‹ Lettres d'aristocratesChapitre 52 sur 541 · LS MARQUIS DE SILLERT · texte numérisé non relu

LS MARQUIS DE SILLERT

ce prince le renvoi de tout son ministère : M. Necker, banni hors de France, sur-le-champ remplacé par M. le baron de Breteuil ' ; M. de Montmorin remplacé par M. de la Vauguyon*; M. de la Luzerne' remplacé par M. de la Porte*; M. de Puységur* remplacé par M. le maréchal de Broglie*. A peine cette nouvelle est-elle parvenue à Paris que le soulèvement a été général. Les troupes ont voulu charger dans la place de Louis XV le régiment de Royal- Allemande 11 a été chargé par les Gardes françoises qui ont pris parti pour le peuple. 11 y a eu 22 hommes de tués '. Paris et les

1. Looift-Charles-AagasU Le Tonnelier, baron de Bretenil (1730- IS07), fat préfideBtdt Conseil de» finances du 12 au 16 juillet dans le ministère dit des Centrbeures.

S. Paul- Francis de Quélen de Stuer de Caussade, duc de La Vauguyon (1746-I8S8), aintstre des Affaires étrangères dans le même ministère.

3. César-Henry, comte de la Luseme (1737-1799) fut ministre delà Marine d'octobre 1787 an 11 juillet 1789 et le redevint du 16 juillet 1789 au mois d'octobre 1790.

A. Amauld de la Porte (1737-1792), intendant de la Marine à Brest en 1776, intendant général de la Marine et des armées navales à la cour en 1781, intendant du conmerce eitérieor et maritime en 1783. Il fut nommé, le 11 juillet 1789, ministre de la Marine, mait il n'en exerça pas les fonctions, M. de la Luseme ayant repris son portefeuille le 16 juillet. Intendant de la liste civile en 1790, il fut exécuté le 15 août 1792.

5. Louis-Pierre de Chastenet, comte de Puységur (1727-1807). lieutenant général des armées du Roi, ministre de la Guerre de novemore 1788 au 12 juillet 1789.

6. Victor-François, duc de Broglie (1718-1804) maréchal de France, ministre delà Goerrt dans le ministère des Cent-heures.

7. Charles-Eugène de Lorraine, prince de Lambesc, dnc d'Elbenf (1751-1825), grand écayer de France, colonel du régiment Royal-Allemand.

8. Voici sur celte affaire des Tuileries, qui devait faire traduire le prince de Lambesc

devant la juridiction du ChAtelet, une pièce que je croîs inédite et qui est du pins haut intérêt. Elle émane de François-Henri-Charles, comte de Rcinach. 1743-1829, capitaine an régiment de Royal-Allemand, et est adressée aux membres du Comité des recherches.

Mémoire pour tervir d'itutnietion de Caffaire des Tuileries arrivée le 13 juillet dernier 1780.

Messieurs, on lit dans une feuille périodique intitulée Extrait dee gazette» nalionûleê, m* 26, p. 407 et suivantes, imprimée à Sedan, ^ue la commune de Paris a chargé son nroeureur-syndic de dénoncer à ladite commune différents particuliers aecuttés du crime de lèse-nation, notamment • M. le prince de Lambesc. accusé et presque convaincu d*étr» entré violemment, le 12 juillet dernier, à la tète d'une troupe année, dans les jardins des Tuileries, et d'y avoir assassiné uu citoyen qui s'y promenoit paisiblement et sans armes.

Comme j'avois llionneur d'être un des membres le plus essentiel de cette troupe, je eroirois manquer à Tbonneur qui m*a toujours guidé, si je ne rédamois pas contre la iaàs«^ de ce fait.

Le voici tel qu'il est arrivé, j'en jure par mon honneur, qui m'a touiours été cher. Je ne sois point un courtisan, je les ai même toujours méprisés, sans quoi je serois plus que le ne SUIS dans mon état. Je n*ài jamais su faire ma cour qu'en remplissant mes devoirs. Je n'ai besoin de rien ; ma petite fortune me suffit pour vivre avec honneur et droiture.

Fait,

Le dit ionr, 12 juillet, à une heure moins un quart, il me fut ordonné de monter & cheval, à la tête de 50 maîtres, pour me transporier à la h&te à la Barrière blanche, où des mutins se rassembloient pour y faire du désordre. J'y fus conduit par un commis de ladite arrière, qui marcboit quarante pas avant moi. Y étant arrivé avec toute la diligence nécessaire, j'ai trouvé un piquet des mnadiers des Gardes françoises. M'étant mis en possession dn foste, lesdits grenadiers rabandonnèrent. Je faisois face aux Porcberooi (du moins je crois qu'il s'appelle comme cela, je ne connois pas les quartiers). Je n'avois pas d'autres ordRS que d'empêchw le désordre. Je fus renforcé par un piquet du guet à cheval, qui devoit me eonduire où ma présence seroit nécessaire. J'ai resté à cette place jusqoe vers les 6 béeras

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