‹ Lettres d'aristocratesChapitre 61 sur 541 · I. Artkitet parUmentairet, t. VllI, p. S · texte numérisé non relu

I. Artkitet parUmentairet, t. VllI, p. S

i. V«ir eetie adMMe dant les Archive» parUmentaire*» t. VIII, p. 2as.

%% LE KARQUIS BE SILLBRT

une deim-iieui«e««Tiron 6*écoula, et k l'instant où la députation alloit partir, on vint annoncer à l'Assemblée que Sa Majesté alloit se rendre dans la salie nationale, seule et sans aucua appareil. Elle arriva vers 11 heures. L'Assemblée consternée étoit dans le plus profond silence. Le Roy, ayant pris sa place* prononça le discours que vous avez lu dans le Journal de Paris, du jeudi 16 juillet *.

Le soir, le Boy nous ayant invités à nous transporter à Paris, nous partîmes au nombre de 40. Nous traversâmes cette ville au milieu d'environ 80.000 hommes armés. Les cris de : « Vive la Nation t Vivent nos braves députés ! )> nous accompagnèrent jusqu'à l'Hôtel de ville. Les principaux électeurs y étoient rassemblés. Ils ont redemandé à grands cris le retour de M. Necker et Téloignement des nouveaux ministres. Us ont proclamé M. Bailly prévôt des marchands ^ ; ils ont nommé ^L le marquis de la Fayette commandant en chef de la milice bourgeoise, et en ont exigé de lui le serment.

M. de Tollendal leur a parlé ; et dans un discours plein de force et d'énergie, il leur a fait la peinture des malheurs affreux qui sont les suites des discordes civiles. Le peuple nous a conjurés sur notre passage de faire la demande du retour de M. Necker et de î'éloignement du nouveau ministère '.

Le jeudi 16, on a rendu compte de la députation de Paris et de la demande instante des citoyens Vers 10 heures, pendant que Ton délibéroit, on vint annoncer que M. le garde des sceaux et M. de Villedeuil avoient donné leur démission. Les délibérations se continuèrent pour demander également I'éloignement des autres ministres et le rappel de M. Necker. Il a été décidé que le Comité de rédaction s'occuperoit d'une adresse au Roy à ce sujet

Nous allions commencer la lecture de cette lettre au Roy, lorsque M. le comte de la Châtre* a dit : « Messieurs, le Roy m'autorise de vous apprendre que M. le baron de Breteuil et M. le duc dé la Vauguyon ont donné leur démission, qu'il a également éloigné les nouveaux ministres qu'il avoit choisis et que, connaissant le désir de l'Assemblée nationale et du peuple de la capitale, il rappeloit M. Necker pour venir prendre le

t. V«ir ce discours dans les Archives parlementaires, t. VIll, p. 23ft.

2. Jean-Sylvain Bailly (1736-1793), député du Tiers pour la rillc de Paris, président de U CoDslituaule, maire de Paris démidsionnaire en novembre 1791.

3. Archives parlementaires, t. VIII, p. 238-240, et Chassin. op. c»/., l. Hl, p. S56-35t.

4. Claude-Louis, comte puis duc de la Ch&lre (1745-1824), maréchal de camp, premier gentilhomme de la chambre de Moosieiir, député de la noblesse du Berry.

A M. DB SATIGWr %^

timon des affaires ». Les applaadissemens, les cris de Vwe le Roy se sont fiaii entendre avec un transp<Mrt dont \e ne puis TOUS donner l'idée. Sur-le-champ, une députation a été nommée pour aller témoigner au Roy la reconnaissance de TAssemblée nationale. La députation à son retour a déclaré que Sa Majesté avoit écrit une lettre de sa main à M. Necker et qu'elle prioH TAssemblée nationale de lui en écrire une également ; ce qui a été fait.

Monsieur le président a annoncé que Sa Majesté se rendroit le lendemain au vœu de sa capitale et qu'il désiroit y être accompagné d'ime nombreuse députation de TAssemblée na~ tionale. Il a été arrêté qu'elle seroit composée de 100 membres, dont 2S du clergé, 35 de la noblesse et SO des communes. J'ai été nommé de cette députation.

TaTois oublié de vous dire que cette fameuse journée avoit commencé par l'adhésion du reste des gentilshommes opposans, et qu'ils avoient déclaré que le bien de TEtat et de la Nation leur dictoit, quels que fussent leurs mandats, de prendre voix délibérative *. Si cette démarche eût été faite il y a quinze jours, elle auroit évité bien des malheurs à la France.

La députation s'est rendue à Paris et elle a attendu le Roy à la barrière de Chaillot *. Je ne puis vous donner qu'une foible idée du spectacle majestueux et terrible que nous avons eu sous les yeux depuis Chaillot jusqu'à l'Hôtel de ville. Il y avoit sous les armes 184.000 hommes, les uns armés de fusils, les autres de sabres, les autres de pics et de faux. Les ordres religieux avoient également pris les armes ; plusieurs portoient des drapeaux. Des Feuillants, des Capucins étoient armés de piques et de hallebardes. Cent pièces de canon étoient à la tête de toutes les rues et de tous les ponts. M. Bailly étoit à la tête du corps de ville ; il a présenté les clefs de la ville au Roy à son arrivée, et Sa Majesté, entourée des députés de la Nation, s'est rendue au pas jusqu'à l'Hôtel de ville. Le peuple n'a crié que : « Vive la Nation ! Vivent nos intrépides députés î » Le Roy monté à THôtel de ville et placé sur un trône qui lui avoit été préparé, le chef des électeurs de Paris ^ lui a adressé un discours, dont je ne puis encore vous rendre compte. Une phrase remarquable a fait frémir l'auditoire. 11 lui a dit : « La

1. Aretùvt» parlemenlairu, t. VI II, p. IM-Ul ; — A. Duqucsnoy, Journal, I, 2t5-229 : - Chuun, op. cit., l. Jll, p. 57Î-576.

2. MédériC'Loow-Elie Moreau de Saint-Mérf (1750-1819). membre du conseil supérieur de SuBt-Domingtie, président de l'Assemblée des Électeurs.

LE UÀRQUIS DK SILLBRY A M. DE SAVIGMT

nce, Sire, vous a placé la couronne sur la tête, et vous 5Z aujourd'hui de vos peuples, de cette brave Nation que 9sé calomnier ». Un autre électeur^ lui a dit que le peuple ris votoit un monument à Louis XVI, restaurateur de la &, sur l'emplacement de cette terrible citadelle qui avoît er sur les citoyens.

le Tollendal a prononcé un discours aux citoyens plein ur pour le Roy.

lortant de THôtel de ville, le Roy a été également escorté B députés. Pour lors, le canon a tonné dans toutes les un feu de mousqueterie s*est fait entendre, et jamais de plus magnifique et en même temps plus terrible n'a les yeux d'aucun être vivant.

]uinze jours la révolution du plus grand empire de la Test faite. Elle a coûté à TAngleterre cent ans de guerre, e 4 millions d'hommes, et l'intrépidité d'une partie des ^s de la Nation, en quinze jours, a fixé pour jamais la ; de la France... uis...

pas un éleclear, mais Bihis de Corny, procureur du Roi de la rille.

',??!Ffî-W'".^^ ■<

LETTRE DE «. DEUMARE DE CRUX A «. BICHUE, CURÉ D'AQON

Page 1