‹ Lettres d'Auguste Comte à divers, pub. par ses exécuteurs testamentairesChapitre 22 sur 59 · SOIXANTE-DEUXIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

SOIXANTE-DEUXIÈME LETTRE

Paris, le jeudi ii Frédéric 67,

Mon cher disciple,

D'après votre avertissement d'avant-hier, que j'ai reçu ce matin, je vous enverrai dimanche par la poste, pour transmettre à Reschid-Pacha, les deux derniers tomes de ma Politique Positive et mon Appel aux conservateurs.

Mes distributions politiques de cet opuscule vont maintenant commencer, puisque je viens d'accomplir la plus importante, que Fabsence de M. Vieillard avait retardée. Je vous envoie ci-joint une copie que vous pouvez garder, de la lettre décisive que cette communication m'a fait écrire. Elle peut, j'espère, fournir le type du mélange de réserve et d'indépendance que le nouveau pouvoir spirituel doit toujours garder en s'adressant au pouvoir temporel; car vous sentirez aisément que, quoique formulée envers M. Vieillard, elle est, au fond écrite pour notre dictateur, auquel je pense qu'il saura spontanément la montrer.

Tout à vous.

Auguste Comte.

(10, Pue Monsieur-le-Ppince.)

3oO LETTRES d'aUGUSTE COMTE

A Monsieur le Sénateur Vieillard a Paris. (Copie conforme.)

Paris, le lundi 4 Frédéric 67 (12 Novembre i855.)

Monsieur,

J*attendais votre retour pour vous envoyer les deux exemplaires ci-joints de mon Appel aux Conservateurs» publié depuis le commencement de septembre. D'après cet opuscule les hommes d'état de tous les partis peuvent sommairement apprécier l'aptitude du positivisme à concilier radicalement Tordre et le progrès, en faisant toujours coïncider la discipline et la consécration.

Quand vous aurez lu l'exemplaire qui vous est destiné, je vous prie d'offrir l'autre à votre puissant élève, en lui témoignant ma reconnaissance pour la salutaire domination qui permet aux vrais philosophes de poursuivre dignement les méditations régénératrices. Sept heures d'attention peuvent ainsi lui faire assez sentir que la synthèse universelle est maintenant capable d'inspirer des conseils réellement applicables à la politique usuelle, qui manque à la fois de principe, de base et de but, faute d'une conception de lavenir déduite de l'explication du passé. Dût-il même se borner d'abord à lire la conclusion qui n'exige pas plus d'une heure, il y serait, j'espère, frappé de la proposition décisive dont l'adoption peut seule préserver la France et par suite tout l'Occident, de nouveaux orages, quand la dictature qu'il a fondée changera de mains.

Sans jamais chercher des contacts auxquels je suis peu propre, je dois toujours fournir les éclaircissements et les conseils qui me sont convenablement demandés. Ce devoir général m'est surtout prescrit envers quiconque se trouve en mesure d'utiliser mes communications pour le salut pu-

blic. Je suis donc prêt à développer avec une r déférence les explications, écrites ou verbal lecture de cet opuscule pourrait faire souhaite Salut et Fraternité.

Auguste O (10, rue Honiienr

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