‹ Lettres d'Elvire à LamartineChapitre 14 sur 15 · LETTRES D'AYMON DE VIRIEU · texte numérisé non relu

LETTRES D'AYMON DE VIRIEU

J'ai rencontrérautrejourMadame de Drée, elle vint à moi et me parla tout de suite de MadameCh.EUe l'a soignée tout le tems de sa maladie et m'a dit que c'était elle quilavait engagée à voir un prêtre. C'est le curé de Saint-Germain-des-Prés qu'elle a appelé. 11 paraît que c'est un ecclésiastique fort respectable. Ses soins ont donné beaucoup de consolation à Madame C. Madame de Drée m'a dit que M. Charles avait à me remettre des papiers de la part de sa femme, j'ai été chez lui, il m'a remis un paquet de tes lettres enfermées dans deux enveloppes sur lesquelles il y avait : Papiers appartenant à M. de Virieît â lui re- 7uettre, et séparément tes élégies et ton petit portrait encadré. J'ai causé longuement avecluisur celle que nous regrettons tous les deux. Elle a commencé à être plus souffrante à peu près à l'époque où j'ai quitté Paris. M. Alain la ramena fort malade, elle eut des attaques de nerfs très pénibles. M.Alain t'a sans doute raconté exactement les détails de sa maladie. Il paraît qu'à cette époque son caractère ne s'aigrit pas précisément, mais devint d'une sensibilité exaltée qui la faisait beaucoup souffrir elle et les personnes qui la soignaient; elle s'était comme

APPENDICE

tu le sais séparée de sa femme de chambre d'une manière qui a dû lui être bien pénible. Il a fallu la remplacer. On en trouva une première à laquelle elle ne put s'accoutumer; une seconde lui fut aussi désagréable dans le commencement ; mais ensuite celte jeune personne qui est d'un excellent naturel s'était à ce qu'il paraît beaucoup attachée à elle malgré l'espèce de sévérité qu'elle éprouva. Elle a fini par regagner si bien la confiance et l'affection de sa maîtresse que celle-ci n'a pas eu de soin plus pressant pendant ses dernières minutes que d'assurer son sort, elle a témoigné ce désir à M. Ch. et celuici la gardera chez lui tant qu'il vivra. Cette fille est douce, soigneuse et très forte, de sorte que ses soins ont été on ne peut plus utiles à Madame Ch.

En tout elle a été très bien soignée de toutes façons pendant les derniers tems de sa maladie. M. Ch., Mesdames de Drée et de Sausay, M. de Bonald, M. Alain et même M. et M""' Mounier qui ont été très bons et très attentifs pour elle, il ne lui a manqué que nous deux. J'ai commandé tes cahiers l'un en papier vélin blanc, l'autre en papier gris. Ils s'ouvriront à l'italienne, comme tu le demandes, mais je ne vois pas pourquoi tu les veux ainsi. Ils m'auraient semblé plus commodes autrement, c'est-à-dire s'ouvrant comme ton cahier d'élégies. Je t'enverrai en même tems quelques cahiers de papier à lettre que Madame Ch. avait commandé et que j'ai trouvé chez son papetier. Je partage avec toi ceque j'ai trouvé. Je n'ai pas encore vules Mounier. J'y vais ce soir qui est leur jour. Pendant toute la maladie de Madame Ch. elle n'a cessé de prendre le plus grand intérêt à la politique, cette pensée et ses souvenirs d'amitiés l'occupèrent consternent. Dans des moments où

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