Df M. de Varicottrt^ au même
{lbid.,p. 202-203.)
De Gex. le 7 mars 1790.
... Il est IrèsTTai, Monsieur, que nous étions de service à la ^^ grande salle, mon frère et moi, h l'époque de ces affreuses et
cruelles journées. Dans la nuit du 5, mon frère fut de ceux qui la passèrent aux appartemens. Ils n*en revinrent le lendemain 1: / que sur les 5 heures et demie. Je ne le pus voir qu'un moment,
1*1. ayant été obligé de me rendre au poste qui m'avoit été assigné
dans la cour Royale. Je vous ai mandé dans ma précédente tout ce qui m*y étoit arrivé et de quelle manière je m'élois soustrait à la fureur de ces forcenés.
J'avois donc laissé mon malheureux frt^rc à la grande salle. Voici comment, à ce qu'on m'a rapporté, il étoit tombé entre les mains de cette horde de brigands.
Fatigué de la nuit qu'il venoit de passer, il s'étoit endormi sur un des lits de la grande salle. Eveillé tout h coup par les cris de ces barbares, il s'étoit transporté sur l'escalier du Roy, pour s'opposer, autant qu'il pourroit, tant par les discours que lui suggéroient son amour et sa fidélité pour son Roy que par ses forces physiques, à ce que ces monstres ne pénétrassent pas dans la salle de la Reine et dans la grande salle. Mais ce fut en vain. Le langage de Tâme honnête et vertueuse ne pouvoit être entendu par ces forcenés qui ne cherchoient et ne demandoicnt que du sang et des victimes. Mon pauvre frère accablé par le nombre, le corps à moitié déchiré, fut traîné par les cheveux juscpie dans la cour Royale, le col coupé. Un grenadier de la milice nationale, qui est de ma province, me dit ravoir vu périr, et qu'il n'avoit pu le secourir. L'on m'a dil encore que ce qui avoit davantage animé ces monstres contre celte innocente victime étoit qu'on l'avoit pris pour M. le duc de Guiche.
Voilà les renseignemens qui m'ont été donnés sur la fin
\. Marie-Elicnne Rouph de Varicourt. lieulcnanl-coloncl de cavalerie, mourut, en 1779. laisMiil dJK eufatUs. dout plusieuis servircul dans ten <iardcs du corps. L'auteur de ceVlc l<*Urc C2»l pcul-élre Claude- Gabriel Houpli de Varicourl. f^arde du corps de la compa^uie Je Noailles. ?ou frère cadet, dont il racoiile la mort tragique, est ccrlaincmcul Frauçoiâ Houph de Varicourt, né en 1760, massacré le 6 oclobi-e (Archives nationales. W *»0, n» 179).
Un frère âft ces Varicourt, Pierre-Marie, n^ oo 1755. devint érèque â'Orléaim ^n 1817. Leur sœur, Kenée-Philiberte, avait épousé Charles, marquis de ViJIelte (1736-1793).
AIT COMTB D à^OULT llo
craelle de celui qui ne cessera de faire couler mes lairoes. Ali ! du moins sij'avois pu le secourir, recevoir son dernier soupir i Peut-être aurois-je été comrae lui victime de la fureur populaire ! Et que m'importe î Je n'aurois fait que d'avancer de quelques jours le terme de mon existence. Dans notre juste douleur, notre seule consolation, c'est qu'au moinâ notre Roy doit être persuadé de son amour et de sa fidélité pour sa personne...