I. Femme du géographe de ce nom
Ki LETTRES
Puis les de Maistre et les connaissances qu'ils me font faire, en voilà plus qu'il ne m'en faut.
Oh! que je vais me reposer au Gayla! Le contraste sera d'autant plus senti qu'il sera plus frappant, du tourbillon de Paris au calme des champs, du roulement des voitures au petit bruit des charrettes, des bruits de Paris au coucouroucou de nos poules. Je vois dans cela un grand charme, mon cher papa, sans parler de vous et de Mimin ; qu'il me tarde de vous embrasser! L'on me traite toujours bien ici et je suis partout l'enfant gâtée. Ma santé est bonne, ne soyez en peine pour rien sur moi. Comment vous traite l'hiver dans le nouveau salon? sans «ioute mieux que dans la salle. Wolff est-il banni du parquet? Maurice voudrait le savoir. Passant du salon à la cuisine, dites-moi si nos gens vont bien. Je regrette la perdrix.
Merci à M. le curé de la santé qu'il a bue pour moi, c'est preuve de souvenir. Qu'il me tarde de le lui rendre avec le vin du Gayla! Nous buvons ici du vin de Bordeaux. Comment que soit le vin, vous ferez bien d'en envoyer une barrique. Me voilà loin de M. le curé, et je voulais avant de le quitter me recommander à ses prières et lui demander j)ourquoi I:i chapelle est encore ouverte. Adieu; le déjeuner est servi, puis voilà qu'il faut partir. Toutes mes iimitiés à ma tante, à Gaillac, partout où sont nos amis. Je vais écrire à Antoinette. Louise me mande que vous devez aller à Rayssac. Je vous conseille
d'attendre son retour de Castres. Puis, il fait bien roid en ce moment aux montagnes. Que savez-vous d'Euphrasie et de la pauvre Pulchérie? Je suppose que M'"* Facieu va bien et tout le monde d'Andillac. Impossible d'écrire davantage. Garo et tous vou? embrassons.
A M"<= LOUISE DE BAYNE.
Paris, 9 mars 1839.
Que n'ai-je les bras assez longs, ma bien-aimée Louise, pour vous embrasser partout où vous êtes ! Toujours bonne et aimante, vous m'écrivez de Lastours ; vous pensez à venir me distraire du milieu de vos distractions. Vous avez compris que j'étais triste ; c'est vrai, mon amie, je l'étais et le suis encore. Maurice, mon tant cher Maurice m'inquiète depuis longtemps. La fièvre, la maigreur, la pâleur, l'insomnie, le sans-appétit : mon Dieu, que cela fait souffrir! Faudia-t-il perdre ce cher frère? Cette crainte m'est dans le cœur, et se nourrit de pressentiments, de bêtises qu'elle quête, comme d'avoir rêvé cercueils chaque nuit de mon voyage à Paris dès que je m'endormais, d'avoir rencontré le jour de la noce un char funèbre faisant chemin parmi nos voitures de noces. J'ai beau renvoyer cela, le balayer,
ts
ça m'est resté comme une vision. Dites ce que vous voudrez de mes idées noires, et priez Dieu pour votre amie de Paris.
J'étais en peine sur vous, en attente, et vos chères lignes me font dans ce moment un bien infini. C'est si doux, si consolant de vous entendre! Vos récits ont un charme que vous me prodiguez à plein cœur. Oh! merci, amie, merci, c'est si bon d'être aimé ainsi! Après Dieu, rien n'est meilleur en ce monde, je vous assure. J'ai fait l'essai du monde, qui ne me vaut rien. On n'y trouve que vide et apparence. Mes idées se sont grandement étendues làdessus, et plus que jamais j'ai le goût des champs, de la vie retirée, du petit cercle de famille. Pourvu qu'il ne s'y fasse pas un ^dde ! Si Dieu le veut, nous serons au complet cet été au Gayla.
Nous comptions partir au printemps, mais les affaires et la pauvre santé retiennent. Il est incapable de supporter le voyage d'ici à quelque temps. Il se remet après la secousse : son médecin le trouve mieux tous les jours. Espérance encore, espérance! Que serait la vie sans cela ? La petite femme soigne son mari avec un soin admirable. Amour et dévouement, voilà cet ange indien; ajoutez une dévotion ardente, et vous aurez l'idée de cette créature charmante. Le monde, qu'elle enchanterait, ne l'enchante pas du tout. C'est presque un être idéal. Un esprit vif, une intelligence perçante, ses grands yeux voyant tout; pai bonheur ils sont bleus, couleur du
ciel, ce qui les rend célestes, et fait que... Je vous dirai ce que qui me regarde, et ne vous l'écrirai pas. J'allais le dire, mais le voilà rentré en plume. Ce tuyau contient bien des choses; mon amie, qu'aurions-nous pour les tête-à-tête?
Mais vous, votre chute, votre double chute, je n'en ai donc rien dit? Pardon, bonne amie, ma mauvaise charité a commencé par moi-même. Dites, diies-moi ce qui vous est resté, et à la comtesse, de tous ces chavirages, écorchures et brisures? Savezvous que c'est affreux de vous avoir vu emporter par des chevaux, et renversées, jetées je ne sais où dans la nuit! Mon Dieu, quel malheur ne pouvait-il pas s'ensuivre! Je vais dire un Te Deicm, car si vous êtes en vie, c'est par grâce. Votre bonne tante a dû être bien effrayée de vos visages meurtris ; mais que de soins, d'attentions, d'amitiés! remèdes qui guérissent tout. Votre vie de Castres vous plaît dans cette bonne et spirituelle maison de Lastours. Je suis heureuse de vous y savoir; restez-y longtemps, consolez les aflligés, cette pauvre mère qui ne peut se consoler. Il y a en cela œuvre chrétienne et distraction de vos propres douleurs, de ce deuil qui vous a empêchée de vous plaire aux plaisirs du monde. Ces mots que vous me dites me peignent votre cœur, tout plein de regrets et démondanisé. « La prière, ajoutez-vous, me ponsole; quand j'ai prié, je sens que je suis mieux. » Que Dieu vous bénisse de parler ainsi, de vous faii'e sentir par expérience qu'il est le
seul soutien de l'âme ! Nous avançons, amie, dans la piété; entretenez-la par des lectures réglées soir et matin. De l'ordre en tout. Les religieux, dans leur monastère, ne se soutiennent que par la règle; ainsi de chaque âme, encore plus pour celles qui sont en plein dans le monde, un peu mobiles et variables de leur nature.
Ceci me fait penser qu'il y a à Castres une fille pieuse que j'aime, que je connais, Françoise Limer, sœur de notre ancien curé. Elle aurait plaisir de vous voir, et vous m'en feriez beaucoup de lui porter mes souvenirs. Vous la trouverez dans la maison de M"* de Villeneuve. Dites-lui qu'à Paris je n'oublie personne. De cela n'en doutez pas, Louise. 0 mon amie, si je pouvais vous voir, vous parler, trouver quelque allée de tilleuls pour nous y promener, je vous dirais, vous demanderais bien des choses; vous savez que nous nous mêlons, que nos causeries vont de l'une à l'autre. Ainsi nous faisons avec ma Louise d'ici, M'"* de Maistre, avec la différence non du cœur, mais d'une santé en ruine, d'une organisation (fui oi)lige aux ménagements les plus délicats, les plus craintifs. Mes moindres peines lui font mal. Cette bonne famille va quitter Paris, et ma chère Ilenriettc-Marie me presse fort de la suivre â la caml);ignc, me proiiictlant de me faire joindre Maurice à son dépail pour le Cayia. J'avais d'autres projets, d'aller avec Érembert, qui nous quitte Hors Paris, ma pensée ne se phiît qu'au Cayla, et mon Paris
D'EUGENIE DE GUERIN. -iôl
n'est pas la grande ville, il est dans trois personnes. Le cœur me presse d'en suivre une, ma charmante malade. Je ne sais ce que je ferai ; ce qui est sûr, c'est que je partirai bientôt. Ne me répondez pas que je ne vous dise où je suis. Mes chers ermites du Cayla ne seront pas fâchés de me revoir. Quel bonheur si nous arrivions tous ! Ces Benjamins qu'on laisse gâtent fort la joie de revenir vers son père. Voilà la vie : épine et fleur.
Je vais aux églises et sermons tant que possible : cela fait du bien, on en sort toujours avec quelque bonne pensée et meilleur courage. Nous entendîmes dimanche M. de Ravignan à Notre-Dame. C'est une curieuse chose à voir, cette assemblée d'hommes, cette mer de peuple débordant l'immense cathédrale pour écouter une voix, mais quelle voix! De temps en temps quelque âme ébranlée , quelque jeune homme, dans le doute ou la conviction, va trouver l'orateur pour se confesser. Au reste, on court avec fureur à tous les spectacles, et M"* Rachel attire au moins autant de foule au théâtre que M. de Ravignan à Notre-Dame. Je ne suis pas étonnée de l'engouement des Castrais pour cette jeune merveille. Ceux qui l'ont vue en sont ravis. Elle est laide pourtant. Je le tiens de ceux qui l'ont vue de près. Hélas ! que c'est profane en Carême ce que j'écris...
Je n'oublie pas les chères sœurs des montagnes. Adieu ; aimez-moi ; écrivez-moi tout de suite, si vous voulez me trouver à Paris.
A M. DE GUÉRIN
[Paris, mars et avril 1839.J
... [Ce bout de lettre vous] dira, mon cher papa , que je suis à côté de ma pauvre amie la malade., attendant l'arrivée de M. Dupanloup. C'est aussi en attendant que, voyant un encrier, je continue de vous écrire aux dépens de la sacristie. Mais je mettrai un sou au tronc pour mon encre et pour mon papier, car j'en vole une feuille pour faire suite à celles-ci, si nous restons longtemps seules. Il passe de temps à autre quelque paisible abbé ou sacristain, qui nous regarde, et semble assez étonné de ce bureau improvisé dans la sacristie. Mais la protection de M. Dupanloup nous protège, on n'a besoin que de le nommer ici pour sauf-conduit. 11 est déjà venu, et nous a quittées pour la retraite au séminaire, dont il est supérieur. Je lui demanderai à voir le petit Combes. Cela vous fera »ire ; cet épisode dans ma vie de Paris me restera.
Jamais pareille semaine sainte, toujours en agitations, en courses. Andillac vaut mieux que Paris pour le recueillement; mais Dieu est partout et en tout, si l'on veut l'y trouver et le voir. Mon pauvre cher pai)a, j'ai bien prié pour vous dans ces beaux monuments de Notre-Dame, de Saint-Uocii et autres.
que nous avons visités. Je pensais à la simple petite chapelle d'Andillac où vous étiez. La chapelle neuve aura servi, je pense, de tombeau, ou de paradis comme on dit ici.
S'il fut rien de décousu, de grilTonné, c'est assurément cette lettre commencée, quittée, reprise en lant d'endroits. A présent chez Maurice, après une pose de cinq heures pour mon portrait : ce bon M. Augier a voulu absolument le faire pour vous. C'est pour vous aussi que je me suis laissée faire. Au moins vous revenir de quelque façon. Mon cher papa, vous me verrez en peinture arriver avec Éran, qui, lui aussi, s'est fait peindre, et plus heureux que moi, va vous revoir, vous embrasser, vous parler de Paris, de tant et tant de choses, de ce voyage et longue absence.
La mienne va se prolonger plus que je ne croyais; mais vous voyez, pouvais-je refuser à nos si bons amis ce qu'ils me demandaient avec tant de droits d'attendre? On vous en saura gré, je vous assure.
Je vous rapporterai le petit cahier^ auquel vous tenez tant. Il est entre les mains du comte Xavier, ce qui fera sa plus grande gloire. J'ai donc été présentée à cet homme célèbre d'esprit et d'amabilité, qui m'a paru aussi gracieux que bon. 11 aime sa cou-
1. Caliicr sur lequel M"' de Guérin avait écrit, pour obéir à son père, quelques-unes do ses poésies. Il portait ce titre : PclilM Chants.
sine, et sous son patronage je devais être bien reçue. Nous l'avons trouvé seul dans sa chambre, lisant l'ofTice de la semaine sainte. Digne frère de son frère Joseph , il doit être religieux. Il se console ainsi de 5on chagrin de père, de ses trois enfants morts de dix-huit à vingt ans.
Le soir même de cette visite, on m'a menée à Valentino, au grand concert de quatre-vingts musiciens. Je l'avais entendu une autre fois. Il me reste encore beaucoup à voir, mais on demeurerait mille ans à Paris qu'on n'aurait pas tout vu. Je compte pour beaucoup les connaissances des personnes, plus encore que celles des choses.
Votre santé m'inquiète , quelque bien soignée qu'el'e soit par Mimin. Ménagez-vous donc, je vous prie, que je ne sois pas en peine sur votre santé. Adieu, très-cher papa, adieu, très-chère Mimin. Je n'ai pas le temps de l'écrire. Maurice envoie à papa les réflexions sur l'Évangile, par M. de La Luzerne. Adieu à tous. J'envoie un gilet à Pierril et un tablier à Jeanne; à toi, à tous, tout ce qui peut venir au cœur. Ce bon M. Augier, remerciez-le bien dans votre première lettre à Maurice. Mon portrait s'achèvera au Cayla. Il m'a été impossible de poser aujourd'hui. Je ne voudrais pas vous quitter, et cependant ;idi('ii. J(! vous écrirai de Nevers. Krembort est tout content de vous revoir. Je vois d'ici le beau jour d'ai'r'ivée.
2 avril au soir.
D'EUGÉNIE DE GUÈRIN, *«1
A M"* LOUISE DE BAYNE.
Nevers, 13 avril 1839
Encore à Nevers, ma chère Louise, encore ii;i souvenir de vous dans mes campements et voyages. Pas de vie d'Arabe plus errante : lundi à Paris, aujourd'hui ici, dans quelques jours autre part. Mais ce sera aux Coques, à la campagne, au repos, à la station de mon goût. Rien ne me manquera là. qu'une église, qui est trop éloignée pour des visites quotidiennes. Toujours quelque chose manque aux voyageurs; mais Dieu supplée à tout, comme me disait mon saint curé de Saint-Gyr, le vieillard des bateaux de Nantes, dont je crois vous avoir parlé aux fêtes de Noël. Qui m'aurait dit que je le reverrais, que je l'entendrais encore? Je croyais bien lui avoir dit adieu jusqu'au ciel, et ne plus me retrouver à Nevers. Je ne pensais pas alors que mon cher Maurice serait encore malade à l'époque de mon départ, qu'il ne pourrait pas partir avec nous. Erembert s'est en allé seul au Cayla, et j'attends ici que Maurice et sa femme me viennent prendre au passage. M'"« de Maistre et sa famille ont tout arrangé, et j'ai laissé faire, y trouvant le plaisir de leur faire plaisir, et de me trouver près de Maurice encore, k portée d'avoir de ses nouvelles souvent, et de l'aller voir s'il le fallait, s'il devenait dIus malade. Qui sait,
mon Dieu ! les médecins ont déclaré qu'il était dans un état fort grave : deux cautères et l'air du Midi, c'est tout ce qu'on nous donne pour chance de salut. Je ne parle pas des soins de toute sorte qui lui sont prodigués, du parfait dévouement de sa femme. Hélas ! si cela pouvait guérir, si le cœur donnait la vie, nous ne serions pas en peine. N'est-ce pas trop triste de le voir ainsi depuis son mariage ?
Ma chère amie, plaignez-moi; faites mieux, priez pour moi et pour lui. Notre meilleure espérance est en Dieu. Je le crois, je le sens par expérience, et que tout est illusion dans la vie, et cependant je ne sens pas cette consolation de la piété ; mon cœur, qui est dépris du monde, ne peut s'attacher au ciel. Je ne sens plus rien, comme quelqu'un de tout meurtri. Ma chère amie, écrivez-moi, vos. paroles me feront du bien. Croyez-vous que je perde aussi l'amitié? C'est chose qui ne s'en va pas, je veux bien vous le faire croire. Voyez comme je vous aime et vous dis tout ce qui me peine et se passe en moi. Ma dernière lettre était bien franche, bien désolée, un peu trop, je me suis reproché de vous l'avoir écrite. Que sert de communiquer des souffrances qui peuvent faire mal? Dites-moi l'efiet : que je vous ai fait peine? je le crois; je connais votre cœur pour moi; comme je le connais encore, j'ai pu vous faire un autre mal : vous jeter dans la tristesse et l'exaltation où j'étais. On doit se préserver de cela; quoi (ju'il arrive, notre âme doit si bien s'appuyer sur Dieu, qu'elle ne i^e trouble ni ne s'aballe.
D'EUGENIE DE GUERIN. 263
J'ai laissé mon cher malade entouré d'amis, parmi lesquels je compte la sœur d'Yversen, qui nous a donné des marques d'un véritable intérêt, la baronne de Vaux, dont je vous ai parlé, cette femme énergique, pleine de dévouement et de sentiments religieux. Elle va dans les prisons exhorter les condamnés ; chemin faisant, elle visitera le malade et lui parlera du bon Dieu. J'ai eu des nouvelles ici assez bonnes; mais ce sont des alternatives de bien ou de mal depuis si longtemps, qu'on ne se fie à rien. Érembert doit être arrivé au Gayla. Je vois les embrassades et le bonheur des deux solitaires. Ils comptaient me voir ; j'ai écrit que j'arriverais avec Maurice, qui avait eu plaisir de me garder, que je passais quelques jours à la campagne de M'"* de Maistre, en attendant le départ. Il ne faut pas tout leur dire. Que sert de tout savoir quand on n'y peut rien?
J'écris bien en égoïste-, m de vous, rien pour vous, comme si je vous oubliais. Il s'en faut cependant, car nous pensons à vous, nous en parlons avec Henriette, une amie mène à l'autre; parfois même il lui vient des airs de ressemblance qui me charment, car j'en vois deux en une. Je lui en ai fait la remarque, et elle s'en est fait compliment, sachant combien Louise est aimable pour moi; on pourrait aller plus loin, mais la conscience m'arrête le cœur ; il n'est pas permis d'exposer à la vanité. Vous m'avez dit que je vous l'avais dit, et je tiens à mes prin-
cipes. Ma chère Louise, un mot, deux mots, mille mots de vous, de votre vie à Lastours ou à Castres; comment s'est passé votre temps, votre vie de Carême? La mienne a été des plus agitées, des plus mortifiantes, mortifiante au sens spirituel, car nous mangions gras la moitié de la semaine ; mais Dieu m'a donné mon pain sec, mes aliments de pénitence dans les peines. Ma pauvre amie, comme j'ai éprouvé ce que d\tV Imitation: « la croix vous suivra partout. » Paris devait être mon Calvaire, Paris où j'attendais tant de bonheur. Yous n'avez pas écrit à la rue de l'Arcade, sans doute? Faites-le aux Coques, par la Charité (Nièvre). Il me prend envie de vos nouvelles, de celles de vos sœurs, de M. Charles, et de Marie. Où en est leur voyage de Goritz ? Présenteriez-vous mes souvenirs à M"* de Gélis et à la famille qui vous aime?...
M. Louis de M*** serait-il à Paris? J'ai cru le voir à Saint- Suipice. L'ombre d'une connaissance se fait remarquer dans ce monde étrange. Pauvre Paris, ma terie promise , comme tu m'as trompée ! Ne comptons si}r que sur le Paradis. Souvenons-nousen, ma chère amie.
Souvent bonheur varie, Bien fol est qui s'y fle.
Variante d'un n)ot de François I". Que rien ne vous empêche de vous lier à l'amitié et à l'amie qui ne variera ])as.
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