‹ Lettres d'aristocratesChapitre 515 sur 541 · Du même à la même · texte numérisé non relu

Du même à la même

(Ibid., n» 57.)

Paris, ce 22 mai 1795.

Bonne amie,.... je ne conçois plus rien ni à ce que je vois, ni à ce que j'entends. D'ici au 15 juin les événemens doivent être bien intéressans, ou nous sommes complètement joués, car il paroît que la Convention prend de grandes mesures et que les ennemis ont des forces imposantes.

L'emprunt forcé d'un milliard a été décrété aujourd'hui... Ces honnêtes gens veulent absolument ruiner la France. Que leur importe ? Il ne leur en coûtera rien !.. . Je m'attends à tout, car qui dit patriote dit un homme altéré de sang et des dépouilles de son voisin....

L'épître adressée au club * vient sans doute du citoyen Nasaret, qui me vit dernièrement au Palais-Royal. Il manifesta sa surprise au jeune Vaillant, avec qui il étoit, de ce que je n'élois pas encore guillotiné. A quoi le jeune homme répondit, pour déjouer ses mauvaises intentions, que j'étois l'ami intime de Robespierre, Marat, Danton, de Saint-Huruge, de nombre de membres de la Convention et de beaucoup de jacobins qui tous connaissent mon affaire, .avoient vu mes papiers et étoient convaincus que je n'étois pas émigré ; ce qui le jeta dans le plus grand étonnement par la raison que, selon eux, être sorti du royaume, c'est être émigré ; ils s'imaginent que plus il y en aura, plus il y aura de quoi prendre et d'autant moins à payer

Dandelot a été envoyé en députation du club pour se concerter avec les Jacobins sur les moyens d'entretenir leur correspondance, et en cas d'événement d'égorger tout ce qui est aristocrate. 11 est bon d'avertir les honnêtes gens de se tenir sur leurs gardes. Ils ont le droit de repousser la force par la force.

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