De M. de la Roque de Saini-Tkurien^ au même
(76irf., p. 169-171.)
Pont-Audemer, le — 1790.
Le lundi S octobre, à 6 heures du soir, je fus mis en sentinelle à la grille, à l'arrivée des femmes de Paris, qui me donnèrent beaucoup de mal, voulant absolument parvenir au Château. Cependant, après s'être répandues en beaucoup d'injures qui s'adressoient au Corps, je parvins à les apaiser. Elles se retirèrent heureusement à ^ heures, je ne sais par quel hasard. Je finis ma sentinelle assez tranquillement.
A minuit, on vint me cliercher avec trois autres de mes camarades dans la salle de la Reine pour occuper les postes de la voûte jusqu'à 3 heures. Après que nous fûmes relevés, je pris un peu de repos jusqu'à 6 heures et un quart. La cour du Château et le grand escalier furent remplis de peuple armé de piques, de sabres et de fusils. Plusieurs de nos camarades, qui étoient dans la salle au nombre de cinq à six, furent au haut de f escalier, ainsi que quelques-uns de la grande salle, pour tâcher d'apaiser ces gens qui faisoient des cris épouvantables, et de les faire descendre. Mais aussitôt que ceux-ci les virent, ils crièrent que l'on mît bas les armes, fondirent en même temps sur eux et en massacrèrent deux ou trois, ce qui fit que les (tardes de la salle de la Heine rentrèrent au plus vite, fermèrent la porte le mieux qu'ils purent, et nous résolûmes d'entrer chez la Reine, persuadés que nous n'avions pas de temps à perdre pour la sauver. Effectivement, je n'étois pas encore entré, ainsi que quelques-uns de mes camarades, que la port<» qui donne sur l'escalier fut enfoncée. Mais un paravent, qui
f. ^'ieola* de U Roque àe Sainl-Tliurieu (anj. Sainl-Urieu, Eure), garde du corps do la compagnie Kcos^se, demeurait ea 1700 à Ponl-Audcmer. Voir »a dépoàilion devaiil la ! du bailliage do Font-Audemer dans /'roc^iiure. t. 111, p. Cl -64.