UNE LETTRE A MONSIEUR MONTET
A Monsieur Montkt, doyen de la Faculté protestante DB Montauban.
Paris, le Jeudi 17 César 68 (8 mai i856)
Monsieur,
Depuis le i^^ Février, je suis occupé d'un Traité de philosophie mathématique y que j'ai promis à mon public pour Octobre. J'ai résolu de dédier ce nouveau volume à la vénérable mémoire de M. Encontre, dont je m'honore d'avoir été l'élève en mathématique au Lycée de Montpellier, pendant les années 1812, i8i3 et 18 14. Ayant toi:gours habité Paris depuis la fin de cette époque, j'ai perdu la trace de mon ancien maitre,, qui mourut, quelques années après, professeur de théologie à Montauban, suivant les insuffisantes informations que je reçus alors. Voulant faire dignement revivre un nom qui n'aurait jamais dû s'éteindre, si nous n'étions pas dans une profonde anarchie mentale et morale, j'ai spécialement écrit, l'an dernier, à quelques personnes de ma ville natale pour savoir la date et le lieu de sa naissance et de sa mort^ avec la précision convenable à ma dédicace. Toutes mes démarches ont été vaines jusqu'ici, malgré les traces que son cœur et son caractère, pleinement au niveau de son esprit, devait laisser au sem d'une cité qu'il avait longtemps honorée et dont il fut toujours respecté.
33o LETTRE D* AUGUSTE COMTE
Ayant récemment appris que votre position vous permet de me procurer, mieux que personne, des renseignements certains et précis à cet égard, j*espère que vous voudrez bien me les donner, en y joignant le prénom, que je crois être Daniel, mais sans certitude. Ma dédicace, quoique devant figurer à la tête de mon volume, ne sera réellement écrite, comme la préface, que quand je Taurai terminé, c'est-à-dire vers la fin d'Août. J'espère que vous aurez ainsi le temps suffisant pour vous procurer des renseignements aussi simples, s'ils n'étaient pas immédiatement à votre disposition.
Outre la satisfaction de coopérer à la glorification d*un liomme de cœur et de têle, dont ses coreligionnaires doivent spécialement s'honorer, vous aurez par là mérité la reconnaissance d'un philosophe qui, dans l'ensemble de sa carrière exceptionnelle, s'est toujours félicité d'avoir reçu l'impulsion émanée de cet éminent et modeste penseur.
Salut et Fraternité.
Auguste Comte.
(lo, rue Monsieur-le-PrJnce).
Auteur du Système de philosophie positiçe
et du Système de politique positiçe.
Né le 19 Janvier 1798, à Montpellier.
OlIATftE LETTRES A MONSIEUR JOHN METGALF
PREMIÈRE LETTRE
A Monsieur John Metcalf, a New- York.
Paris, le Jeudi 3 Arlstote 68.
Mon cher Disciple,
Voire lettre du 6 Homère, que j'ai reçue Lundi, m'a profondément satisfait en confirmant les espérances que m'inspiraient les informations de votre éminent ami M. Edger. Je suis spécialement touché de vos dignes hommages envers l'angélique patronne à laquelle je dois une régénération morale, qui m'a seule permis de transformer la philosophie positive en religion de l'Humanité. La sincère appréciation de cette sainte influence me fournit le meilleur signe de la plénitude des conversions positivistes.
Je dois beaucoup approuver vos rapports naissants avec les catholiques de New- York et les efl'orts que vous faites pour les amener à la vraie foi. Mon récent Appel aux conservateurs; que vous avez déjà lu probablement, spécifie l'affinité spontanée entre le catholicisme et le positivisme, en caractérisant leur alliance religieuse pour réor*