‹ Lettres d'Eugènie de GuérinChapitre 11 sur 69 · Vo\(>7 la U'Urvi suivanto · texte numérisé non relu

Vo\(>7 la U'Urvi suivanto

être lues, et où frères, ni voisins, ni voisines ne doivent mettre le nez.

Adieu, ma très-chère, je vous embrasse pour vous punir; ne m'empêchez pas de vous dire que je vous aime; mes souvenirs à mesdemoiselles vos sœurs, el vous, recevez comme vous pourrez ce paquet de douce-amère que vous envoie votre amie.

A LA MÊME

2S juillet 1833.

Votre petite épître, chère amie, m'a fait le plus grand plaisir; je vous vois toujours bonne et aimante, et vous souvenant de m'écrire même en faisant un examen. Je vois avec plaisir que l'âme ne vous fait pas négliger le cœur, et que vous trouvez du temps pour tout; ce que c'est que de savoir bien l'employer î

Au reste, croyez, ma chère, que celui que vous donnez à l'amitié n'est pas perdu, et que même il vous comptera pour le ciel. Les minutes que vous me donnez sont autant d'aumônes qui m'enrichissent de tendresses et de mille excellentes choses. Votre dissertation sur l'orgueil, par exemple, m'a fait l'eflet d'un sermon. Continuez, montez en chaire, faites le Guyon, peut-être vous me convertirez enfin à l'hu-

milité. J'en suis si loin encore, que vous aurez longtemps à prêcher, tant je suis aveugle; vous avez beau dire, je ne vois pas que j'aie sans cesse à me défendre du démon de la vanité. Où voulez-vous qu'il se plante, a' moins que ce soit sur nos chênes? Je ne vois rien qui le puisse loger. Je sais bien qu'il se fourre partout, mais je vois aussi que vous vous arrêtez un peu trop sur ce péché capital en examinant votre conscience. Je n'y pense pas tant, et n'en ai pas peur aussi comme vous.

Que faites-vous dans cette saison à la ville? Je vous croyais depuis longtemps à Convers. L'air des champs est si bon et fait tant de bien, que n'allezvous le respirer? Je plains vraiment ceux qui n'ont pas en été un petit nid sous la feuillée. On est si ' bien là ! Vive la campagne. Si nous avions l'église à notr3 portée, je me trouverais en paradis dans nos bois.J\Iais c'est encore un agrément, si l'on veut, que ce petit pèlerinage du dimanche, il fait diversion aux jours de la semaine; on rencontre en chemin des figures endimanchées, des enfants grandis depuis huit jours; on reçoit des tidisias de tous côtés; tout cela amuse, fait plaisir. Bien souvent ma sœur ou moi passons le dimanche avec Françoise*, la plus gracieuse personne qu'on puisse voir. Nous parlons de Lisle, de Cahuzac; elle, qui connaît toutes les sœurs de presbytère, a toujours quelque sainte anecdote à nous raconter.

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