JUILLET
Notice. — Paris à la veille du 14 juillet.
Nicolas-Stanislas Delamare de Grux, né vers 1769, fils de Jean-Julien Delamare de Crux, avocat du Roi au bailliage de Coutances, fit pendant la Révolution trois voyages consécutifs à Paris : le premier, en 1789, pour soD agrément; le deuxième, en 1790, comme député de la garde nationale de Coutances à la fête de la Fédération ; le troisième, au mois de juillet 1792 « pour prendre les eaux de Passy ». Quelques lettres nous sont parvenues de ses deux premiers séjours dans la capitale. En voici une; j'en donnerai une autre un peu plus loin . Elles sont contenues toutes deux dans an dossier du Tribunal révolutionnaire, devant lequel furent traduits en 1793 MM. Delamare père et fils incriminés de correspondance avec un de leurs parents émigrés, J.-B.-F. Boudier de Vallemerie. Ils réussirent à se purger de l'accusation portée contre eux, mais leurs lettres sont restées jointes au dossier de raffaire.
De Nicolas-Stanislas Delamare de Crux à M. Bichue, curé (FAgon, près Coutances.
(Arch. nal.. W 276, does. Ti, n» 17.)
Paris, 14 juillet 1789.
Depuis longtemps^ je n'ai reçu de nouvelles de M. P*** Connaissant son exactitude, j'en suis on ne peut plus étonné. Je lui écris par cette même poste. Je crains que mes lettres ne soient pas exactement rendues. Si vous recevez celle-ci, je vous prie de lui faire savoir que je me porte bien malgré tous les dangers que l'on court ici. M. Necker a perdu sa place; il est parti de Versailles sans que personne l'ait su. MM. de la Luzerne et deMontmorin sont aussi disgraciés. M. de la Vauguyon est nommé au département des Affaires étran-
BLAMARB DB CRUX A M. BIGHUB, CURE D AGON
B Breteuil, aux Finances, et du même temps est seil du Roi. M. de Broglie est fait ministre de la ^néralissime des troupes avec plein pouvoir. Dès uvelles ont été sues à Paris, tout le peuple a pmes ; il s'est réuni aux Gardes françoises et plus de différens autres régimens. M. le prince de st avancé avec quelques régimens de cavalerie; Iques petits combats et plusieurs hommes tués de re. Le liasard a voulu <jiie je iTî*y trouve €t que je •e sans m'en douter. Au reste, je m'en suis tiré sain troupes se sont retirées à Sèvres. Le peuple , s'enrégimente. On ne peut paroîlre dans les rues îarde à son tîiiapeau. On est heureux d'être en proest plus tranquille qu*ici. Vale...
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