De M. le chevalier Desplas * au même
{Ibid., p. 1»M93.)
Cahors, ce 3 mars 1790.
... La soirée du 5, j'ai été occuper le poste de la voûte avec quatre de mes camarades, à la nouvelle de l'arrivée du peupk entre 4 et 5 heures. Nous avons été relevés à 8 heures Ensuite j'ai été mis en sentinelle à 9 heures et demie à Is grille, et j'ai été relevé à 2 heures pâ.ssées par M. Decour^ qui étoit de nuit. Pendant tout le temps que j'y ai resté, j'ai été
J . Je n'ai pu trouver aucun renseignement sur ce garde du corps de la compagnie écM saise. Peut-être s'agil-il de Antoine Desplas, fils de Bertrand Madeleine Desplas, aocici mousquetaire du Roi. Cette famille est en effet originaire du Queroy.
2. 11 doit s'a<;ir de M. de la Cour, garde de la compagnie écossaise.
AU COMTE DAOOULT 111
insulté par certaios de la populace, qui me disoient que nous ne serions pas demain à 6 heures à ces postes, que nous les avions gardés assez longtemps, qu'il étoit temps qu'ils eussent leur tour. Ils ont ajouté bien des invectives. Dans ce temps messieurs les députés sont passés et montés chez le Roy, Comme j'étois occupé avec le brigadier^ à tenir la porte, un de ces messieurs députés, craignant du train, nous a priés de les laisser faire. 11 s'est saisi de la porte, a feit entrer le reste de l'Assemblée et a repoussé ceux qu'il a reconnus n'être pas de la députa tion. Il nous a remis ensuite la clef. Lorsque ces messieurs sont descendus, plusieurs que je n'ai jamais connus mont pris par la main en passant tour à tour, et me la prèssoient, comme pour me dire qu'infailliblement nous allions devenir les victimes innocentes de ceux qui conduisoient cette trame.
Entre i i heures et minuit, M. de La Fayette est arrivé avec la troupe de Paris et est monté chez le Roy en passant par la grille, U m'a pris par la main et m'a conduit à dix pas de là, suivi de quatre de ses officiers; il m'a dit d'engager mes camarades jeunes gens d'être circonspects et de ne tenir ancuns propos indiscrets. Je lui ai répondu que j'étois assuré que mes camarades ne s'étoient permis aucuns propos, que j'avois vu que dans la journée, quelques heures avant l'alarme, ils n'avoient rien répondu à certains bourgeois de Versailles, qui les avoient insultés à leur passage en montant au Château. Le général me dit que sur toute la route de Paris à Versailles on crioit hautement qu'il falloit saper les Gardes du corps, qu'il étoit au désespoir, qu'il avoit été forcé la baïonnette sur la poitrine de venir à Versailles, qu'il alloit monter chez le Roy pour lui dire que les Gardes françoises vouloient reprendre les postes. Après cette conférence, me tenant toujours par la wain pendant tout l'entretien, il est monté chez le Roy.
Un moment après que les grenadiers ont eu pris les postes, les Gardes ont été relevés, et on n'a laissé que la sentinelle. Alors il s'est rassemblé derrière la grille beaucoup de peuple qui a commencé à m'invectiver par les propos les pJus outrageans. Comme j'étois à me promener tout le long du grillage, il s est avancé un personnage, de la taille environ de 5 pieds I pouce, car je l'aurai toujours présent; il m'a dit, d'un air de mystère, qu'il avoit quelque chose à me dire à l'oreille pour
I C« bh^dier était Paul-Louis-Elienne de Charmont, brigadier des Gardes du corps, de »» cwpagnte de Gramont {Pi'ooédwre iiuttwU, t. Il, p. 6-7).