‹ Lettres d'aristocratesChapitre 59 sur 541 · LE MARQUIS DE SILLBRY · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE SILLBRY

s'écria qu'il étoit perdu. Le peuple le saisit sur-le-champ ; on lui tira un coup de pistolet dans la gorge, on le descendit sur les marches de THôtel de ville ; on lui trancha la tête.

A peine ces deux nouvelles furent-elles entendues que des cris de douleur se firent entendre dans la chambre delà Nation. Un tumulte effrayant empéchoit la délibération. Je trouvai le moyen de me faire entendre, et je leur dis que c'étoit au moment des proscriptions que les législateurs dévoient attendre en silence le sort qui leur étoit destiné.

Des détails, que je ne puis rapporter, m'inspirèrent ce peu de mots. Le tumulte en effet se calma, et la seconde députation partit et porta au Roy ces effrayantes nouvelles.

La première députation revint quelques momens après et nous apporta la réponse du Roy.

Elle étoit en ces termes :

<c Je me suis sans cesse occupé des mesures propres à rétablir le calme et la tranquillité dans Paris. J*avois, en conséquence, donné ordre au Prévôt des maréchaux et aux officiers municipaux de se rendre ici^pour concerter avec eux les dispositions nécessaires. Instruit, depuis, de la formation d'une garde bourgeoise, j'ai donné ordre à des officiers généraux de , se mettre à la tète de cette garde, afin de l'aider de leur expérience et de seconder le zèle des bons citoyens *. J'ai également ordonné que les troupes qui sont au Champ de Mars s'écartent de Paris. Les inquiétudes, que vous me témoignez sur les désordres de cette ville, doivent être dans tous les cœurs et affectent vivement le mien * ».

La réponse du Roy à la seconde députation étoit :

aident de l'assemblée des élecleurs, s'eiprime ainsi 4 ce sinet : « U est faux. dit-Q, qu'on ail troaré sur Flosselles une lettre de Launoy . U allait au Palais-Royal se justifier, disail-il. lorsque B. lui brûla la cervelle. Alors on lui coupa la t6te. C'est le premier sur qui le peuple ait exercé ce trait de rage. Par imitation, on coupa la tète de Launey double cadaTte était resté par terre devant l'Hotel de ville > (Archive* du ministère des Colonies, collectiM Moreau de SaintMéry. F*, vol. 140 bis, fol. 54).

Et voici ce qui a pu Caire croire à la saisie d'une correspondance sur Flesselles. Le 15 juillet 1789, François-Bloy Sausserotte de Raucourt, se présenta à l'assemblée du district des capucins de Saint-Louis de la chaussée d'Antin et lui remit le billet qu'il avait, disaitil, retiré la veille de la main de Flosselles au moment où il avait été tué. Ce billet était ainsi conçu : « J'ay l'honneur de prier Monsieur le prévost des marchands de vouloir bien faire entendre au Comité permanent de la ville le sieur Le Rouzye sur une iodiealioa importante et sur laauelle il parott convenir de donner les ordres les plus précis dans les districts. — jAinim, électeur de Saint-Leu, et l'un de messieurs les commissaires du député de la ville. — Le 14 juillet 1789. » (Archives nationales,^Comité des Recherches, D XXIX" 1, doss. 26). Il est là en original, ce billet, encore tout froissé, taché de sueur, arraché de U main de Flesselles le 14 juillet !

1. Voir les deux brevets de commandant et de major de la milice bourgeoise de Paris, donnés le 14 juillet par le Roi à M. le comte de Brandon, maréchal de camp, et à M. de Cerquigny, dans Chaasin, op. cit., t. III, p. 550-551.

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