‹ Lettres d'Auguste Comte à M. Valat ... 1815-1844Chapitre 24 sur 38 · MORE · texte numérisé non relu

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sorte qu’il n’y en a pas un seul en vente. Du reste, je n'en suis pas fâché, car c'était contre mon avis que la première partie de mon premier volume était publiée sans la deuxième, et de fait il n’en sera pas ainsi. Alors, quand j'aurai terminé la deuxième partie (c’est-à-dire dans deux ou trois mois), comme je suis désormais entièrement libre de ma conduite par le fait de cette rupture, je ferai paraître tout le premier volume à la fois, et ce sera seulement dès lors qu’aura lieu la publication régulière par la voie de la librairie. Ceci ne doit donc être regardé que comme une sorte de communication anticipée et confidentielle à quelques personnes, et, dans ce sens, je n’en suis pas fâché, car cela prépare à merveille l'opinion publique.

Je n’ai pas besoin de te parler de l’objet de mon ouvrage : tu en jugeras bien mieux par toi-même. L'idée principale est, comme tu le verras, que la politique doit aujourd’hui et peut devenir une science positive et physique, traitée à la manière de l'astronomie, de la chimie, etc.; que mon ouvrage a pour but de la faire ainsi; que c'est là le seul moyen de terminer l’époque révolutionnaire dans laquelle nous sommes encore, en faisant converger tous les esprits vers une doctrine unique; que, par là, se manifestera un nouveau pouvoir sprituel capable de remplacer le clergé et de réorganiser l’Europe par l’éducation; et enfin que, jusqu’à ce que la formation de cette doctrine soit terminée, on doit s'abstenir avec soin de toute tentative directe de réformation dans les gouvernements existants; et que ceux-ci doivent essentiellement avoir en vue cet objet, tout en facilitant, s’ils sont sages, par quelques mesures

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