‹ Lettres d'Elvire à LamartineChapitre 9 sur 15 · LETTRE DE BONALD · texte numérisé non relu

LETTRE DE BONALD

nécessaire de la combattre. L'impression clandestine et la publication répandue sous le manteau donne un air de libelle à la production qui en est le plus éloignée, et peut me faire soupçonner de mendier des éloges. Quant à moi, cette impression n'est pas sans inconvéniens dans ce moment, elle m'ôte un caractère de simplicité dans la conduite à laquelle je tiens beaucoup et peut affaiblir la persuasion où l'on est que je défends la cause que j'ay embrassée par conviction et non par aucun motif de vanité ou par aucun désir de gloire. Je parle aux Chambres ou dans mes écrits, hors de là je cache ma vie, et je désirerais que le public ne prononçât pas même mon nom. C'est une broderie sur l'habit qui ne le rend ni plus chaud ni plus commode. J'ai d'ailleurs assez excité de haines, je suis destiné sans doute à en exciter encore davantage. Ne leur faisons pas dire que je quête des admirations, et attendons que le moment vienne où M. de L. M. en la publiant (car je ne veux pas priver son nom de l'honneur qui doit lui en revenir), pourra dire que je me suis opposé à ce qu'elle parût, lorsqu'elle ne pouvait qu'attirer l'envie sur moi et la haine sur lui. Vous entendrez ces motifs, Madame, et M. de L. M. aussi, mais ce qui me flatte encore plus que ses vers, quelque flatteurs qu'ils soyent, c'est la satisfaction de penser que nos âmes s'entendent et j'ay, non pas jeté, mais développé dans son bon esprit les germes qui y étaient de toutes les doctrines bonnes et élevées, et que j'ai pu à de si grandes distances m'entretenir avec lui.

Vous avez peut-être déjà vu notre ami le cher Marignié. Je lui ait écrit à Bordeaux, il m'a répondu de cette ville, il partait pour Paris et sa première

APPENDICE

sortie devait être pour Viroflay. Tous mes amis sont plus heureux que moi, mais je leur sais bon gré du plaisir qu'ils se donnent et qui vous fait passer quelques instants agréables. Je joinsici mes observations sur chaque strophe.

i'^ Strophe. A la place de Juda dans l'avant-dernier vers, je mettrais l'hébreu qui est aussi noble et qui évite la répétition du mot Juda, dans la même strophe.

2^ Strophe. Au lieu d'éblouissantes^ qui peut se prendre en mauvaise part, je mettrais radieuses ou tout autre mot.

Même strophe. F^)//^ vaudrait peut-être mieux que rideaiL.

3^ Strophe. Rien à changer.

4" Strophe. Au lieu de justice éternelle^ je mettrais raison éternelle. La raison est la théorie et la justice l'application.

5^ Strophe. Je n'en aime pas les deux derniers vers. Le vulgaire est aujourd'hui moins méprisable que des gens qui ne se croyent pas du vulgaire. J'aimerais autant :

« Et que ton âme noble (ou calme) et fière « Dédaigne ces vaines clameurs. »

Ou tout autre.

(f Strophe. Au lieu de lâches idoles, je mettrais viles, ou frêles, etc. La cinquième strophe commence par mais quoi, la 6^ par eh quoi, il faudrait éviter cela.

7^ Strophe. Rien à changer, sinon à l'avant-dernier vers, fêtes au lieu de temples. Une fête peut être impie et non pas un temple.

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