je suis aimé de mon peuple. » Sa a été reconduire au Louvre en triomphe par des cris le Boy ! Le soir, la ville a été illuminée ; on chante ùeum dans toutes les paroisses, et on est invité à se à tous les districts pour renouveler le serment natv fidélité à la Loi, au Roy, à la Constitution, ce qu'ont députés entre eux dans l'Assemblée. Bergasse*'*, m? écrit une kwigue lettre au Président, avec prière de aux représentans de la Nation, par laquelle il envoie s
* . 9dnif ^ Hviwi iTPO.
S. ffiaoka Bb^smm, aé «b 1750^ avocat à LyoD. <kipuli du Tien pour la sénic Ljron, mort en 183S.
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sentemeni au serment, mais avec celle rcstriclion qu'il se refuse de le prononcer sur la Consiitulion jusqu'à ce qu'elle soil faite et qu'elle lui plaise, faisant entendre que Ton emploie la crainte pour donner une signature qui n'est pas libre*.
Malgré la joie que l'on s'efforce de faire paroître, l'artisan murmure et voudroit le retour des expatriés dont la présence les aideroil à vivre. Les voilà qui se sentent gourmandes par la misère. Elle est grande et elle doit s'accroître. Gare l'iosurrection ! On croit que les Jacobiles se divisent et que quelques-uns d'eux pourront se rapprocher des Impartiaux. Il est plus que temps de voir l'union, pour s'opposer aux grands maux dont la France est menacée. La finance est dans l'état le plus déplorable. La loyauté française avoit déclaré que le mot de banqueroute ne seroit jamais prononcé. La faire sans le dire, ou le dire et la faire, lequel vaut le mieux? Déjà il a été décrété la suspension des payemens des dix-huit mois dus avec assurance des payemens pour l'année 1790. Mais il faut de l'argent, et il n'y en a point; ilfaudroit recevoir les impositions, et on ne les acquitte pas; il faudroit l'assurance du quart des revenus, et on ne s'empresse pas de faire des déclarations. Chacun considère sa fortune délabrée, les espèces sont enfouies, et la grande confiance dans les rcprésentans de la Nation est furieusement altérée ; de sorte que vous pouvez imaginer sans mon secours ce que tout ceci deviendra. Celui de la Providence seroit nécessaire . Mais l'a-l-on mérité ? Soyons justes, si cela se peut.
J'apprends que le décret pour les partages des enfans n'a pas eu lieu. On a seulement décrété que les fiefs sont supprimés et que le droit de vol du chapon n'aura pas lieu, mais on reviendra à l'autre.
On traite le Limousin, le Périgord et le Quercy comme la Haute-Bretagne; on pille et on brûle. Dans une de ces provinces, on a déterré des aristocrates pour en brûler les mânes. A Tulle, on n'y a pas épargné les brigands. Douze ont été tués et plusieurs conduits dans les prisons de la ville.
Les deux frères Agasse, fabricateurs de faux billets de la Caisse d'Escompte, furent pendus lundi par sentence du Châtelet confirmée par l'arrêt du Parlement*. Les corps ont été
1. Cf. U lettre de BergMfe. du 6 février, dans les Archives parlementaire*, t. XI, p. 458-460.
f . Augustin-Jean et A nue-Jean-Baptiste Agasse, arrêtés le Î7 septembre pour fabrication et émission de faoi billets de la Caisse d'Escompte, furent condamnés le SI janvier |Mr jugement du Cb&tolet. confirmé par arrêt du Parlement du 4 février, et pendus le 8 février 1790, en place de Grève
rendus à leur oncle S chef d'un district, qui leur a enterrement fort propre. La régénération oblige d'hor pendus. Dieu vous préserve de rapproche des brigand gers et nationaux !
Serviteur à vous, à Madame, à votre lignée, tous b( comme moi.
. Pierre-OnilUume Agasse, ancien conseiller de Ville, ancien électeur en 17i mé préridenl de son district pendant qu'on instruisait l'affaire de ses nerei ck pMlestation contre rodieni préjugé qui étend la honte du supplice sur li eoiqiable. Le district de Saint-Honoré organisa le S3 ianvier une manifestation ■ear(S. Lacroix, op. eit.^ t. III, p. 533-537, 551-556). C'est à ce propos que le MirabiBaa disait : « Je ferai pendre mon frère, et je serai ministre. » (Correiponda tll,p. 4Î5.)
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