‹ Lettres d'Auguste Comte à M. Valat ... 1815-1844Chapitre 16 sur 38 · LORS · texte numérisé non relu

LORS

les temps de relâche et ne soupirent qu'après l'heure de la séance ; qu’en outre, l'instruction est infiniment plus rapide et plus économique par ce procédé. Un enfant d’une intelligence médiocre apprend à lire, à écrire (leur écriture à tous est parfaitement belle), et à compter, en moins de quinze mois, et les parents en sont quittes pour un déboursé de 6 francs dans tout ce temps-là : les frais ne sont presque rien, puisqu'il suffit d’un seul maître pour quatre ou cinq cents élèves, et même pour mille en Angleterre. Enfin, je ne finirais pas si je voulais te faire connaître tous les avantages intellectuels, moraux et politiques de cette méthode; je te dirai en deux mots que cette découverte me paraît destinée à faire époque dans la suite tout comme l'invention de l'imprimerie. Malgré les obstacles opposés à cette innovation, elle n’a pas cessé depuis trois ans de faire de rapides et continuels progrès ; il s’en organise par toute la France, dans toute l’Europe, et jusque dans la barbare Russie. On a étendu à Paris les applications de ce procédé, et il s'est formé un grand nombre d'écoles pour enseigner aussi la musique et les langues vivantes. On se propose même de l'appliquer à l’étude des mathématiques élémentaires. Je serai peut-être fourré dans cette innovation, car je serai probablement chargé, si les arrangements me conviennent, de composer un livre à cet effet. Je t’en instruirai si cela se fait. Je parie que dans le fond de ton et de mon Languedoc tu n'es guère au courant des événements littéraires. Il est vrai qu'ils valent rarement la peine que l'on se donnerait pour les connaître. Cependant la publication de l’ouvrage posthume de Mn: de. Staël doit avoir percé jus-

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