‹ Lettres d'Auguste Comte à M. Valat ... 1815-1844Chapitre 14 sur 38 · VS · texte numérisé non relu

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aux diverses observations que tu me fais à cet égard, afin de n'avoir pas à revenir sur ce sujet.

Comme je tiens infiniment à conserver toute ton estime, permets-moi de relever l’inexactitude de tes assertions sur ma vie pécuniaire. Tu dis que j'ai tort de prêcher misère quand j’ai 250 à 300 francs par mois à ma disposition, et tu pars de cette réflexion pour me demander en ami si je n’ai pas contracté quelques goûts ruineux. D'abord, je ne sais où tu as pu calculer que j'ai 250 à 300 francs de revenu par mois. Probablement tu me supposes encore dans l’heureuse et courte passe où j'étais chez M. de Saint-Simon; mais tu rabattras de ce compte en songeant que je n’ai que deux écoliers à 3 francs le cachet, et dont l’un ne prend lecon que tous les deux jours : ce qui fait, tout bien pesé, 120 francs par mois. [l y a loin de là à 250 et 300. Ajoute à cela que je suis encore obligé de demander quelques petites choses à mon père, mais qui, un mois dans l’autre, ne vont pas au delà de 40 à 50 francs. Tu penseras facilement qu'avec cela on peut encore prêcher misère quand on est à Paris, et que tes 120 francs à Béziers ont au moins autant de valeur que mes 170 ici, surtout étant, comme tu l'es, je crois, logé gratuitement. Je crois donc qu’à bien pousser le parallèle, on pourrait prétendre que tu es plus riche que moi. Quant à la question que tu m'adresses sur mes goûts, je te dirai qu’ils ne sont pas plus ruineux qu’auparavant, et qu’ils le sont même beaucoup moins, parce que depuis que je suis amoureux je ne dépense rien en filles, et que je suis actuellement assez blasé sur les spectacles pour que ce divertissement ne moccasionne que fort peu de dépenses; mon su-

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