‹ Lettres d'Auguste Comte à divers, pub. par ses exécuteurs testamentairesChapitre 17 sur 59 · CINQUANTE-CINQUIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

CINQUANTE-CINQUIÈME LETTRE

Paris, le vendredi aÔ Charlemagne 67.

Mon cher disciple,

Voici les trois reçus dus au mandat inclus dans votre lettre de samedi, qui m'est parvenue mardi. Sans être aucunement surpris des nobles sentiments qu'elle exprime, j'en suis aussi tomîTié que si vous ne m'aviez pas déjà fourni tant de preuves décisives de votre élévation morale, qui me garantit votre avenir intellectuel et social. La libre dime que vous m'offrez m'avait été spontanément offerte par deux autres positivistes, et l'une de ces offres remonte à trois ans. Mais toutes deux se rapportaient à des cotisations minimes; ce qui diminue, outre l'eilicacité matérielle, le mérite moral des deux sociétaires, en laissant incertaipe leur persistance dans une meilleure situation. De plus, vous êtes réellement le premier imitateur de l'admirable exemple laissé par Wallace. Peut-être la catastrophe du malheureux Yundzill vous a-t-elle fait spéci^ement sentir que les jeunes pouvant être subitement enlevés, il leur convient autant qu'aux plus âgés de prendre les précautions qui peuvent perpétuer leur patronage subjectif quand leur situation le permet. Quoiqu'il en soit, cet exemple décisif, proclamé mercredi par la lecture intégrale de votre noble lettre, déterminera; j'espère, tous ceux qui se trouvent assez indépendants à rendre au-. tant que possible leur coopération fixe et certaine.

1X66 LETTRES d'aUGUSTE COMTE

Mais, en espérant, comme vous, que mes embarras actuels seront bientôt surmontés, je ne puis entièrement partager votre indulgence et votre conlîance envers la plupart des souscripteurs au subside. Je sais qu'il existe autour de moi quelques éminents disciples aussi disposés que vous à remplir, suivant leurs moyens, leurs devoirs envers moi. Néanmoins ces cas sont rares, et même essentiellement individuels. Il n'existe aujourd'hui de garantie collective que dans le noble foyer hollandais, formé de praticiens habitués à des obligations journalières, et tous convaincus de la réalité du saint devoir qu'ils se sont imposé volontairement envers le fondateur de leur religion. La plupart des autres souscripteurs, même habituels, croient encore me faire une grâce et regardent mon mode de subsistance comme une sorte de mendicité, qu'ils ^'étonnent de voir tant durer.

C'est pourquoi je consacrerai ma circulaire de i856 à l'examen direct de l'institution du subside, q^e je n'ai traité qu'accessoirement jusqu'à présent. Alors je discuterai les deux subterfuges opposés par lesquels tant de gens qui se qualifient dé positivistes, se sont jusqu'ici dis* pensés de toute coopération au subside. En Angleterre, l'individualisme propre au milieu protestant, dispose des âmes dont quelques-unes sont vraiment recommandables, à regarder ma situation comme manquant de dignité, parce que je devrais, à leur avis, gagner ma vie par un travail indépendant de ma mission, quelqu'atteinte qu'elle dût en recevoir. On ne conteste point, en France, que je doive ôtri^ nourri par le public, de manière à pouvoir consacrer mes forces et mon temps à mon immense et difficile office. Mais l'égoïsme s'y dispense de coopérer à ce patronage en le regardant comme devant émaner du gouvernement, et proclamant l'espoir que les mutations politiques y réaliseront bientôt cette obligation, sauf à me laisser mourir de faim en attendant, à moins que des dmes ne m'aident par des motifs privés.

J'examinerai tout cela dans ma septième circulaire, où je

rappellerai la déclaration solennelle, qui, depuis trois ans, a fixé ma situation personnelle, d'après ma lettre publiée à M. Vieillard, constatant ma renonciation à toute place ou pension émanée d'un gouvernement quelconque, et ma résolution de faire uniquement reposer ma subsistance sur les libres cotisations de mes adhérents ou protecteurs.

Cette décision m'a seule permis de terminer mon principal ouvrage en demandant sans inconséquence l'entière suppression du budget théorique, comme une condition indispensable du régime préparatoire que mon proprç exemple avait d'avance motivé. Sans cette garantie d'indépendance et de vraie dignité, que je désirerais étendre à trois générations, le sacerdoce positiviste ne pourrait acquérir ni conserver la confiance qu'exige son ascendant régénérateur.

Il faut aujourd'hui insister sur ces conditions d'une situation mal appréciée, pour stimuler le zèle des vrais positivistes, chez lesquels le cœur est trop inactif, et démasquer les sophismes des faux, beaucoup plus multipliés, qui déjà veulent exploiter la nouvelle synthèse, sans participer aux obligations qu'elle impose. Qu'ils soient intellectuels ou sociaux, philosophes ou religieux, tous ceux qui me regardent comme ayant rendu de grands services, sont moralement obligés de concourir à me faire subsister, quand même ils croiraient que je ne puis plus être utile. Cette obligation collective se complique d'une dette individuelle chez ceux qui profitent de mes ouvrages pour leur élévation personnelle. La violation de ces devoirs mérite de ma part une flétrissure générale, qui, pourrait un^ jour se spécialiser envers les plus coupables quand ils ont une réputation à ménager.

Si j'insiste, une fois pour toutes, auprès de vous sur ces indications, c'est parce que je sais qu'elles y seront bien employées, en vous permettant de réfuter, ou de prévenir des sophismes que vous avez peut-être eu déjà plusieurs occasions de combattre. En me dispensant de nommer personne, je pense que vous avez maintenant reconnu qu'il

q6S lettres d'auguste comte

se fait plus d'efforts contre le subside qu'en sa faveur. Outre les calomnies directes, qui n'ont pas beaucoup de poids, on est allé jusqu'à tenter de détourner les souscripteurs par une attaque plus habile, en faisant courir le bruit, nullement cru des propagateurs «ux-mémes, que M. Vieillard me donnait la moitié de son traitement de sénateur. Aussi j'attache beaucoup d'importance à ce qu'on fasse connaître dans toutes les occasions vraiment opportunes, que par une anomalie dont j'ignore l'explication, mon civique patron ne fournit jamais un centime à mon subside, quoique je ne puisse nullement douter de la persistance et de la sincérité de son zèle, qui ne m'a jamais manqué, soit pour l'utilité publique, soit même envers des cas privés, sans m'avoir personnellement profité.

Mardi j'ai terminé mon Appel aux conservateurs, en faisant à notre chef actuel l'invitation solennelle de se proclamer dictateur perpétuel de la République Française, avec le choix de son successeur à l'époque qu'il jugera convenable, suivant le principe sociocratique. Je compte lui faire personnellement remettre par M. Vieillard, un exemplaire spécial, sans aucune lettre, sauf la suscription : Au Fondateur de la Dictature trançaise, respectueux hommage de l'auteur. £n faisant l'envoi, mon billet pressera M, Vieillard d'insister sur la lecture de l'opuscule, dût son ancien élève la commencer dans la conclusion. Dimanche je commencerai ma préface, qui sera finie le surlendemain. Outre la dés^iation militaire, qui doit en occuper le tiers, j'y saisirai l'occasion de témoigner ma reconnaissance envers le régime trop méconnu de la Restauration, sous lequel je vis paisiblement surgir mes méditations les plus fondamentales, dignement accueillies à leur début, avant que les lettrés se fussent spontanément concertés contre leur essor. Ce prélude sera pleinement conforme à la préférence, systématisée dans tout l'opuscule, que j'accorde aux rétrogrades sur les révolutionnaires. Quelque indignation que ceux-ci puissent en ressentir, je dois dignement témoigner les regrets que m'inspira la chute

du régime le plus honnête, le plus noble et le plus vraiment libéral, de tous ceux sous lesquels j'ai vécu ; bien convaincu que, si le coup d'état du ^5 juillet i83o avait réussi, nous aurions eu, vingt ans plus tôt, le gouvernement des conservfiteurs républicains unis aux républicains conservateurs, pour nous délivrer de la fatale oscillation entre les démagogues rétrogrades et les rétrogrades comme l'explique mon Appel.

La copie ci-jointe (que vous pouvez garder) dont j'ai donné lecture mercredi, vous apprendra l'heureuse démarche que je viens de tenter, sous l'impulsion graduellement résultée de mon culte quotidien et des inspirations surgies devant la sainte tombe, dans mes visites hebdomadaires. Cette initiative a déterminé sur le champ une excellente réponse, à laquelle hier j'ai convenablement répliqué. Voilà donc, en une semaine, grâce à l'admirable accélération des postes, mes liens de famille reconstitués de manière à ne plus comporter, j'espère, aucune altération puisque j'ai secrètement fait d'avance tous les sacrifices pécuniaires qu'on pourrait désirer, en sorte que je puis désormais repousser sans aigreur toutes les explications ou allusions qu'on tenterait à cet égard. Ma malheureuse sœur est aussi comprise dans mon intime réconciliation que mon cher père, qui va commencer sa huitantième année. J'oublie les torts résultés de la vtdgarité de l'un et de la sécheresse de l'autre pour ne penser qu'à nos liens et déplorer la présente situation des seuls parents qui me restent. Il est tellement pénible d'entretenir de mauvais sentiments, quelque fondés qu'ils puissent être, que je me félicite d'avoir pris une initiative qui me rend maître de la situation mutuelle.

Vous, qui, connaissant le cas d'une manière spéciale, deviez être particulièrement informé de la transformation, vous ne manquerez d'y reconnaître une nouvelle confirmation de l'aptitude directe du culte positif à perfectionner notre conduite en développant nos meilleurs instincts, afin de consolider l'unité, d'après une liaison croissante

ajO LETTRES D AUGUSTE COMTE

entre la vie privée et la vie publique, suivant la loi générale de révolution individuelle ou collective : L'homme devient de plus en plus religieux.

Tout à vous.

(lo, rue Monsieur-le-Prince.)

A M. Louis Comte a Montpellier {copie conforme,)

Paris, le i8 Charlemagne 67 (Jeudi 5 joiUet i855.)

Mon cher Père»

En approchant de la vieillesse» j'éprouve le besoin de témoigner combien je regrette la looigae interruption de^ nos relations. Quant à ma sœur, je dots seulement me souvenir du grand service qu'elle n'a jamais cessé de me rendre en vous consacrant toute son existence. Si mes embarras matériels n'entravaient pas la liberté propre à ma situation définitive, je viendrais bientôt offrir et recevoir les affectueux témoignages, qui nte manquent depuis tant d'années.

Votre lîls respectueux.

Auguste Comte.

(10, rue Monsieur-le-Ppince.)

P. S. — Quoique je cesse, pour la première fois de ma vie, de vous tutoyer, j'espère que ce changement ne suscitera point de méprise. 11 n'est dû qu'aux réflexions qui me font finalement regarder le tutoiement comme n'étant pas assez respectueux envers un père, malgré qu'il convient à l'égard d'un fils.

CINQUANTE-SIXIÈME LETTRE

Paris, le jeudi i8 Dante 67.

Mon cher disciple,

Répondant immédiatement à votre lettre, sans doute, je dois d'abord vous féliciter d'avoir dignement surmonté le juste dégoût que devait vous inspirer votre épreuve universitaire. La noble carrière à laquelle vous venez de vous consacrer, mérite bien cette condescendance envers Toppression pédantocratique. Malgré s^s lacunes et ses vices, cette carrière est aujourd'hui celle qui convient le mieux aux positivistes plus aptes à la théorie qu'à la pratique. D'après son heureuse indépendance, surtout en France où. la discipline des corporations s'y trouve dissoute, sa tendance vers le vrai sacerdoce peut se développer librement, principalement chez ceux que leur aisance personnelle dispense de toute àpreté. C'est pourquoi je conseille la profession médicale à la plupart des jeunes positivistes qui ne sont pas nettement voués à la vie industrielle, commes entrepreneurs ou travailleurs.

Je dois aussi me féliciter d'apprendre que votre excellent confrère M^. Fisher, persiste sérieusement à choisir cette carrière, mieux appropriée à sa nature que celle de chimiste praticien qu'il avait d'abord en vue. Si, cependant, il ne peut surmonter les préjugés de son vieux père envers le séjour à Paris, il fera sagement d'accomplir ses études médicales à Manchester, sauf à venir recevoir le

doctorat ici pendant sa dernière année d'apprentissage.

Depuis quinze jours, j'ai reçu de lui, datée de Milan, une excellente lettre, où. se félicitant de votre entrevue, il me charge de vous en témoigner sa satisfaction. Il doit revenir ici, vers la mi-septembre, pour y passer une ou deux semaines avant de rentrer à Manchester.

L'importance de l'acquisition que le positivisme a faite en lui, me conduit à vous signaler le pas capital que vient de réaliser ailleurs notre propagande britannique. Il s'agit de Textention décisive qui s'est récemment accomplie dans le foyer américain, dont je vous ait fait connaître l'existence à Long-Island (New- York). Jusqu'ici réduit à son chef, il vient d'acquérir un éminent prolétaire, qui maintenant réside, comme charpentier, à New- York, où les ouvriers "commencent à sentir son influence. D'après les renseignements que le disciple fondateur Edger me donne sur la conversion de M. Metcalf, celui-ci me semble fort , analogue à M. Magnin, mais avec cinq ou six ans de moins, et surtout avec l'avantage d'avoir débuté par la religion positive en sortant de ja sécheresse protestante, ce qui le garantit mieux des habitudes révolutionnaires. Son langage, indiqué par les citations de ses lettres au chef de ce foyer, me rappelle celui des sodats de Cromwell, qui combinaient admirablement l'enthousiasme religieux et l'activité politique. Tous deux vont figurer dans la première cérémonie positiviste qui s'accomplira de l'autre côté de l'Atlantique, pour conférer le sacrement de la présentation à la jeune enfant, récemment née, à M. Edger, dont la foi sera pleinement caractérisée d'après sa résolution spontanée de la nommer Sophie Clotilde, en l'honneur de mes deux patronnes. En apprenant ce choix, j'ai transmis à M. Edger la délégation spéciale qui l'autorise à me remplacer pour cette consécration, où je ne crains pas que le caractère paternel altère la dignité sacerdotale. Cet*événement m'ayant conduit à mieux examiner le cas américain, la philosophie de l'histoire, appliquée avec la précision spécialement demandée par les besoins pratiques.

LETTRES D*AUGUSTE COMTE Si^S

m'a dévoilé la destination propre au prolétariat, que nos amis de New- York vont assurer. Là se trouvent, surtout à Boston, New-York et Philadelphie, les descendants des nobles prolétaires qui, dignes coopérateurs de Cromwell se transportèrent en Amérique pour se préserver de Toppression oi:^ de la dégradation anglicane. Ils n'ont jusqu'ici trouvé dans leur nouvelle patrie qu'une seule occasion de manifester et développer leurs aspirations sociales, en combattant pour l'indépendance américaine, essenliellement due à leur dévouement. Mais le positivisme les fera surgir, au milieu d'un industrialisme corrupteur, en liant la révolution avortée en Angleterre à celle que la France accomplit depuis deux générations. Quand ils seront animés par une doctrine organique, ils utiliseront la liberté propre à la situation américaine, en allant dignement réveiller dans la mère patrie, un prolétariat engourdi sous Tanglicanisme et l'aristocratie. En même temps ils propageront la religion positive chez les américains méridionaux, et d'abord au Mexique, en développant les affinités catholiques, admirablement caractérisées d'après les lettres de M. Metcalf, choisissant l'église catholique de New- York comme siège de son culte pour l'Humanité, faute d'un temple positiviste, et se plaisant à s'y retracer les antécédents que le catholicisme fournit au positivisme. Mon heureuse addition au calendrier positiviste, de Tincomparable indienne Marina comme adjointe de Jeanne d'Arc, vient de me fournir un moyen de prouver à là race mexicaine qu'on s'occupe d'elle à Paris, malgré l'oppression qu elle subit.

Par cette addition à celle d'Actius, à titre de dernier romain, au noble Alexandre Sévère, se distinguera Idi septième édition de notre calendrier, dans mon Appel aux conservateurs , où j'ai formellement demandé le Panthéon, afin d'y célébrer en soixante-cinq fêtes annuelles, le culte concret de l'Humanité qui peut se réduire aux types hebdomadaires et mensuels, auxquels je saurai rattacher facilement [es meïllenvslypesqnolidiens. Cet opuscule terminé

le 17 juillet, s'imprime avec activité sans aucune réclamation de M. Thunot. Je continue d'espérer qu'il paraîtra vers le milieu d'août.

Votre proposition sur l'obligation de souscrire au subside positiviste sera naturellement connue de nos confrères, d'après là lecture que je leur ferai, mercredi procliain, de votre dernière lettre, comme de la plupart des précédentes. Mais, en adoptant ce principe, je crois qu'il faut seulement l'appliquer à l'avenir, sans aucune application rétroactive à ceux qui furent admis parmi nous en un temps où cette coopération n'était pas jugée obligatoire. Quelqu'étrange que soit devenue leur conduite, il en faut attendre la rectification de leur conscience et du contraste avec la plupart des autres membres. Ce ménagement convient d'autant mieux que quelques-uns des non souscripteurs sont à tout autre égard, de dignes positivistes, et ne s'abstiennent du subside que par la vanité blâmable qui les détourne d'y mettre peu, tandis que leur situation les empêche d'y fournir beaucoup. Il ne faut d'ailleurs nullement espérer, ni même souhaiter, que tous les souscripteurs s'agrègent à la société positiviste, où Je veux de plus en plus concentrer les croyants éprouvés, en prévoyant que le subside pourra bientôt être sérieusement assisté par des âmes étrangères à notre foi, mais convaincus de la nécessité d'encourager tous les dignes efforts pour la réorganisation spirituelle.

Il vous sera doux d'apprendre que la réconciliation dont je pris, il y a un mois, Theureuse initiative est maintenant complète. C'est de ma sœur qu'est parvenue la réponse à ma seconde lettre, et j*ai tout lieu d'être satisfait de la sienne, à laquelle j'ai cordialement répliqué. Je me place ainsi sous son entière discrétion pour tout ce qui concerne l'héritage, envers lequel je saurai même écarter amicalement toute offre ou tentative d'explication. Si cet abandon me suscitait des pertes matérielles, ce qui d'ailleurs reste incertain, j'en serais amplement dédommagé par la satisfaction que fait éprouver l'élimination des mauvais

sentiments, quelque motivés qu ils soient. En faisant consister le progrès humain, individuel ou collectif, dans le développement et la consolidation de Tunité, je sens de plus en plus combien elle dépend surtout de Tessor continu des instincts sympathiques, aussi, quand à la fin de février, le père de Mme de Vaux alla rejoindre sa fille dans la tombe sacrée, je pris, devant elle, la résolution de pardonner, en nos deux noms, à son indigne frère, s'il me fait la moindre ouverture. Madame Comte est maintenant la seule personne envers laquelle le soin de mon repos me prescrive une inflexibilité rigoureuse, parce que }%, connais sa disposition à ne regarder les concessions qu^l^ pourrais lui faire (surtout la permission de m'écrire) que co4|KP^e des acheminements à de funestes tentatives d'usurpeMine confiance imméritée.

Si ma sît^tion matérielle était meilleure, je céderais prochainement aux instances qui me sont sincèrement faites depuis 1^ ^conciliation pour aller passer deux ou trois semaines chez o^es seuls parents objectifs. Mais tant que le subside nest pi^ mieux assis, je dois, outre la dépense, m'interdire une l^lle absence, qui pourrait empêcher ou retarder des contacts importants. Je vais donc me borner à Tenvoi de mon buste pour la Saint Louis, jour de la fête de mon père alors au début de sa huitantième année.

Tout à vous.

Auguste Comte.

(lo, rue Monsieur-le-Prince.)

Page 1