‹ Lettres d'aristocratesChapitre 93 sur 541 · II. IIOREAU · texte numérisé non relu

II. IIOREAU

à M. de la Calprenède*, mon camarade. J'ai cru ment que c'étoit un avis qu'il vouloit lui donner, . Mais, par un heureux pressentiment, je lui ai it parler tout haut, qu'il ne m'étoit pas permis de si près ; et comme il insistoit, qu'il tâchoit de la confiance, j*ai vu à la faveur de la lune une portoit le long de son habit. Alors j'ai reculé de

rassurant que je ne pouvois pas m'avancer. î pouvoit réussir, il s'est retiré en me vomissant plus atroces, et en me disant que, si je l'évitois e Téviterois pas demain. Je n'ai rien répondu. A té relevé et j'ai passé le reste de la nuit au corps heures, nous sommes montés aux salles. Aussi-

avons été, on a relevé les postes et mis une e Gardes. Nous avons entendu du bruit dans la ivons été au bout de l'escalier avec nos armes r la populace de monter. Us n'ont rien écoulé; ant. C'est là que M. du Repaire* fut assommé de s de lance à la lêle. Gomme j'ai voulu le retirer i reçu un coup de massue sur le bras, et j'ai été idonncr et de' me réfugier à l'Œil-de-Bœuf avec

. — De M. Moreati^y au même.

[Ibid., p. 139-140).

De la Châtaigneraie, le 22 février 1790.

service à la salle du Roy, le 5, après la députalion la halle, vers les 5 heures et demie. Je fus

ième, pour renforcer le poste de la voûte.

[de* avoit fait relever son poste. Madame Vic-

nservé. Sur les 7 heures, on nous releva et tout Château. A 6 heures du matin, on demanda un

la Calprenède, garde du corps de la compagnie écossaise.

is Tardirct du Repaire, né en 1737, garde du corps de la conpagiùc >sition dans Procédure instruite, t. 1, p. 23-27.

e la compagnie de Luxembourg. Peut-être Alexis-Harie-Anne Uoresu e Saint-Louis, qui habitait bien la Châtaigneraie en Vendée.

le de France, quatrième fille de Louis XV (1732-1800).

>èse- Victoire de France, cinquième fille de Louis XV (1733-1799).

AU COMTE DAGOULT ii)

lj;arde de chaque compagnie à la salle du Roy. Je me trouvai là et je marchai. Je fus placé à la grille à gauche, et M. des Huttes adroite*. Il y avoit également de nos camarades à la voûte, et à la grille de la cour des Princes qui étoit ouverte. 11 se fît de ce passage à la voûte un courant de cette populace. Nous le traversâmes pour aller à nos postes. Je les regardois pour mon compte comme des étrangers qui cherchoient à satisfaire leur curiosité. Mais lorsque nous fûmes placés, cette multitude venoit contre nous, [vomissant] des imprécations, des menaces et des insultes en tout genre. Cependant cette troupe grossissoit. J'entendis du Château des voix qui nous crioient, quoiqu'il ne fût pas jour: « Chez le Roy! Sauvezvous ! » Il en étoit encore temps ; mais il me parut dur d'avoir Pair de fuir ces gens-là. Je continuai à marcher au pas vers le Château, lorsque j'entendis un de ces brigands crier: « En voilà un ! C'est un chevalier de Saint-Louis I » Et les voilà rendus sur moi. Us se saisirent de mon mousqueton dont je ne fis pas d'usage. Je fis cependant quelque résistance. Ceux qui étoient sur le balcon, voyant le danger que je courois, me crièrent : « Rendez vos armes î » Ce que je fis, et pour sauver mon épée, je la détachai du ceinturon. En même temps, un autre brigand me la saisit et m'ordonna de la lui rendre. Je la tenois de la main droite à la poignée, et de la gauche un peu plus bas. J'eus de fortes tentations ; mais ma prudence ne m'abandonna point, et je restai. Soit qu'il vît dans mes yeux ce qui se passoit dans mon âme, il me sembla que je Tintimidois. Je profitai de cet instant, je fis un effort et la lui arrachai des mains. L'instant étoit pressant et critique. Je cherche à gagner l'escalier. Le Suisse du bas de l'escalier, qui voyoit mon embarras, tint la porte ouverte et me reçut bien à propos, car une seconde de plus j'étois immolé. M. des Huttes ne fut pas aussi heureux. 11 fut massacré, pour ainsi dire, à mes côtés^ Au même instant, l'escalier fut rempli de brigands. Mes camarades qui étoient dans la salle du Roy sortirent sur le perron, le mousqueton haut. Le commandement fut fait très prudemment de ne pas tirer, et nous nous retirâmes tous dans la salle du Roy et de là à l'Œil-de-Bœuf...

1. François Pages des Huiles, née Vic-sur-Cère (CanUl) en 1753. était le second dos quatre ttirt» des Huttes qui servaient dans les Gardes du corps. C'est celui qui fut massacré (Cf. ■M acte de décès aui ArchiTos nationales, W 290, n9 179).

S. Des Huttes fut massacré vers 6 heures et ç|uart du malin. (Lettre d'un de ses frères, Kvde du corps cks la compagnie écossaise, do Vic-sur-Cère, du 30 février 1790. Arch. nal., 0 t», doss. i«0*", p. 127-li«).

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