‹ Lettres d'Eugènie de GuérinChapitre 56 sur 69 · A M. IIIFPOLYTE DE LA MORVONNAIS · texte numérisé non relu

A M. IIIFPOLYTE DE LA MORVONNAIS

Nevers, 4 décembre [1810|, hôtel Sninto-Mare, rue du Sort..

C'est au chevet du lit d'une douce malade, d'uno autre chère Marie, que je réponds, monsieur, à \otrQj

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si bonne et touchante lettre. Elle m'est arrivée au moment du départ, parmi les soins et les peines d'une séparation; mais je ne me suis pas séparée d'elle ni de rien de ce qui m'est venu au Cayla. Où qu'il aille, le cœur emporte ce qu'il aime et il vit de ses provisions. Je me nourris de souvenirs, de lectures , de ce restant du passé où vous avez tant de part. Ce que vous ajoutez encore ne me touche pas moins, et je ne saurai jamais assez vous témoigner mes sentiments à chaque nouvel écrit pour Maurice. J'aime encore mieux votre article de \ Université catholique^, que tout ce qui a paru jusqu'ici, parce que cet article répond à ma pensée, sans doute, et à ce qui est dû chrétiennement à cette chère mémoire. L'art l'avait fait bien beau, notre Maurice, mais le côté du ciel lui manquait. M'"* Sand ne pouvait pas aller jusque-là, quelle que soit la hauteur de son intelligence, puisque les ailes de la foi lui manquent. A vous, poëte et ami chrétien, était réservée cette œuvre, et vous l'aurez paifaitement remplie. Vous parlez si bien des choses saintes!

J'ai dans le cœur vos belles poé.^ies*, ces élévations célestes, ces chants sur les tombes, qui foni pleurer, qui font espérer. Ainsi vous chanterez poui Maurice, et nous vous bénirons, nous qui l'aimons

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