NOÉ
A Monsieur VALAT, à Rhodez Paris, le 16 juillet 1825.
Je te dois mille excuses, mon cher ami, d'avoir été aussi longtemps sans t’écrire. Mille embarras, les uns agréables, les autres pénibles, m'ont privé de ce plaisir. Mais j'espère que ton indulgente amitié n'hésitera pas à m'accorder mon pardon, en faveur de l’heureuse nou- velle que je dois t’annoncer aujourd’hui. Je pars ce soir pour Montpellier, afin de présenter ma femme à mes parents. Nous ne comptons pas y rester plus de quinze jours, ayant ici beaucoup d’affaires urgentes. Maïs jespère que ce temps sera suffisant pour que, anticipant un peu cette fois sur tes vacances, tu me procures le plaisir de t’'embrasser. Ton proviseur ne sera pas assez cruel pour nous priver d’une satisfaction si longtemps attendue. Aussi je ne t'en dis pas davantage, étant trèspressé, et comptant bientôt sur un plus long et plus doux entretien. Que de choses nous avons à nous dire! Adieu, à notre très-prochaine accolade.
Ton ami pour la vie, ATE COMTE.
XXIHII
A Monsieur VALAT, à Rhodez.
Paris, le 16 novembre 1825.
Il y a bien longtemps, mon cher ami, que j'attendais avec la plus vive impatience une de tes lettres. C’est depuis mon retour à Paris, et par conséquent depuis trois mois. J’allais me décider à t'écrire, ne comprenant rien à ce long silence, quand j'ai reçu ta lettre du 28 octobre, que j’ai lue avec une extrême satisfaction. Je t’en supplie, mon cher ami, qu'il n’y ait plus de telles lenteurs dans notre correspondance. Si tu savais quel prix j'y attache! Si tu savais combien j'ai besoin (au milieu de tout le fracas de cette ville, qui n’est pour moi qu’un désert puisque je n’y suis entouré que d’indifférents) de sentir qu’il y a quelque part, quoique malheureusement à deux cents lieues de moi, quelqu'un avec qui je sympathise pleinement de cœur et d'esprit, tu ne serais pas si avare de tes lettres. Tu sauras tout, un jour, je l'espère, lorsque le bizarre cours des événements nous permettra enfin un long et libre épanchement direct, — car c’est un roman que le fond de ma vie, et un fort roman qui paraîtrait bien extraordinaire, si jamais je le publiais sous des noms supposés.— "Fu sentiras alors, cher ami, combien
ta correspondance m'est nécessaire. Jusque-là, croism'en sur parole, je t’en conjure, et traite-moi en conséquence. Tu me crois heureux ; je le suis en effet, sous certains rapports, sous tous ceux qui dépendent essentiellement de mon organisation et de mes antécédents; mais sous d’autres je ne souhaite pas à mon plus cruel ennemi un pareil bonheur. Tout ceci est une énigme pour toi, je le sais bien, mais plus tard elle s’expliquera. Si dès ce moment tu en devines quelque chose, je te prie de le garder dans le plus profond de ton âme, même pour moi, jusqu’au moment où nous nous en entretiendrons formellement.
J'ai exprimé à ta mère, que j'ai eu le plaisir de voir à Montpellier, combien vivement j'étais affligé du contre-temps , heureux pour toi cependant, qui nous privait d’être quelques jours ensemble. Conviens, mon cher ami, que nous sommes bien contrariés par la marche de notre existence. Comment, venir, après deux cents lieues, passer quinze jours à vingt lieues de toi etame pouvoir pas seulement t’embrasser, et tout cela tenant à une différence d'époque très-minime, c'est assurément jouer de malheur. J’en suis d’autant plus peiné que te voilà selon toute apparence fixé pour jamais, ou, du moins pour longtemps, en Languedoc, et que moi je ne vois pas quand j'y pourrai réellement retourner, même en visite, quoique pour consoler mes bons parents je leur aie promis d’y revenir l’année prochaine. Le séjour de la province n’a nullement plu à ma femme, et si on l’a trouvée charmante à Montpellier, cet effet n’a pas malheureusement été réciproque. Et cependant je n’y voudrais pas aller sans
elle, d'abord pour moi, et ensuite pour le mauvais effet que cela produirait sur mes parents, et, certes, avec quelque raison. J'espérais beaucoup de cette visite pour faire naître et fortifier, de part et d’autre, le désir de se revoir, et c’est même uniquement pour cela que je me suis déterminé à y aller cette année, ce qui m'a singulièrement dérangé sous plusieurs rapports, et spécialement sous le rapport financier ; je ne comptais y aller que l’année prochaine. Or, admire mon heureuse étoile, ce voyage, si inopportun pour moi dans ce moment, je n’en ai pas même retiré le seul résultat qui me l'avait fait entreprendre; et j'en suis même quelquefois à me dire qu'il eût été préférable , même sous ce rapport, de ne pas le faire. La divergence des caractères, des mœurs, des habitudes, s’est trouvée trop grande pour résister à l'essai d’une relation directe etintime, et jen’ai recueilli, pour prix de mon beau plan, qu’une tendance mal déguisée à un éloignement de plus en plus grand. Ilya faute certainement de part et d'autre; mais de quel côté est le plus grand tort, la plus grande inflexibilité d’humeur, et peut-être même la plus grande rivalité d’influence, c’est ce que je n’entreprendrai pas de décider aujourd’hui; la discussion en serait trop longue. Toujours est-il, de fait, que je n’ai pas atteint mon but. Je suis d’autant plus affecté de ce pénible fruit de mes efforts, que je t’'avoue, mon cher ami, que le bonheur que j'ai éprouvé pendant quinze jours (et auquel il n’a manqué que ta présence) a vivement pénétré mon cœur. Jamais je n'avais aussi vivement ressenti la satisfaction de passer quelque temps, libre de tout soin, dégagé de tout foyer d'intrigues et de corruption, à savourer le plaisir de
voir réunis autour de moi tous les objets de mes aïfections, tous, sans en laisser aucun derrière moi, comme il m'était arrivé auparavant. Cet effet a été si profond sur moi qu'il m'avait inspiré le désir de venir me fixer à Montpellier, si j y pouvais trouver une existence convenable. Je suis aujourd’hui bien revenu du séjour de la capitale; il est sans doute indispensable pour inspirer et alimenter l’activité intellectuelle, dont toute la source est là pour la France entière. Mais la résidence que j’y ai faite jusqu'ici me suffisait pour cela. Tant que je n’ai pas eu arrêté irrévocablement un large et solide plan de travaux pour toute ma vie, j'avais besoin de ce frottement continu des esprits, de cette atmosphère intellectuelle, pour prendre tout mon développement moral. Mais aujourd’hui il n’en est plus ainsi; j’ai nettement et fortement établi dans mon cerveau un plan de travaux capable de fournir et au delà à la vie morale la plus active, dût-elle durer cent ans encore ; dès lors, le séjour de Paris ne m'est nullement nécessaire; ce que j'y ferai, je l’exécuterais tout aussi bien maintenant dans une caverne des Alpes, à l'abri de tout contact; je n’utilise 1c1 désormais que les secours matériels de travail qui s’y trouventaccumulés, et qu'on peut aujourd’hui se procurer assez aisément, au degré suffisant du moins, dans quelque pays que ce soit. Mes véritables relations ne sont pas verbales, elles sont écrites ; elles consistent dans mon action sur les têtes fortes disséminées dans les diverses parties de l’Europe et dans la réaction qu’elles exercent sur moi. Tu vois que tout cela s’arrangerait à présent aussi bien à peu près à Montpellier qu’à Paris, En un mot,
ce n’est plus maintenant hors de moi que je puis trouver la satisfaction de mes grands besoins intellectuels ; c’est essentiellement et presque uniquement en moi. Dès lors, tous les séjours me deviennent, sous ce rapport, à peu près indifférents. Je suis bien certain désormais que mon activité morale ne sera pas comprimée même par une atmosphère plus obscurante que celle de Montpellier, tandis qu'il y a trois ou quatre ans encore je n’en aurais pas répondu. Enfin, cher ami, suffisamment approvisionné maintenant contre les besoins de l'esprit, c’est de ceux du cœur que j’ai surtout à m'occuper pour compléter l'assiette de ma vie morale. Or tu le sais peut-être, ce n'est pas ici en général que se trouvent les grandes ressources à cet égard, encore moins pour moi. On n’a pas le temps d’être attaché à Paris ; la vie y est trop dissipée, trop superficielle; l’égoïsme et la corruption trop dominants pour cela, et, malheureusement, il n’en est pas de ces besoins comme de ceux de l'esprit, pour lesquels toute tête forte peut finir par ne dépendre que d'elle-même. Pour le cœur, la mutualité, les contacts humains sont indispensables d'une manière continue, Comme tu connais un peu ce monde frivole et sans caractère moral, tu me croiras aisément quand je te dirai que depuis onze ans de séjour permanent je n’ai formé ici aucune liaison réelle, quoique j’y puisse voir et même fréquenter, si je le voulais, un fort grand nombre de personnes. Je suis resté, comme j'étais en arrivant, avec mes affections de famille et mes amis d'enfance. Plus j'irai, plus il est vraisemblable même que je serai forcé de m'isoler toujours davantage ; ce n’est pas cependant la confiance et
l'abandon qui me manquent, comme des gens qui me connaissent superficiellement le pensent ; tu sais, toi, le contraire, bien positivement. Bien loin de là, j'irais, et je n'ai même été que trop ici, au-devant des affections sincères et profondes; et, jusqu’à présent, plus d’une expérience m a péniblement averti ici de me prémunir contre cette tendance. En un mot, mon cher ami, je me suis tristement convaincu que rien au monde ne saurait remplacer les affections pures et si sublimement dépouillées de tout égoïsme qu'on trouve dans sa famille et dans les amitiés contractées aux premières années de la vie, avant que le développement de l’amourpropre, de la rivalité, de l'opposition des intérêts et des positions, ait rendu impossible tout attachement profond. ‘lu sens que je ne parle ici que des attachements d'homme à homme, les seuls complets, les seuls vraiment durables, les seuls où la sympathie puisse être entière, et qui, malheureusement, sont de beaucoup les plus rares. Enfin, cher ami, mon cœur a des besoins aussi forts que ceux de mon esprit; ceux-ci sont pleinement garantis désormais ; je n’ai donc qu'à songer aux autres, et après avoir tout examiné avec cette profonde attention que peut inspirer une recherche dont dépend le bonheur de l'existence entière, j'en suis revenu à penser que le meilleur parti, le plus praticable, serait de vivre dorénavant au sein de ma famille. Juge donc quel cruel et profond regret je dois éprouver en pensant que cet espoir m'est interdit; car, je ne m’abuse pas, la question est maintenant décidée d’une manière irrévocable, et je n’y dois plus penser. Quand même toutes les conditions matérielles (qui cependant
ne sont pas peu nombreuses et peu inaccessibles pour moi) seraient maintenant remplies, quand même j'aurais, en outre, l’acquiescement de ma femme, cela ne saurait se réaliser; des relations purement politiques ou diplomatiques n’atteindraient pas mon but, et même, quand je pourrais m’en contenter, le développement des discordances, qui résulterait forcément de la fréquentation continue, les aurait bientôt détruites. Cette douce perspective est donc perdue pour moi depuis ce fatal voyage; il ne peut pas même me rester l'illusion, car je ne puis m'empêcher, malgré moi, d’employer ma triste intelligence à voir le fond des choses, même quand il est aussi pénible. Il ne me reste d’autre plan que celui de concentrer le plus possible toute mon existence morale dans mes travaux intellectuels, précieuse mais insuffisante compensation, et de renoncer ainsi, sinon à la plus éclatante, du moins à la plus douce partie de mon bonheur. C’est le parti que j'ai pris et que je tâcherai de suivre, autant que le permettront les diverses tendances de mon organisation.
Je sens, mon cher ami, que le ton sur lequel je t’écris aujourd’hui est bien peu convenable dans l’heureuse disposition d'âme où tu te trouves maintenant. Puissestu la conserver longtemps! Je l’espère ; et du moins il y aura un heureux sur nous deux, et ton bien-être complet me consolera un peu de n’en pouvoir espérer qu’un partiel. Ta mère m'avait annoncé ton prochain mariage, et je me félicite qu’il soit accompli, puisque tu es heureux. Il me tarde de connaître ta femme et de lui faire sentir combien vivement la part que je prends à ta destinée s’est étendue sur la sienne. Du caractère calme
bot
et réservé, quoique très-sensible, que je te connais, je ne doute pas que tu n'aies fait un excellent choix. La position et les antécédents de ton Adeline me paraissent fort convenables, et je suis fort aise que tu aies eu égard à cette condition de bonheur, dont l’influence est beaucoup plus étendue que la frivolité mondaine ne peut le concevoir dans ce siècle philosophique, où, à force de laisser librement raisonner toutes les têtes, même les plus légères, sur les plus importantes et les plus difficiles questions de la vie, on a fini par révoquer en doute et dédaigner comme des préjugés toutes les maximes morales qui ne portent pas sur les points les plus grossiers et dont l’appréciation passe un tant soit peu la portée des intelligences les plus bornées. Je ne suis pas étonné qu'on t’ait parlé à Montpellier de l'esprit et du bon ton de ma femme, qui a effectivement beaucoup de l’un et de l’autre, et de la qualité la plus disunguée. Mais je te sais de trop bon sens et de trop d'expérience pour croire que tu fais consister le bonheur dans cet éclat, et pour craindre que tu aies attribué dans ton choix à ces qualités une plus grande importance qu’elles n’en ont réellement. L'esprit et le goût sont assurément fort commodes à rencontrer pour un homme de mérite dans la compagne de toute sa vie, et je ne lui voudrais certainement jamais une femme bornée ou mal façonnée; mais entre nous. ces qualités sont peu de chose pour le bonheur réel. Aujourd’hui, vu le genre d'éducation et de position sociale des femmes, la femme la plus spirituelle et la plus raffinée (à moins qu’on ne parle des anomalies à la Staël, qui ne sauraient être le sujet d’une règle générale, et qui ont d’ailleurs
bien d’autres inconvénients propres) n’équivaut, au bout du compte, tu l’avoueras, qu’à un homme assez secondaire, avec seulement beaucoup plus de prétentions. Tels sont les faits, à tort ou à raison. L’essentiel est (en supposant toujours, bien entendu, une certaine dose d'intelligence et d’instruction, sans laquelle il ne saurait y avoir contact réel), l'essentiel, dis-je, est l’attachement, le dévouement de cœur et la douceur de caractère, avec le genre de soumission que peut lui inspirer le sentiment de la supériorité morale de son époux, et qui puisse suffire pour étouffer à sa naissance tout vain désir de domination. Si avec cela on peut avoir des principes, de bonnes habitudes morales, de bons exemples domestiques, le bonheur est assuré et on peut se consoler de n’avoir pas le plaisir d’une dissertation plus ou moins spirituelle et plus ou moins juste sur le mérite de telle pièce, de tel roman, de telle actrice et de tel poëte. Et remarquons bien, cher ami, que ce dernier genre de conditions est fort difficile à combiner aujourd’hui avec un esprit de femme fort distingué. Il ne manque pas maintenant de gens qui ont assez d’esprit pour ne pas croire en Dieu, et il n’y en a guère qui en aient assez pour s’être recomposé sur d’autres bases une morale fixe et positive, capable d’influer utilement sur la vie et de produire autre chose que des argumentations.
Tu sens, du reste, mon cher ami, que l’ensemble de conditions que Je te souhaite, et que j'espère que tu as rencontré, je ne prétends l’appliquer qu’aux hommes de mérite; car pour les gens ordinaires, le mieux est, très-souvent, que leurs femmes leur soient assez supé-
rieures pour les conduire sans hésitation, comme ils doivent l’être pour leur plus grand intérêt. Enfin, cher ami, le résumé de ma théorie, c’est que pour le bien de toute société, d'un ménage comme d’un empire, pour la paix, qui est, dans un cas comme dans l’autre, le premier des biens, il faut par-dessus tout qu’il y ait unité de direction ; or, dans le cas d’un homme de mérite, cette unité ne peut, du moins aujourd’hui, se trouver dans la femme, qui ne saurait lui étres upérieure, et qui, si par hasard elle lui était égale, deviendrait son rival le plus direct ; il faut donc alors une certaine médiocrité intellectuelle, qui, liée à un caractère convenable, puisse comporter cette subordination volontaire que nous n’admettons jamais envers un inférieur, ni même envers un égal. Voilà ce que je voulais te dire sur ce point capital. Peut-être te demanderas-tu : dans quel but cette discussion ? — Dis plutôt cet épanchement; et alors tu auras trouvé le mot, peut-être, que je te supplie, en tout cas, de garder pour toi dans ce moment, jusqu’à ce que je t'en parle directement.
Je continue à m'occuper fortement de la seconde partie de mon livre, mais quelques occupations nécessitées par le soin de mon existence matérielle, et sur lesquelles je te donnerai la prochaine fois quelques détails, m’empêcheront de la terminer aussi promptement que je le désirerais et que je l’espérais ; néanmoins je crois pouvoir t’assurer que dans trois mois, ou quatre au plus, je pourrai t’adresser mon volume entier, dûment et définitivement publié. En attendant, je continue à recevoir de nouvelles marques du bon accueil que recoivent et recevront mes idées dans tous les esprits distingués de
toutes les parties de PEurope. Entre autres détails qu’il serait trop long de te citer, du moins aujourd’hui, je me bornerai au plus récent. Je viens de recevoir avanthier une lettre de Berlin, de M. Bucholz, professeur d’histoire à l’université de cette ville, que je n’ai jamais vu, mais auquel, sur sa réputation, j'avais fait tenir mon livre. Sa lettre est on ne peut plus flatteuse, et il se montre grand admirateur de mes travaux, dont il regarde le succès comme assuré en Allemagne. Une singularité assez piquante, c'est que ce professeur, ignorant mon adresse, a mis pour toutesuscription : « AM. Aîe Comte, auteur du système de politique positive, à Paris», et que la lettre m'est parvenue, quoique ayant été remise à un ex-ambassadeur prussien qui me l’a apportée et dont j’ignorais jusqu’à l'existence; ce qui fait un honneur infini à sa sagacité topographique. Mais cette histoire ne vaut pourtant pas encore celle de la lettre d’un brahme : « Au chevalier Isaac Newton, en Europe, » et qui parvint à son adresse,
Adieu, mon cher ami;Jje ne finirais pas, si je m'écoutais, un entretien si doux pour moi, et qui m'est une si précieuse compensation à d’autres chagrins. Tu vois que je t'écris currente calamo, le cœur sur les lèvres : imite-moi, et surtout promptement. Présente à ton Adeline l’assurance d’un respectueux etsincère attachement, et crois-moi pour la vie ton ami,
ATE Core.
Ne m'en veuille pas si la majeure partie de ma lettre est sombre et mélancolique : je n'ai pas eu l'intention de te faire un épithalame, mais de me procurer un doux