‹ Lettres d'Eugènie de GuérinChapitre 53 sur 69 · A M. LE BARON ALMAURY DE MAISTRE · texte numérisé non relu

A M. LE BARON ALMAURY DE MAISTRE

Mardi do Pâques, [21 avril 1840.J

Votre lettre, monsieur, m'a fait trop de plaisir, pour ne pas vous en remercier tout de suite. J'étais si en peine ! Enfin notre chère Henriette est donc mieux , et c'est elle-même qui vous charge de me l'apprendre ! Aimable amie, aimable vous aussi, son secrétaire, de me le dire à votre façon, pleine di cœur et de détails intéressants. Je les ai dévorés avec l'empressement d'un vif appétit. Je mourais de faim d'Henriette; sa lettre m'avait laissée dans le plus grand besoin de savoir. Que de suppositions, de visions, d'appréhensions depuis ce triste billet I Hélas! monsieur, que j'aime votre femme! Je l'ai

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douloureusement senti. La sensation me dure, mais bien diiïérente ; il y a loin d'aimer en pleurant à aimer en espérant. Grâce à vous, c'est ceci que j'éprouve. Oui, j'espère tout de Dieu, de vos soins, et de ce retour au mieux. Je ne sais si mes prières sont pour quelque chose , comme vous croyez, dans ce mieux qui s'est fait; mais ce qui est sûr, c'est que j'ai supplié tout le ciel pour elle, la pauvre malade, et que j'espérais beaucoup. Le bon Dieu est si bon ! C'est l'amour tout-puissant. Que ne peut-on pas en attendre, quoiqu'on ne soit pas toujours exaucé ? Mais savons-nous toujours ce qui nous est le meilleur?

Faut-il que les melifeures nouvelles des Coques soient mêlées de si mauvaises de Saint-Martin et de Nevers I II y a des temps de calamité pour les familles; toute la vôtre est un hôpital. Moi qui croyais votre mère auprès d'Henriette, la voilà qui souffre seule de son côté. Ce seront les inquiétudes sans doute qui lui ont donné ces affreux maux de tête. Parlez-moi d'elle et parlez-lui de moi, je vous prie, sans m'oublier non plus auprès de ce bon M. de Sainte- Marie, que je plains bien avec sa fièvre, llélas! hélas ! que c'est triste pour tous de se trouver ainsi malades et dispersés ! Croyez, monsieur, que je me trouve aussi bien loin ; que je voudrais pouvoir vous remplacer, vous seconder queii|uofois auprès d'Henriette, dans ces soins que vous donnez si bien Comme je vous vois empressé et peiné ! Sans

MO

doute, vous avez eu de cruelles inquiétudes. Enfin la crise est passée. Qu'il va me tarder d'apprendre autre chose ! Mais je ne veux pas que la chère amie se fatigue; dans son état de faiblesse, un^ plume esi pesante ; je me contenterai d'un desius, comme cette fois. Dites- lui qu'elle a bien fait de le mettre. Elle a compris quel trouble m'aurait fait toute autre écriture des Coques en cette occasion.

A M™' Dlî SAINTE-MARIE.

7 mai [1840].

Ce n'est qu'hier que j'ai reçu votre lettre, cette iettre de vous, ma chère mère adoptive, qui me fait tant de plaisir et de peine. Vous me dites : venez, et yi ne puis pas venir, du moins encore. La religieuse est en route, et cela si promptement, que je l'ai trouvée partie quand je suis allée pour la voir et lui parler de mes com missions, que j'ai pu lui faire attendre plus aisément que ma personne dans ce départ imprévu. Toujours des traverses et plus qu'on ne croit; car ne pensez pas que ceci fût un obstacle au voyage, que partir seule me put elfiayer. S'il n'y avaitque cela, vous me verriez bieîi tôt dans lesbrasde ma chère Henriette. Mais, hélas! ii ne suffît pas de vouloir, je le sens trop en ce moment, que quelque

chose de plus fort que moi me retient. Une affaire, une triste alFaire nécessite absolument la présence de toute la famille au Cayla.

Ce sera plus tard : espérance ! Dieu ne nous ahandonnera pas, Dieu nous rejoindra après tant d' épreuves et nous apprendrons l'une à l'autre comment nous ies avons supportées, comment nous en avons profité. Ce sont autant d'échelons pour le ciel.

Adieu, vous que je ne sais appeler que ma mère. Toute ma famille se présente à vos souvenirs de la façon la plus aflfectueuse. J'embrasse les chères petites et leur chère maman. Tous mes respects à M. de Sainte-Marie, qu'il me tarde bien de savoir rétabli et près de vous tous. M. de Maistre aura sans doute reçu ma lettre. Je n'ajoute aujourd'hui que mes souvenirs. Toujours et bien tendrement votre (iUe de cœur.

A LA MÊME

Le 31 [mai 1810.,

Arriverai-je à temps aux Coques, ma pauvre mère affligée, non pour-consoler, niais pour vous embrasser, vous serrer de cœur dans mes bras, vous dire, vous répéter, comme vous dites, que je suis trislcinent alîectée en Usant le récit des souffrances de mon ainie? Ohl j'ai bien pressenti, en ne voyant pas

de son écriture, qu'il y avait du sinistre dessous. Mou Dieu, que j'ai brisé vite pour lire, et que j'ai été brisée en lisant ! Pauvre amie, à deux doigts de sa peite ! Et quelles douleurs, angoisses, terreurs, martyre de il uit jours ! J'ai vu, j'ai senti, j'ai plaint, je ne sais qui plus de la victime ou de sa mère. Peut -on savoir qui soulTre davantage ? Enfin, enfin, vous êtes bien accablée. Il y a eu du danger sans doute et beaucoup dans ce malheureux accident; mais vous espérez, mais vous me dites, ma mère, que ce malheur doit être avantageux, que notre chère malade pourrait être délivrée par là d'une partie de ses maux. Que Dieu vous entende, et les médecins que je ne tiens pas souvent bons prophètes.

Mais comptons sur la Providence, qui agit par des moyens humains, quelquefois bien douloureux ; mais la douleur est de moitié pour tout ce qui est sous le ciel. Après vos larmes, vos transes, vos craintes, voir votre fille mieux, et puis guérie peutêtre : oh ! n'est-ce pas de quoi tout consoler ? de quoi chanter un Te Deum , vous et moi, et tous ceux qui nous intéressons à cette chère Henriette ? i.Iette pensée, cette espérance de santé entr'aperçue, m'a donné comme de la joie, à moi qui n'en ai plu^ aucune. Appelez-moi votre fille; je le suis, ma mère, jt ouis soeur de votre Henriette. Je tiens à clin comme je ne tiens à personne au monde, d'une façon que Dieu sait, et si près de mes aiïections de famille, qu'il n'y a rien entre Henriette et mes chers parents. Louise

m'est chère aussi, mais dans un autre endroit. RieL 'est fort comme ce qui naît dans les larmes.

Et vous, et M. de Sainte-Marie, et M. Adrien, tous vous étiez autour de ce lit de douleur où je n'étais pas ! Votre cœur vous l'a fait remarquer et vous fait me le dire d'une façon pour moi bien touchante. C'est du baume sur les plaies, quand vous me parlez ainsi, quand je me vois, sans savoir pourquoi, si tendrement et véritablement aimée de vous et de tous les vôtres. Comme mon père est touché ! Aussi m'a-t-il dit, quand je lui ai lu votre lettre : a Cette chère famille, je ne puis pas me dispenser de te la laisser revoir dès que les alfaires le permettront. »

Dieu soit béni ! Dieu soit loué de tout, et des grâces qu'il nous fait dans nos malheurs ! Jamais je n'ai vu de si tristes Pâques d'un côté ni de si bienheureuses de l'autre, du côté de la foi, le grand côté de la vie, si plein de bénédictions en ceux que j'aime. Que mon Henriette me console ! Je voyais pour elle tant de difficultés, d'embarras matériels, et spirituels aux Coques que j'en étais fort en peine. Mais Dieu lui a donné son Ananie, cet abbé de Neveis, ce saint, cet éclairé et cons.olanljcuno prêtre qui est venu, • (jmuie l'ange du jardin des Olives, soutenir notre ilcnriette dans ses angoisses. Pauvre amie, elle s'en est iien trouvée, comme il arrive à tous ceux qui ciier- < lient en Dieu leur soutien ; et non-seuleuient elle, raais vous aussi vous avez eu part à ce bien en le ^^)ûtant dans votre fille. Les dons du ciel s'étendent

à l'infini. Heureux qui, comme vous, ma mère, comme M. de Sainte-Marie, les attirent sur leur famille ! Dieu ne manque pas de vous exaucer tôt ou tard. Votre force au-dessus de vos forces vient de là aussi. 11 n'y a que cet appui à hauteur d'âme, el puis tout est compté, comme vous dites, pour l'éternité. C'est dans cette vue qu'il est dit : « Bienheureux ceux qui pleurent. »

Ce que j'apprends des petites me fait bien plaisir. Vous voudrez bien les embrasser toutes deux de la part de leur seconde petite maman. Et quant à leur maman malade, que vous dirai-je pour elle ? Tout ce qui peut sortir d'un cœur plein de tristesse et d'affection pour elle et qui s'en rapporte au vôtre.

Adieu, chère maman; toute à vous comme une seconde Henriette. Il n'y a pas place pour tous les hommages affectueux de ma famille à la vôtre et à vous en particulier.

A bientôt des nouvelles, s'il vous plaît. Merci de la fleur du mois de Marie. Quoique flétrie, quel parfum des Coques elle m'a apporté!

A M- LA BARONNE DE MAISTRE

(Sans date.)

Puisque vous pouvez m' écrire deux mots, chère amie, pouvez-vous lire aussi quelques mots en réponsi'

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à vos infinies tendresses et infinités de preuves que vous m'en donnez si souvent? Merci, un millier de fois merci. Je suis trop malheureuse de n'en pouvoir pas profiter de suite. D'insurmontables embarras me retiennent. Il ne faut rien moins que ces câbles accablants pour m'empêcher de voler près de vous, auprès de ce lit de douleur où votre voix si triste et si tendre me dit : Venez, venez! Oh! que je le voudrais bien, avec mes papiers et toutes choses qui peuvent vous intéresser! Nous attendons des nouvelles de Paris, je press'^- :<. M. Raynaud de presser ces affaires; en attendant, je vous conjure de ne pas trop vous désoler d'une visite remise. Tout arrive, à la fin, et surtout les amis. Et moi qui comptais vous voir au Cayla ! Ilélas ! que de mécomptes !

Adieu, toujours adieu, rien qu'adieu. Mais le revoir viendra, comptez-y, ma chère. Ne me laissez pas sans nouvelles. Je remercie bien tous ceux qui m'écrivent et la main qui met le dessus. A vous.

A M"« LOUISE DE BAYNE.

Voillo de la Saint-Jean, (23 juin laio.)

Votre précieux envoi m'est venu, chère amie, pai une occasion qui va repartir à l'instant. Je lui donne, pressée que je suis, ces quelques lignes de remercî-

nients pour vos soins d'amitié, vos recherches pour moi dans des souvenirs douloureux S votre lettre, enfin tout ce qui m' arrive de vous, et cher comme de coutume. C'est bien, mon amie, de nous retrouver comme vous dites, ou mieux de me rejoindre, car c'était vous plutôt qui étiez perdue pour moi et depuis trop longtemps. Si je ne m'en suis pas plainte davantage, ou si vous n'avez pas entendu, c'est qu'à force de souffrir on s'habitue aux souffrances. Celles du cœur sont grandes toujours, et dans ce moment ravivées par un pieux, mais triste travail, la révision des lettres et poésies de ce cher ami, pour des notices qu'on me demande à Paris. Votre paquet ne pouvait donc plus convenablement arriver. M'"* Sand a fait un article fort élevé, fort beau -, mais incomplet et même faux sous le rapport religieux. Maurice y est montré presque comme un Werther ou un Byron, et des amis veulent donner de lui un portrait plus vrai, plus pur : hommage dû à sa mémoire chrétienne, et que nous accueillons avec la plus profonde reconnaissance.

Ma bonne amie, je vous écris trop à la hâte i)our vous tout dire aujourd'hui; mais, en deux mots, votre retour à Rayssac auprès de la solitaire Léontine me fait plaisir pour elle et pour moi qui, de plus prés,

1. M"" dfi Bayne envoyait à son amie les lettres do Maurice de GiK^rin (iirisllo avait rctioiiv(*es parmi les papiers de son p^re.

V M s'agit iri du l)cl artirlo pnliliti par la /tci'M« des Deux Mandes (15 niui 1840), où le Centaure avait iHé insc^ré.

D'EUGENIE DE GUERIN.

aurai plus souvent des nouvelles, j'espère. Quant b nous voir, je ne sais, hélas ! c'est la finale de tout pour moi maintenant. Érembert ira peut-être aux eaux, peut-être ma belle-sœur viendra-t-elle, peutêtre... Oh! des peut-être, il y en a tant par malheur dans ma vie et sur le chemin de Rayssac!

Merci pour ma baronne de vos aimables souvenirs. Encore un hélas! et bien triste. 11 m'est venu d'affligeantes nouvelles, des nouvelles de mort presque, cà cause d'une petite créature qui a voulu naître trop tût. Cet adreux accident a abîmé de tristesse et de souiïrances cette pauvre amie. « C'eût été un fils, m'écrivait-elle. J'avais fondé tant d'espérances sur sa vie! » Il n'y a que huit jours que j'ai revu la chère écriture, car elle n'écrivait plus; c'était M. de Maistre ou sa mère qui m'envoyaient les bulletins de santé.

Vous ne dites rien de la vôtre. Je la suppose dans son charme, à ce retour du bel air castrais qui vous fait tant de plaisir et de bien. Voici la jolie petite nièce, qui va faire de Rayssac un païadis, car il y aura un ange. Adieu, très-chere. Bien du bonheur dans ce bonheur de famille qui vous advient; mes souvenirs à votre Marie*; amitiés à Léontine et à l'abscnic comtesse*. Pridz et aiaicz. J'ai besoin d*; l'un et de l'autre.

[P. -S.] Vous devez avoir encore d'autres poésies '<

I. M'"* la comtesse Cliarlep de Bayno, iiéc de Moiitbel, '2. M""' la comtesse. Pulcliérie de Baync. 3. Du Maurice du Uuériu.

l'Ornge et Sainte Puldiérie. Encore merci des envoyées.

Recevez les paternelles affections de mon père. x\dieu, de force.

A M"'» LA BARONNE DE MAISTRE

8 juillet [1S40].

Où ôtes-vous? Sur la terre ou sur les eaux? Dans votre lit ou en voyage? En quel lieu enfin que je ne puisse savoir, d'où rien de vous ne me vienne, aimable amie? Ce silence me tourmente; voilà plus d'un mois que vous ne m'avez écrit, et depuis, qu'il a pu se passer de choses ! Le mal va vite, de votre côté surtout. Je crains que vous ne soyez plus malade, puisque j(B vous suppliais avec tant d'instances de m'écrire, car j'ai le cœur pressé et oppressé en votre endroit. Terrible distance! ne rien voir, ne rien savoir! Que n'est-il des télégraphes au service de l'amitié! Je ne serais pas à chercher ce qui peut se passer aux Coques. Y êtes-vous, n'y êtes-vous pas? Toutes questions résolues par une peine. Où que vous soyez, vous devez y souffrir, et tellement souffrir que vous ne pouvez pas me le dire. Mon amie, ou qui que ce soit autour de vous, quand ce ne serait qu'Autoinclte, ayez piiié de votre amie qui vous demande ies nouvelles. Que j'aie des nouvelles de rons, de

D'EUGENIE DE GUERIN.

VOUS. Si vous êtes à Ghambon, ce n'est pas sans quelqu'un de votre famille, M. de Maistre ou M'"* de Sainte-Marie. Je les prie et supplie de vouloir m'écrire, de se souvenir de votre amie malade en vous. Votre dernière lettre m'a tellement affligée! lorsque je vous croyais en voie de guérison, vous m' apprenez le contraire. Pauvre amie, on dirait que vous avez fait vœu de perpétuité de souffrances, de souffrir ou mourir, comme sainte Thérèse. Mais que je le sache, du moins, au nom de cette association intime que nous avons faite en Dieu et en tout.

Mon père, qui aime fort votre personne et vos lettres, me disait hier au soir que votre causerie tardait beaucoup à venir. De là, nous avons discuté un peu sur ce que je ne lis pas toujours vos lettres ou n'en montre que des fragments, car mon père, qui aiuie le joli, voudrait tout ce que vous écrivez. Il prétend qu' une fille doit tout lire à son père, et que le contraire est très-mal. Moi, je prétends que c'est très-bien, m'appuyant de cette maxime de Fénelon : « Entre amis rien de secret que le secret d'autrui. » Sentence qui met vus mtimités hors de cause et consacre vos lettres où personne ne touche. Ce sont les seules, avec celles de Louise, à privilège. Voilà pourquoi on a discuté, mais si gracieusement aue c'est plutôt parler de vous qu'autie chose.

Ceci entrerait dans l'article Amitié au Journal que vous demandez. Mais, mon amie, je n'aurai pas toujours des sœurs de charité pour vous envoyer

mon tous les jours, et par la poste ce serait le payer trop cher. Et quand je viendrai moi-même, Journal vivant et parlant, qu'aurons-nous besoin de l'autre? Mais quand sera-t-il, ce revoir? Je ne puis pas encore vous le dire; vous savez comme en fait d'alTaires tout se fait lentement. Rien n'est plus avancé que l'autre fois. Depuis j'ai bien craint de faire un autre voyage moins de mon goût que celui des Coques. C'est la vie de presque tous d'être traversée jusqu'au bout. La vôtre est-elle autre chose qu'un torrent de douleurs? Oh ! que j'y pense souvent, mon Henriette, et que je voudrais vous offrir quelque bien! Mais loin de là, ce qui vous vient d'ici vous afflige à cause de votre extrême tendresse, et je suis toute désolée de cela. Je me dis là-dessus qu'il vaudrait mieux peut-être que vous ne m'eussiez pas connue, puisque j'ajoute à vos souffrances. Mais, mon amie, ne nous séparons pas; mettons la croix entre nous comme un appui, pour l'une et l'autre, et bon appui, je vous proteste, et le seul qui tient tout et toujours. La religion a cela de divin, c'est qu'elle est douce à ceux qui souffrent. Que diriez-vous, si je ne vous disais rien d'une publication qui nous touche, que M'"" Sand vient de 'aire à la reco.mmandation de M. Sainte-Beuve? publication qui m'avait fait quelque plaisir, change pour l'heure en amertume comme, hélas ! toute chose au monde. Ce n'est pas qu'il n'y ait beaucoup de charme et de grâce dans cette notice; mais des idées philosophiques la gâtent, et j'en souffre, et du bruit

qu'on nous dit qu'en feraient les journaux de parti. Débats peu dignes à cette occasion, que nous ne voulons pas voir sur une sainte mémoire qui d'ailleurs n'a jamais demandé de publicité. Peut-être aurezvous su quelque chose par la Gazette et la Quotidienne qui, nous a-t-on dit, en parlaient. Que savonsnous dans notre désert?

Adieu, très-aimée. Ce qui m'intéresse surtout, c'est de savoir ce que vous faites, où vous êtes, si vous m'aimez ou m'oubliez. Oublier, impossible. Alors, vous êtes malade, et de deux malheurs que choisir ?

Hommages et amitiés à tout ce qui vous entoure. J'eml)rasse les petites. Écrivez, écrivez! Éternellement à vous.

[P.-iS.] Me parlerez- vous enfin de Sophie^? Je u'oublie rien de ce que vous aimez. Quel bon effet des eaux! Puissent toutes vos douleurs s'y noyer! Il me faudrait un océan , m'allez-vous dire. Si demain vous regagniez des forces pour marcher, je serais bien contente de l'apprendre et encore mieux de le voirc Oh ! le voir !

i. .NJ"' Sopliie de lUvièrcs.

A M. HIPPOLTTE DE LA MORVONNAIS

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