‹ Lettres d'Eugènie de GuérinChapitre 19 sur 69 · A M. LIMER · texte numérisé non relu

A M. LIMER

rxKé d'angles.

ïô juin 1838.

Monsieur,

Que je vous remercie d'abord d'avoir bien voulu nous donner des nouvelles de Françoise; son pied nous inquiétait, et je désirais bien savoir ce qu'il était devenu. J'avais presque peur qu'elle ne l'eût perdu en route, et ce n'était pas peu triste de penser que Franroise ne marcherait (ju'à cloclie-pied et ne

l. On. le (lu M. Limer, curii d'Andillac.

D'EUGÉNIE DE GUÉRIN. 10b

pourrait plus passer les montagnes pour venir nous voir. Je suis donc enchantée de ce que vous nous dites de bon, et de pouvoir espérer que ce pauvre pied cheminera encore du côté du Gayla.

Cela me fait vraiment plaisir; mais je vous cr. veux à vous, monsieur, qui êtes cause de ce mal au pied et de bien d'autres que vous nous avez faits sans pitié, comme de nous enlever Françoise. Jamais je ne vous pardonnerai vos complots, ce que vous appelez petite ingratitude et qui n'est rien moins qu'une haute trahison. Aussi suis-je ^^ortée à vous en appliquer la peine ; mais je me souviens de ce que l'on doit à l'Église, et puis ne faut-il pas pardonner? Voilà que la charité me désarme, et si bien, monsieur, que je me sens disposée à venir signer un traité de paix dans votre presbytère lors de mon voyage aux montagnes. Nous avons arrangé cela avec Françoise, mais je ne sais quand nous le pourrons faire. Papa est encombré d'ouvriers et ne pourra de longtemps m'accompagner à Rayssac, d'où je ferais ma descente chez vous. C'était ainsi convenu, mais fjui dispose des événements?

Le départ de M. Bories * en est un fort triste pour le pays et pour nous, tout le monde le regrette, je veux dire tous les braves gens; les autres voient toujours partir un ])n'tie avec joie. Cette nuit, on a chanté de nouvelles sottises au curé de Vieux. C'était

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