‹ Lettres d'aristocratesChapitre 463 sur 541 · A M"® DE THOMASSIN-MANDAT · texte numérisé non relu

A M"® DE THOMASSIN-MANDAT

Nous touchons aux plus grands événemens dont on puiss jamais être témoin. On est menacé de tout ce qu'il y a de plu sinistre. Demain, peut-être, commencera la guerre civile. Hier plusieurs députés, ensuite le maire Pétion, au nom des 48 sec tions de Paris, et après eux les scélérats de fédérés marseil lois, qui avoient été admis à l'Assemblée nationale, deman dèrent qu'on décrétât sur-le-champ la déchéance du Roy € l'exclusion totale de la dynastie actuelle ^ Un député voulu prendre la défense du monarque ; un fédéré le menaça de so: sabre ; il se tut et prudemment le président * leva l'Assemblée De sorte qu'il est évident qu'aujourd'hui ou demain les scélé rats décréteront cette déchéance. Je ne saurois vous exprime rindignation dont hier les honnêtes gens étoient saisis. Ils n souffriront jamais qu'on détrône ainsi leur Roy, qui n'a jamai eu d'autre tort que celui d'être trop bon. Il y aura certainemer ici du sang répandu à ce sujet, avant que les Prussiens arri vent pour le rétablir sur son trône, car la premicTC chose qu feront les monstres, sitôt qu'ils auront rendu leur abominabl décret, sera de le chasser du château des Tuileries. On n seroit même pas étonné qu'ils n'entreprissent de renouvelé les horreurs exercées contre Charles P^ Il existe dans 1 Garde nationale un bon nombre d'honnêtes gens, auxquels s joindront les fidèles sujets du Roy, qui paroissent bien disposé à sacrifier leur vie plutôt que de laisser consommer cette abc mination. Ainsi les députés doivent trembler, s'ils rendent leu décret. Mais, malheureusement, *la canaille les soutiendra ( s'en fera un prétexte pour égorger les citoyens et piller le maisons. Voilà ce qui est à craindre, et à quoi pourtant on v se trouver exposé malgré soi. Cette populace n*aplus de frei qui la retienne ; elle ne croit pas plus aux hostilités prochaine que s'il n'y eût jamais eu de préparatifs ; elle traite de mer songes tout ce qui se dit à cet égard et ajoute qu'au surplu 200.000 hommes seront en huit jours exterminés par quatr millions de citoyens armés. Tels sont les raisonnemens de tou les Jacobins et de leurs adhérens ; et ce qu'il y a de bien sir gulier, c'est que cet aveuglement a lieu dans les province comme à Paris.

Que ne pouvons-nous par les souhaits les plus ardens tram

seaux du Roi, frère de M">* de Thomassin. Il était surlo poiut d'émigrer. II fil campa^ dans rarmée des Princes .

1. Le 3 août, au soir, une dépulatioo des 48 sections de Paris, a>ant à sa tôte Pétio demanda la déchéance du Roi à l'Assemblée ( A rc/i. pari., t. XLVII, p. 427;.

2. Jean-François-Honoré Merlel (1761-1830), député de Maine-et-Loire.

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porter ici en 24 heures les armées qui viennent à notre secours! Jamais leur assistance n'a été si urgente. Mais tous les vœux à cet égard sont impuissants. Ce ne peut être que du SO au S qu'elles peuvent nous délivrer...

Je crois que Monsieur votre oncle * sera assez heureux pour que cette semaine on le supprime ainsi que tout rétat-major. Je le souhaite pour lui. 11 est si aise de se trémousser qu'il ne voit pas le danger qui le menace chaque jour.

J'ai l'honneur, Madame, de vous présenter mon respect.

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