‹ Lettres d'aristocratesChapitre 38 sur 541 · AVRIL- 17 JUILLET · texte numérisé non relu

AVRIL- 17 JUILLET

Notice. — Troubles en Provence. — Physionomie de Paris à U .veille des Etats généraux. — L'affaire du comte de Guibert. — Le cérémonial des Étals. — L'émeute du faubourg Saint- Antoine. — La séance d'ouverture des États généraux. — La charge du Jardin des Tuileries. — Le renvoi de Necker. — Les journées du 14 au 17 juillet.

Le personnage, auquel il attacha sa fortune, — le duc d'Orléans, — a décidé de la vie et plus tard ruiné la réputation de Charles-Alexis-Pierrc Brulart de Genlis, marquis de Sillery. Or le mari de M"* de Genlis valait mieux, je crois, que la destinée qu'il eut. que le renom qu'il s'est acquis, et j'ajouterai que la femme qui fut la sienne. Celte ambitieuse, cette pédante à froid, cette intellectuelle fut en effet plus que tout autre responsable de la voie sans issue où s'engagea son mari, et d'où elle se tira avec une grâce un peu lourde dès 1791, en invoquant alors pour quitter la France l'impérieuse nécessité de faire voyager ses élèves princiers, « afln de les perfectionner dans l'étude des sciences, et de polir, si l'on peut s'exprimer ainsi, son ouvrage » *. Lui, nature molle, mais généreuse, scmble-t-il, eût pu avoir un autre rôle, et je le vois plutôt repu des illusions de La Fayette, que mêlé aux « suppôts de la clique d'Orléans ».

Né le 20 janvier 1737, il avait d'abord servi dans la marine. Gardemarine en 1753, enseigne en 1755, chevalier de Saint-Louis en 1760, à 23 ans. pour blessures et faits de guerre aux Indes et en particulier au siège de Pondichéry, il obtint le 26 février 1763 l'autorisation d'entrer dans l'armée de terre, où il reçut le brevet de lieutenant-colonel à la suite du corps des grenadiers de France *. Entre-temps il s'était marié (1762). Une vie de garnison, coupée de semestres, qu'il passe avec sa femme à Paris, ou dans de longues villégiatures à la campagne, est la sienne pendant dix ans*. Puis, c'est l'entrée des deux époux au service de la maison d'Orléans en 1773, l'un comme capitaine des gardes du duc de Chartres, l'autre comme dame d'honneur de la duchesse, ensuite comme gouvernante de ses enfants ; c'est l'élection à la Constituante par la noblesse du bailliage de Reims ; c'est la participation à toutes les intrigues de la faction d'Orléans : c'est la Convention ; ce sont les journées de mai ; c'est enfin l'arrestation le 4 août 1793, l'arrestation en

i. Dossier de la demande en radiation d'émigration de M*"* de Genlis (Arch. nat. F' 5627).

2. Archives nationales, archives de la mariue, CM71, n* 1014.

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